Wilmots à propos de Brésil-Belgique 2002 : "C'est un des matches les plus faciles que j'ai eu à jouer"

Il y a 16 ans et 19 jours, Marc Wilmots fait chavirer la Belgique entière en ouvrant le score d’une magnifique tête face au Brésil en huitièmes de finale de la Coupe du Monde organisée au Japon et en Corée du Sud. Mais un homme décide de gâcher la fête. Monsieur Peter Prendergast, l’arbitre de la rencontre, siffle une faute qu’il est le seul à voir et annule donc ce but. Les Auriverde remporte la rencontre (2-0) et anéantissent les rêves belges. A quelques heures des retrouvailles entre les deux pays, en quarts de finale du Mondial en Russie, Marc Wilmots revient, en exclusivité au micro de Thierry Luthers, sur cet épisode douloureux.

"Je regrette qu’il n’y ait pas eu le VAR. Evidemment qu’il n’y avait pas de faute sinon tout le monde l’aurait dit. C’est un fait de jeu. Maintenant, on ne sait pas si on allait ou pas gagner le match. Il y a un joueur brésilien que je connaissais bien, c’est Lucio qui évoluait au Bayern, un joueur imposant et même arrogant. Tu sentais que ce match-là, il ne l’avait pas en main. Tu voyais qu’ils doutaient. Pourquoi ? Parce qu’on avait une stratégie avec 3 attaquants. On avait bien étudié le Brésil et que font les équipes quand elles évoluent contre le Brésil ? Elles jouent très bas et ne donnent pas d’espace. Nous, nous avons décidé de faire le contraire. Notre stratégie a très bien fonctionné. Moi, j’étais en faux n°10 et je me baladais entre les lignes. Je n’ai jamais eu un match aussi facile car les Brésiliens n’aiment pas prendre un joueur au marquage. Personnellement, c’est un des matches les plus faciles que j’ai eu à jouer" explique Marc Wilmots au micro de la RTBF.

"On avait une équipe avec une moyenne d’âge de 30 ans. Et le meilleur homme du match, cela a été Marcos, le gardien brésilien qui a dû sortir 3 ou 4 ballons très chauds. Après le but refusé, l’arbitre a dit qu’on n’avait pas rouspété… Franchement, si Robert Waseige ne me calme pas, je lui fous une droite car là je viens de comprendre que c’est fini et qu’on ne peut pas passer. C’est la première fois que cela m’est arrivé sur un terrain de football" fulmine encore l’ancien sélectionneur national.

"Dire que c’est un complot, c’est exagéré. Là, tu sens que cela va être difficile et qu’il faudra être deux fois plus fort pour passer. Ce que j’ai fait passer comme message à la mi-temps, c’est : "On nous a annulé un but mais on va continuer même si le sort est contre nous, on va continuer jusqu’au bout". Et on a continué. Les Brésiliens étaient dans leurs petits souliers, assure-t-il encore. On ne voulait rien lâcher et on n’avait rien à perdre. Ce vendredi, les gamins n’auront pas la pression non plus. Terminer contre le Brésil, cela peut arriver mais surtout tu peux réaliser quelque chose de grand."

Et Marc Wilmots de s’attarder sur la discussion qu’il a eue avec l’arbitre du match à la pause de cette fameuse rencontre.

"A la mi-temps, il a reconnu son erreur. Je lui ai dit : "Il n’y avait pas faute quand même" et il m’a répondu : "ok, mais continuez". J’ai compris à ce moment-là et je l’ai couvert après en conférence de presse. J’ai dit que l’arbitre avait reconnu son erreur et qu’une erreur reconnue est à moitié pardonnée. Et puis, c’est fini car on ne peut plus rien changer quand c’est fait. J’ai reçu une lettre de la FIFA lorsque j’étais en vacances à Bordeaux qui disait qu’ils n’étaient pas d’accord sur le fait que j’avais dit que l’arbitre avait reconnu son erreur. Ma femme lui a ensuite écrit une jolie lettre et à la fin, la FIFA nous a donné raison."

"Il dit qu'il peut se regarder dans une glace mais on mon avis, les miroirs ont explosé, avance Willy ironiquement. Mais ce n'est pas grave. C'est fini, c'est trop tard. Cela restera comme une cicatrice. Comme Josip Weber contre l'Allemagne, en 1994. Cela arrive. Malheureusement, cela arrive souvent contre nous. Moi ce que je retiens de ce match contre le Brésil en 2002, c'est que nous avions une Belgique conquérante. Une Belgique qui allait de l'avant et qui a montré un beau visage."

Et de conclure : "Si mon but avait compté, est-ce qu'on aurait gagné ? Personne ne le sait, c'est un gros point d'interrogation. Mais je reste quand même avec un sentiment très positif de ce 1/8ème de finale. Parce qu'on a joué le coup à fond et que les joueurs ont donné le maximum."

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK