Un match européen à 5000km de Bruxelles !

Ce soir (cet après-midi en Belgique, quatre heures de décalage), c’est la troisième fois de son histoire que la Belgique va jouer au Kazakhstan. Et chaque fois dans la zone européenne d’une campagne qualificative. Etonnant pour un pays dont la capitale est située à six heures de vol et plus de 5000 km de Bruxelles. Mais qui a choisi de rallier l’UEFA même si une très, très infime partie de son territoire est rattachée géographiquement à l’Europe…

En 2007, sous l’ère Vandereycken, les "Diables" y avaient décroché un peu glorieux 2-2 à Almaty (l’ancienne capitale) avec des buts de Mirallas et de Geraerts. Vermaelen était déjà du voyage.

En 2010, c’est à Astana, que la Belgique, entraînée alors par Georges Leekens était venue gagner 0-2 grâce à son duo d’attaquants de l’époque : Jelle Vossen, à l’assist, et Marvin Ogunjimi (monté à la pause), à la concrétisation. Deux joueurs quasiment portés disparus depuis même s’ils ne sont âgés respectivement que de 30 et 31 ans. Toby Alderweireld et Axel Witsel sont les seuls rescapés de cette aventure victorieuse. Witsel, peu dépaysé par les longs voyages depuis son expérience chinoise, sera d’ailleurs de retour dans un onze de base que Martinez devrait sérieusement chambouler par rapport à celui qui a démarré jeudi dernier au Stade Roi Baudouin, lors de l’aimable hors d’œuvre saint-marinais.

Richesse et opulence

Riche de son pétrole et de son uranium, la nouvelle capitale du Kazakhstan, Noursoultan, affiche ostentatoirement son opulence. Car, une fois encore, Astana (qui signifie précisément capitale en kazakh) a changé de nom, le 20 mars dernier. Parfaite illustration du culte de la personnalité (probable réminiscence de l’ancienne époque soviétique et stalinienne), elle porte désormais le prénom de Nazarbaïev qui dirigea le pays d’une main de fer de 1990 à 2019, avec cinq réélections successives avant de démissionner il y a quelques mois. Mais tout en demeurant toujours influent avec son poste de président du Conseil de la sécurité nationale. Le pays a connu un régime autoritaire avec ce président de la république qui façonna sa ville à son image. Dans une certaine démesure architecturale faite de gratte-ciel flamboyants, de tours majestueuses, d’immenses centres commerciaux avec train circulaire, de boutiques de luxe et de très larges artères encore encombrées de nombreuses et bruyantes voitures (surtout de marques asiatiques) pendant la nuit. Car, ici, on joue très facilement du klaxon alors que vous disposez exactement de 18 secondes pour franchir les passages pour piétons…

Bref, une sorte de Dubaï des steppes assez détonante pour ne pas dire un "peu" kitsch pour certains bâtiments. La ville a décroché l’expo universelle de 2017 au nez et à la barbe de Liège qui ne pouvait raisonnablement pas rivaliser en termes d’infrastructures mais aussi de lobbying.

Alors qu’Astana est sortie connue pour son équipe cycliste homonyme, le foot essaye aussi de se faire une petite place dans cet immense pays de 2,7 millions de kilomètres carrés. Mais ce n’est pas chose aisée. Le Kazakhstan n’est que 116ème nation mondiale au ranking FIFA et n’a encore pris que 7 points en 7 rencontres dans cette campagne éliminatoire, tout en restant sur un revers à domicile face à Chypre.. Tout à l’heure, l’Astana Arena (avec sa pelouse synthétique) affichera pourtant complet (30.000 spectateurs). On jouera donc à guichets et….à toit fermé, ce qui augmentera considérablement la température ambiante, déjà un peu fraîche les soirs d’automne dans ces contrées. La Belgique, première nation mondiale, demeure un produit très attractif à l’étranger. Les stars sont très attendues ici même si certains confrères étaient déçus par l’absence de Lukaku alors qu’on a même rencontré un délégué russe de l’UEFA qui ne savait pas qui était Eden Hazard. On l’a bien briefé et gageons que, depuis, il a tourné….kazakh !

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