Senna Miangue, l'homme pressé

Senna Miagué, l’homme pressé
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Son prénom file tel une Formule 1. Il représente un grand espoir du foot belge à un poste de back gauche qui fait pénurie chez nous. Senna Miangue, révélation de ce début de saison à l’Inter Milan, est le dernier visage connu des Diablotins, qui abattent ce mardi leur toute dernière chance pour l’Euro.

19 ans et parfait quadrilingue, Senna Miangue porte le prénom voulu par son père, qui vénérait feu Ayrton Senna. Venu des jeunes de l’Inter où il milite depuis 4 ans, il vient d’enchaîner 4 matches avec les pros où le coach Frank De Boer joue la carte jeune.

"Pour mes débuts contre Palerme, il m’a dit de rester calme, de faire comme si j’étais à l’entraînement. Mais ça n’a pas marché : j’avais les jambes qui tremblaient, mais mes équipiers m’ont rassuré. Contre la Juventus ensuite, j’ai quand même croisé des joueurs comme Higuain, Khedira, Bonucci et Chellini."

Viré du Beerschot à 12 ans car soi-disant trop limité, parti tout seul d’Anvers pour Milan à 15 ans, il impose son mètre nonante-trois 93 au back gauche. Un poste dont le foot belge manque cruellement.

"Il est intéressant par son gabarit" explique Johan Walem coach des Espoirs. "Mais il doit encore jouer plus juste défensivement, mieux lire le jeu et prendre les bonnes décisions. Mais sa présence en Série A est le meilleur écolage : il perfectionne son sens tactique et sa rigueur. Il doit aussi rester humble car après son passage chez les A, on a dû le recadrer."

Impressionné par Bathsuayi, fan de Touré et Alaba

Car la semaine passée, Roberto Martinez a convoqué Miangue pour un entraînement chez les A. "Celui qui m’a le plus impressionné, c’est Michy Batshuayi. Il est techniquement très fort : je jouais sur lui et il m’a mis une virgule. Moi je ne sais pas faire ce genre de geste ! "

Fan de Yaya Touré et David Alaba, Miangue habite dans le centre de Milan. Toujours sans permis de conduire, il se fait piloter chaque jour au centre d’entraînement par un chauffeur. Et découvre sa nouvelle notoriété.

"Quand je me balade en ville, on commence à m’arrêter pour des autographes ou des selfies. C’est nouveau pour moi, je ne sais pas comment réagir : parfois, on me demande si je suis le joueur de l’Inter. Je réponds que non, ce n’est pas moi."

Mais pas question de prendre le melon. Son credo, c’est se taire, observer, apprendre les rudiments.

"Aujourd’hui, avec ces matches en Italie, je commence à jouer comme un homme. Je soigne mon jeu, je joue facile et efficace, je réfléchis à ma position. Avant je dribblais à tout va, je jouais comme un gamin. Là, je sais déjà, avant de recevoir le ballon, où je veux le céder ensuite."

Avec comme horizon de devenir un jour ce grand back gauche que les Diables se cherchent depuis longtemps.

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