Romelu Lukaku, le tueur silencieux qui a atteint la maturité grâce aux critiques

Romelu Lukaku revit à l'Inter Milan.
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Romelu Lukaku revit à l'Inter Milan. - © MIGUEL MEDINA - AFP

En fait, c’était Manchester le problème.”

Encore un tweet qui en dit long. Celui-ci est rédigé du bout des doigts par un supporter anglais et concerne Romelu Lukaku. Le tweet en question, énigmatique au possible, reflète pourtant l’humeur morose dans laquelle baignent certains supporters mancuniens… confrontés à la forme exceptionnelle de Big Rom'. Ils le savent, ils le sentent mais ne l’avouent qu’à demi-mot, Lukaku représente aujourd’hui à lui seul… tout ce qui manque à United : de la maturité, un sens du but acéré et un leadership forgé au fil des années.

Et pourtant, et c’est probablement le plus frustrant, Lukaku était l’un des leurs il y a quelques mois à peine. Mais il était arrivé à Old Trafford au mauvais moment, alors que le club traversait une zone de turbulences sans précédent. Le mariage entre le club et le joueur, n’avait donc jamais réellement fonctionné. Pire même, Lukaku était devenu le bouc émissaire d’une frange de supporters, lassée des résultats sportifs désespérément mitigés de leur club.

Pointé du doigt pour sa lenteur au démarrage, sa soit disant fainéantise à l’entraînement, son premier contrôle souvent raté ou sa maladresse chronique devant le but, Big Rom' n’a donc jamais joui du statut qu’il aurait pu mériter à Old Trafford. Voire dû mériter.

Parce que ses stats personnelles, elles, étaient plus qu’honorables. En 96 rencontres disputées avec les Red Devils, Romelu Lukaku a planté 43 banderilles et livré 13 assists. Il était donc, en moyenne, décisif tous les 1,74 matches. Pas si mal au final.


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Et puis… la bouée de sauvetage milanaise

Mais lassé des critiques à son égard et du manque de considération de ses dirigeants, Big Rom’a décidé de donner un nouvel élan à sa carrière à l’aube de l’été 2019. Direction l’Inter Milan et une Serie A en pleine cure de jouvence et tombée dans l’ombre médiatique des mastodontes européens. Le terrain idéal donc pour se relancer, à l’abri des regards.

Chez les Nerazzurri, Lukaku, bosseur devant l’éternel, redouble d’efforts, adoubé par un entraîneur, Antonio Conte, qui l’apprécie et compte sur lui. Ses débuts sont tonitruants : 9 buts sur ses 11 premiers matches et une saison qu’il finira finalement sur des bases statistiques exceptionnelles, lui permettant même d’égaliser et de s’immiscer dans le légendaire sillage de Ronaldo en tant que meilleur rookie milanais (34 buts inscrits).

Une évolution salvatrice dans le jeu

Boosté par ce baptême du feu transalpin, Lukaku repart sur les mêmes bases cette saison. Létal avec les Diables, déroutant en Ligue des Champions et décisif en Serie A, il totalise 14 buts… en 14 matches. Résultat, les médias italiens n’hésitent pas à l’ériger comme l’une des stars du championnat : “Il met l’Inter à ses pieds”, “L’Empereur milanais”, “Un leader” sont les nombreux titres élogieux réagissant aux exploits du Belge.

Un Big Rom’ qui, pour ajouter une nouvelle et symbolique flèche à son arsenal offensif, a ficelé son jeu au fil des mois. Plus mature, plus patient, plus serein peut-être, il n’hésite plus à décrocher très bas pour se placer dos au but, dans un rôle de pivot façon handball. Profitant de sa carrure de déménageur, il confisque le cuir et le distribue à sa guise. Et devant le but, il est toujours aussi redoutable. Le catalyseur….et finisseur d’un système qui carbure à plein régime.

A 27 ans, Lukaku semble également avoir franchi un palier mental. Doté d’un tempérant plutôt placide et peu habitué aux déclarations tapageuses, il n’hésite plus à hausser la voix dans le vestiaire. A la mi-temps du récent match des Diables face au Danemark, c’est lui qui a d’ailleurs pris la parole pour exhorter ses coéquipiers.

Lukaku, l’attaquant au profil atypique qui a dû, pendant de nombreuses années, jongler avec les incessantes railleries sur son style de jeu.

Lukaku, l’homme qui a toujours dû en faire un tout petit peu plus que les autres pour espérer trouver grâce aux yeux des supporters,

Ce Lukaku-là a semble-t-il franchi un palier. Celui qui lui permet de mettre (enfin) tout le monde d’accord, même ses plus réticents détracteurs.

Est-il au sommet de son art et de sa carrière ? Des voix de plus en plus nombreuses s’érigent pour le clamer. Lui, préfère botter en touche, d’un astucieux "Je ne sais pas, je veux juste travailler pour gagner."

Tout un symbole.

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