Romelu Lukaku : "J'ai été un des meilleurs attaquants du Mondial"

2018 est une année historique pour les Diables rouges qui ont terminé 3èmes de la Coupe du Monde en Russie. En exclusivité pour la RTBF, Romelu Lukaku, le meilleur buteur de l’histoire de notre équipe nationale, revient, en compagnie de Vincent Langendries, sur les moments forts de ce Mondial qui a merveilleusement commencé pour lui avec un doublé contre le Panama. Et ce, grâce notamment à sa complicité avec Eden Hazard.

"Ces dernières années, Eden Hazard et moi, on a pris un rôle important dans l’équipe. Lui avec ses passes et ses buts et moi avec les buts. Depuis 2 ou 3 ans, on a trouvé la manière de bien fonctionner ensemble et c’est tout bénéfice pour l’équipe", confie Romelu Lukaku.

"Moi, je voulais gagner la Coupe du Monde mais si sur le plan individuel il y avait possibilité d’avoir un bonus (devenir meilleur buteur du Mondial, ndlr), je l'aurais pris, note-t-il. Quand je me suis blessé à la cheville juste avant la mi-temps contre la Tunisie, j’étais énervé de sortir pour la 2ème période car j’avais la sensation de pouvoir en inscrire 3 ou 4 ce jour-là."

Dans ce match face aux Tunisiens, Big Rom a inscrit son 40ème but sous la vareuse des Diables. "J’ai connu des débuts difficiles en équipe nationale. C’est le travail et ma mentalité qui ont fait la différence."

Contre l’Angleterre, en phase de poules, Romelu Lukaku est forfait mais il délivre un message assez clair à ses équipiers : "Je leur ai dit qu’il fallait gagner car sinon, ils vont nous casser la tête toute l’année. Adnan a fait le job (sourire)".

A la question de savoir s’il y a eu une discussion dans le groupe pour savoir si, contre l’Angleterre, il ne valait pas mieux ne pas gagner pour terminer 2ème du groupe et bénéficier ainsi d’un parcours plus "simple", il affirme : "Pendant deux minutes, on y a pensé. Mais, si on veut gagner la Coupe du Monde, il faut jouer des grands matches."

Contre le Japon, en huitièmes de finale, le buteur de Manchester United est passé par tous les sentiments. "A 2-0, je me suis dit "Eh, non je vais rentrer à la maison" (sourire). Quand Marouane et Nacer sont montés au jeu, je me suis dit alors qu’on allait faire la différence sur le physique. Et quand Jan Vertonghen a marqué, je me suis dit "Ok, on va gagner le match"".

Sur le troisième but, il ne comprend toujours pas pourquoi les Japonais sont tous montés dans les 16 mètres sur le dernier corner de la partie. "Lorsque Thibaut Courtois capte le ballon, je fonce et je vois Thomas Meunier et Nacer Chadli qui courent. Je rentre vers l’intérieur pour permettre à Thomas d’avoir de l’espace".

A la conclusion, Romelu a un geste génial en laissant passer le cuir entre ses jambes sur le centre de Thomas Meunier. Le ballon arrive alors dans les pieds de Chadli qui n’a plus qu’à conclure. "J’ai eu deux grosses occasions de la tête dans le match et je les rate. Je savais que ce n’était pas mon jour. Quand Thomas centre, je vois Nacer et je sais qu’il arrive dans le rectangle. Je suis convaincu que le défenseur japonais va arriver sur le ballon avant moi. Donc, quand je vois le ballon arriver, je le laisse aller et Nacer marque. A partir de là, j’ai perdu la tête (sourire). C’est la plus belle action du match. Si on gagne des matches comme cela, c’est qu’on est destiné à de grandes choses".

"On va les taper et puis on passe"

Le Brésil en quarts, c’est tout simplement un rendez-vous avec l'histoire pour les Belges. "Quand j’étais au Lierse chez les jeunes, j’avais un maillot du Brésil de la Coupe du Monde 2002. Je me souviens du but de Ronaldo. C’est lorsqu’il a marqué son but en finale contre l’Allemagne que je me suis dit que je voulais devenir pro. Tout le monde pensait qu’on allait rentrer à la maison mais on a prouvé le contraire. Il y avait du respect mais dans notre vestiaire, on a des joueurs qui s’en foutent et n’ont peur de rien (rires). Eux, ils avaient Thiago Silva, … mais nous on a aussi Kompany, Vertonghen Hazard ou encore moi devant. Nous aussi on a de grands joueurs. Moi, j’ai dit à mes équipiers avant le match "on va les taper et puis on passe"".

Le schéma tactique a parfaitement fonctionné. "Dans les grands chocs, on évoluait comme cela à Everton. On a disputé quelques petits matches la veille à l’entraînement pour mettre cela en place. On a battu la meilleure équipe du tournoi".

Si Roberto Martinez a trouvé la bonne tactique pour battre les Brésiliens, il n’a pas réussi le même exploit face aux Bleus. "A mon avis, on aurait dû évoluer avec notre système habituel à trois derrière (3-4-3).  On ne trouvait pas d’espace dans le système dans lequel on a joué. J’avais la haine au coup de sifflet final. Tu perds en ½ finale dans le match de ta vie et tu perds contre la France qui ne méritait pas de passer. Les Bleus sont finalement champions du monde, félicitations à eux. Quand je perds, j’ai la rage et la haine. C’était le moment pour notre génération d’aller en finale".

La Belgique va finalement terminer 3ème du Mondial après une dernière victoire contre l'Angleterre dans la finale de consolation. "Dans le tournoi, j'ai été un des meilleurs attaquants. C’est sûr. Contre la France, c’est le seul match où j’aurais pu faire mieux", a-t-il conclu.

 

Le 1er janvier, à 20h15, une émission spéciale "Epopée russe, je l'ai dit bordel !" sera diffusée en télé, sur la Une, ainsi que sur Auvio et rtbf.be/sport. L'occasion de revivre, à travers les confessions de Diables rouges, l'année endiablée de notre équipe nationale, 3ème de la Coupe du Monde en Russie.

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