Rodrigo Beenkens: "La Fédération prend aussi un gros risque et se met une énorme pression"

Rodrigo Beenkens donne son avis sur la prolongation de contrat de Roberto Martinez
Rodrigo Beenkens donne son avis sur la prolongation de contrat de Roberto Martinez - © Belga

Le tout puissant triumvirat Bart Verhaeghe, Mehdi Bayat et Chris Van Puyvelde a (une fois encore) surpris tout son monde après avoir travaillé en toute discrétion et sans la moindre fuite, ce qui devient de plus en plus rare et difficile dans le monde du football.

Le 3 août 2016, la Fédération avait déjà étonné en annonçant à … 22 heures 6 minutes, soit en plein Anderlecht-Rostov (!), qualificatif pour la Ligue des Champions, que Roberto Martinez devenait le nouvel entraîneur des Diables Rouges. Hier, il était 23 heures quand est tombée la nouvelle de la prolongation du contrat du sélectionneur espagnol. Qu’on se le dise, lorsqu’on s’intéresse aux Diables Rouges, il ne faut pas aller coucher trop tôt !

En maintenant sa confiance à Martinez, la Fédération vient d’envoyer un signal clair. C’est une décision qui a l’avantage d’éviter toute forme de spéculation quant à l’avenir de l’Espagnol avant et pendant la prochaine Coupe du Monde.

Bart Verhaeghe avait pourtant clairement annoncé qu’aucune décision ne serait prise avant la fin du tournoi, qu’une évaluation de Roberto Martinez ne se ferait qu’après la Russie. Or, voilà donc le sélectionneur espagnol prolongé sans avoir pu être objectivement évalué en match officiel contre un solide adversaire. Ses résultats sont excellents mais, vu la faiblesse de l’opposition, le véritable examen ne pourra se faire qu’en Russie, même si les matches, certes amicaux, contre l’Espagne et le Mexique, n’ont totalement rassuré personne.

Pourquoi ce timing ? Parce que Roberto Martinez a changé d’avis ? Il n’y a pas si longtemps, l’Espagnol se serait plaint d’avoir trop de temps libres, il aurait confié éprouver un besoin d’adrénaline au quotidien sans cacher son rêve de retourner coacher en Angleterre. Est-ce pour cela que des contacts ont été noués avec Michel Preud’homme ? La récente sortie médiatique de ce dernier a-t-elle redistribué les cartes ? En ouvrant clairement la porte à un retour au Standard, Preud’homme refermait aussi automatiquement celle de l’équipe nationale. De là à présenter cette prise de position comme un cadeau fait à Roberto Martinez…

Les arguments de la Fédération sont la continuité et la stabilité. L’ultra conservateur Martinez devrait apprécier. A l’Union Belge, les décideurs sont sous le charme du professionnalisme et de l’implication du Catalan.

Mais pourquoi maintenant ? Cette décision va-t-elle augmenter l’autorité du sélectionneur, apporter davantage de confiance et de sérénité dans le vestiaire ? Est-on certain que cela aura vraiment un impact sur les joueurs ?

Si on ne peut qu’applaudir une Fédération qui prend ses responsabilités, qui clarifie la situation, il faut dire qu’elle prend aussi un gros risque et se met une énorme pression. Roberto Martinez, contrairement à ses joueurs, n’a absolument aucune expérience de la Coupe du Monde en tant que coach (son prédécesseur n’en avait pas non plus).

Que se passera-t-il en cas d’échec en Russie ? Un séparation signifiera une rupture de contrat qui coûtera cher à l’Union belge (comme ce fut le cas avec Marc Wilmots) et qui sera encore disponible sur le marché au mois de juillet ?

Quoi qu’il en soit, ce ne sera pas Michel Preud’homme lequel sera déjà au Standard depuis plusieurs semaines. Comme avec Eric Gerets, les routes de Preud'homme et des Diables ne se recouperont-elles donc jamais ?

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