Quel statut pour la Belgique à la Coupe du Monde? L'avis de nos spécialistes

Quel statut pour la Belgique à la Coupe du Monde? L'avis de nos spécialistes
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Quel statut pour la Belgique à la Coupe du Monde? L'avis de nos spécialistes - © Tous droits réservés

Cela fait maintenant presque un an que Roberto Martinez est à la tête des Diables Rouges. L'Espagnol a depuis imposé sa griffe, avec un nouveau système de jeu et un groupe élargi mais aussi partiellement rajeuni. A un an de la Coupe du Monde, où se situe notre pays sur la planète football? Dans l’état actuel des choses, la Belgique - qui était pointée parmi les favorites à l’EURO 2016 - fait-elle partie des nations " favorites " au titre suprême au Mondial en Russie ? Nos spécialistes de la cellule football donnent leur avis et il est unanime.

"Dans l’état actuel des choses, la Belgique émarge assurément à la catégorie des outsiders et non des favoris" assure Thierry Luthers. "Une accession aux quarts de finale devrait être à nouveau notre objectif lors du Mondial 2018. Le problème, c’est qu’à force de se mesurer à des adversaires " moyens " (et c’est un euphémisme pour certains membres de notre groupe qualificatif), on ne parvient pas à se jauger réellement. Et les réveils sont douloureux, une fois qu’on aborde un adversaire costaud en match officiel (Argentine 2014, Italie 2016,…). Objectivement mais surtout collectivement, les Diables sont un cran en dessous de certaines nations comme l’Allemagne, l’Espagne, le Brésil, l’Argentine voir le Portugal ou même la France."

"La Belgique ne fait selon moi pas partie des favorites au titre suprême" déclare de son côté Eby Brouzakis. "Une équipe qui gagne une Coupe du Monde est d’abord une équipe solide derrière. Et dont la rage de vaincre est au maximum en permanence. Le pays de Galles l’a prouvé au dernier Euro, en allant en demi, au détriment des Diables Rouges. Gareth Bale a couru partout, travaillé comme un fou. Le talent n’est rien face aux larmes et à la sueur. Les Portugais ont remporté le dernier Euro en laissant leurs tripes sur le terrain. Cristiano Ronaldo, qui a tout gagné, a coaché du banc son équipe quand il s’est blessé face à la France. Pour briller la Belgique doit adopter une attitude similaire. S’arracher en permanence. Et alors le talent pur éclatera à nouveau."

"Il y a trop d’incertitude et pas assez de matches références pour faire de la Belgique un favori" complète Frank Peterkenne. "D’autant que je ne pense pas qu’il soit souhaitable d’afficher ce statut, je préfère l’étiquette d’outsider capable de gagner contre tout le monde."

De la rage de vaincre, que diable !

"La Belgique parmi les favoris de la Coupe du Monde ? Dans l'état actuel des choses, certainement pas!" ajoute Rodrigo Beenkens. "Et pour deux raisons:
1. La faiblesse de nos adversaires en phase qualificative ne nous permet pas d'avoir de repère objectif. Hors matches amicaux (sans enjeu, ce n'est pas la même chose), la Belgique de Martinez n'a jamais l'occasion de se tester contre une grande nation...contrairement à la France, les Pays-Bas, l'Italie ou l'Espagne (parce que ces pays évoluent dans des groupes plus relevés).
2. Je n'ai toujours pas le sentiment que cette équipe est prête à "mourir sur le terrain" pour atteindre ses objectifs. Un pour tous, tous pour un ? Tous ensemble ? Jusqu'à preuve du contraire ce ne sont toujours que des slogans. On voudrait voir des actes. On a parfois l'impression que, sur la pelouse, ces Diables veulent gagner...mais que si ce n'est pas le cas ce n'est pas la fin du monde. Avec cette mentalité-là, impossible de remporter un grand tournoi. De la rage de vaincre, que diable !
"

"Dans l'état actuel des choses, plusieurs équipes européennes (sans parler des autres) jouent mieux que la Belgique: Allemagne, Angleterre, Espagne, Italie, et même la Suisse et la France" annonce Pierre Deprez. "Mais il reste un an avant la Coupe du Monde. On lit ici ou là que si c'était Wilmots à la tête des Diables pour le moment, les critiques iraient bon train. Peut-être ?! Et c'est vrai que Martinez a toujours la presse avec lui. Cela s'explique en partie par l'effet "balancier" après le désamour entre les médias et l'ancien sélectionneur. Mais aussi par la relation chaleureuse et respectueuse que l'Espagnol veille à entretenir avec les journalistes. Enfin, et il faut insister parce que c'est un atout indéniable pour notre équipe nationale: l'adhésion des joueurs, dans leur grande majorité, est toujours intacte vis à vis de Martinez."

Notre chance d’éventuellement décrocher un titre majeur, on l’a laissé passer à l’Euro 2016

"Je pense qu’il est illusoire d’imaginer la Belgique championne du monde en Russie" termine Manu Jous. "Notre chance d’éventuellement décrocher un titre majeur, on l’a laissé passer à l’Euro 2016 (même si je ne suis pas convaincu qu’on aurait sorti le Portugal en ½…). Tout dépendra évidemment du tirage au sort, et des aléas de la compétition (blessures inopinées au mauvais moment…) mais je ne pense pas qu’on puisse viser plus qu’une ½ finale. D’une part, notre secteur défensif est trop léger (en terme de solutions), d’autre part, je pense qu’il nous manquera éternellement ce fighting spirit qui fait la force des grandes nations. Martinez ou pas Martinez."

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