Prolonger Martinez maintenant, est-ce un bon choix ?

Prolonger Martinez maintenant, est-ce un bon choix ?
Prolonger Martinez maintenant, est-ce un bon choix ? - © BRUNO FAHY - BELGA

C’est désormais officiel : Roberto Martinez prolonge l’aventure à la tête de l’équipe nationale belge qu’il coache depuis août 2016. Il sera donc sélectionneur des Diables rouges jusqu’en 2020.

Le timing pour l’annoncer a de quoi étonner puisque le 3 mai dernier, Bart Verhaeghe, le vice-Président de l'Union belge et Président de la Commission technique, avait encore affirmé qu'aucune décision ne serait prise avant la fin de la Coupe du Monde.

Les dernières déclarations de Michel Preud’homme, pressenti pour éventuellement remplacer Roberto Martinez, ont peut-être bouleversé les plans des responsables sportifs à l’Union belge.

Le coach espagnol a-t-il, à son tour, mis la pression sur ses dirigeants ? Peut-être. Et ce, afin de partir en Russie l’esprit serein. Fini les spéculations. Tout le monde sait à présent qui sera sélectionneur après le Mondial. Cela a le mérite d’être clair.

Est-ce un bon choix de le prolonger dès à présent ? Difficile à dire à cette heure.

Au niveau chiffré, son bilan est plus que positif. Depuis son arrivée, Roberto Martinez a coaché les Diables à 17 reprises et il n’a connu qu’une défaite. C’était face à l’Espagne (0-2) lors de sa première rencontre à la tête de la Belgique. Depuis lors, il a obtenu 12 victoires et 4 partages.

Sur le plan tactique, il a également innové avec un système à 3 arrières et cela a payé puisque les Diables ont inscrit 43 buts et encaissé seulement 6 goals lors de la phase qualificative. Les Belges ont terminé avec 28 points sur 30. Que demandez de plus ?

Il reste, en fait, une énigme. Comment va-t-il parvenir à réagir face à une grande nation ? On manque encore cruellement de repères à ce sujet. La Grèce et la Bosnie étaient nos deux plus gros adversaires en qualifications. Vous avouerez que ce ne sont pas des ténors du football mondial.

Notre système a fonctionné face à ces pays mais on a déjà senti que, face à des formations telles que le Mexique (3-3 en amical) pratiquant un football technique et basé sur la rapidité de mouvements, on était mis en séreuses difficultés. Après le partage face aux Mexicains, Kevin De Bruyne s’était montré plutôt critique sur les choix tactiques. Le coach n’avait cependant pas pris cela comme une attaque personnelle. Cela avait toutefois jeté un petit froid…

Le système s’avère, il est vrai, un peu plus bancal quand certains éléments manquent à l’appel. Les solutions sur les flancs ne sont, par exemple, pas très nombreuses et c’est plutôt inquiétant sachant que Roberto Martinez n’a pas montré une réelle ouverture lors des derniers matches amicaux. Il a fait peu, voire pas du tout, d’essais. Timothy Castagne, annoncé par certains observateurs comme une doublure idéale pour Thomas Meunier et même Yannick Carrasco, n’a jamais obtenu une chance de le prouver !

Enfin, quoi qu’il en soit, humainement, Roberto Martinez est un véritable gentleman et ce n’est pas lui qui fera des vagues ou des déclarations chocs. Ce n’est pas l’as de la punchline. La gestion du cas Radja Nainggolan est un exemple. Cela s’est résolu sans clash de son côté. Il n’est pas du genre à exploser et cette sérénité constitue sans doute un atout dans un groupe constitué de stars.

On attend à présent de voir comment cela va se passer en Russie où, contrairement à pas mal de ses joueurs, il vivra sa première expérience "mondiale". L’objectif sera d’atteindre au moins les quarts… Si ce n’est pas le cas, le retour en Belgique pourrait être un peu tendu…

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