Origi, De Schrijver, Vervoort ou Plovie: les surprises sorties des chapeaux des sélectionneurs

Origi, De Schrijver, Vervoort ou Plovie: les surprises sorties des chapeaux des sélectionneurs
Origi, De Schrijver, Vervoort ou Plovie: les surprises sorties des chapeaux des sélectionneurs - © Tous droits réservés

Roberto Martinez va dévoiler sa liste des 23 pour le Mondial en Russie ce lundi. Si l'on regarde dans le rétroviseur et sans préjuger de ce qu'il va se passer cette année, l'annonce des sélections pour les Coupes du Monde a toujours apporté l'une ou l'autre surprise du côté belge. 
Blessures, baisse de niveaux ou suspension, les sélectionneurs sont parfois obligés de changer leur fusil d'épaule et de sortir un joker, une carte inattendue qui se retrouve ainsi embarquée dans l'aventure des Diables, parfois à la surprise des joueurs eux-mêmes.
Retour sur 36 ans de surprises avec le profil de 7 joueurs que personne ne voyait être appelés pour une Coupe du Monde.

1982: Maurits De Schrijver, un destin brisé

1982, la Belgique donne le coup d'envoi de la Coupe du Monde en Espagne face au champion du monde en titre, l'Argentine. 

Pour ce match au sommet, Guy Thijs doit faire face à un défi de taille : trouver le joueur qui pourra évoluer aux côtés de Luc Millecamps dans l'axe de la défense. Walter Meeuws étant suspendu, le coach national va surprendre en appelant un certain Maurits De Schrijver

Agé de 30 ans, ce défenseur de Lokeren sera appelé la première fois par Guy Thijs pour un match amical face au Danemark juste avant le Mondial. Les Belges s'inclinent 1-0 mais De Schrijver a convaincu et est donc aligné d'entre jeu face aux Argentins emmenés par Diego Maradona. Ce soir-là, Maurits De Schrijver dispute un match sobre dans un match devenu historique pour notre pays à la Coupe du Monde. Les Belges s'imposent 1-0 (but d'Erwin Vadenbergh) et créent la sensation. 

De Schrijver cède ensuite sa place au Standardman Walter Meeuws pour les matches suivants et joue 65 minutes lors du revers 1-0 face à l'URSS, lors de la 5ème et dernière rencontre des Diables au Mondial en Espagne.

Le 15 décembre 1982, à l'occasion de la victoire 3-2 face à l'Ecosse, Maurits De Schrijver joue encore 3 minutes. Il s'agira de sa 4ème et déjà ultime rencontre sous la vareuse des Diables rouges. Le 27 février 1983, il sera victime d'une fracture suite à un tacle trop rugueux de Michel De Wolf. Maurits De Schrijver ne reviendra plus jamais à son meilleur niveau.

1986: Patrick Vervoort, le feu follet

Auteur d'une saison 1985-1986 de toute beauté avec le Beerschot, Patrick Vervoort frappe à la porte de l'équipe nationale quelques semaines avant le coup d'envoi du Mondial au Mexique. 
 
Agé de 21 ans, il dispute deux rencontres amicales avec la Belgique (contre la Bulgarie le 23 avril '86 et la Yougoslavie le 19 mai '86) avant d'être appelé à effectuer le voyage pour la plus belle coupe du Monde vécue par nos Diables à ce jour. 
 
Les deux premières rencontres (face au Mexique et l'Irak), il les vit sur le banc. Notre équipe nationale, bien pâle, déçoit. Guy Thijs change alors son fusil d'épaule et lance quelques jeunes dans la bagarre dont Patje Vervoort. Ce dernier va saisir sa chance et il ne quittera plus le onze de base jusqu'à la fin du tournoi. 
 
Guy Thijs a eu le nez fin en effectuant ce choix. En 87, Vervoort rejoindra Anderlecht. Il évoluera ensuite à Bordeaux, Ascoli, au Standard, à RKC Waalwijk, à Vitoria Guimaraes et à Toulon. 
 
Dans sa carrière, Vervoort va disputer au total 32 matches avec la Belgique et va inscrire 3 buts dont 1 à la Coupe du Monde 1990 face à l'Espagne (défaite 1-2).

1990: Pascal Plovie, l'inattendu Brugeois

Guy Thys s'appuie sur une sélection belge ne comptant que trois joueurs évoluant à l'étranger (Eric Gerets, Stéphane Demol et Enzo Scifo) pour disputer le Mondial 1990 en Italie. Parmi les 23 joueurs, 6 d'entre eux évoluent à Anderlecht et 6 autres à Malines. Le FC Bruges est représenté par un quatuor dont la surprise s'appelle Pascal Plovie. Le défenseur brugeois n'est pas tout à fait un néophypte dans la sélection car il avait déjà disputé en 1987 un match qualificatif pour l'Euro en Allemagne de l'Ouest. Sa présence dans le groupe belge est dû à l'excellente saison du FCB, champion de Belgique.

Cantonné au rôle de remplaçant, il profite de la qualification déjà assurée pour les Diables en 1/8èmes de finales pour obtenir du temps de jeu. Face à l'Espagne, Guy Thys laisse certains joueurs au repos et aligne ainsi de jeunes éléments comme Lorenzo Staelens ou Philippe Albert. Pascal Plovie rentre en piste après la demi-heure à la place de Marc Emmers, blessé. Le match se termine sur une victoire espagnole (1-2). le but belge est marqué par Patrick Vervoort.

Plovie dispute donc lors du mondial l'un de ses cinq matches sous le maillot national. Sa dernière sélection, il la connaitra en février 1992.
 

1994: Josip Weber, du feu d'artifice au défaut d'allumage

9 décembre 1993, la Chambre approuve la naturalisation de Josip Weber, meilleur buteur des deux derniers championnats de Belgique, ouvrant la porte à une sélection avec les Diables rouges.

Celle-ci ne se fait pas attendre. Le Belgo-Croate est appelé par Paul Van Himst pour disputer la Coupe du Monde aux Etats-Unis. Ses débuts sont tonitruants. Le joueur du CS Bruges claque 6 buts lors de ses deux premiers matches, des rencontres préparatoires face à la Zambie (5 buts) et la Hongrie (1 but). C'est donc avec de réels espoirs que les fans des Diables rouges voient la Coupe du monde débuter. Pourtant, le serial buteur du championnat belge (136 buts en 6 ans et 204 matches avec le CS Bruges) ne parvient pas à confirmer. Il dispute tous les matches de l'équipe nationale durant la compétition (3 titularisations et 1 montée au jeu) mais ne parvient pas à marquer. On se rappelle surtout de lui pour un penalty non sifflé sur sa personne suite à une faute de Thomas Helmer en 1/8 de finale contre l'Allemagne.

Après la Coupe du Monde, le buteur signe à Anderlecht où les pépins physiques s'accumulent. Il ne joue même pas 30 matches avant de prendre sa retraite en 1997. Josip Weber nous a quittés en novembre 2017, à l'âge de 52 ans. Il se battait depuis plusieurs années contre un cancer de la prostate.

1998: Mike Verstraeten, invaincu avec les Diables

Il existe des trajectoires qui sont totalement atypiques. Des profils de joueurs qui parviennent au plus haut niveau à la surprise des observateurs d'un côté mais aussi au plus grand étonnement des intéressés aussi. C'est ce qui est arrivé à la Coupe du monde 1998 au Belge Mike Verstraeten.

A 30 ans largement révolus, le Malinois d'origine est appelé par Georges Leekens pour disputer la Coupe du Monde en France. Son parcours est inhabituel et finalement emprunt de modestie. Formé à l'Olympia Haacht, il poursuit en 1982 son apprentissage au FC Malinois. Le grand FC Malinois, qui gagnera quelques années plus tard la Coupe des Coupes en 1988 face à l'Ajax. "Quand je suis passé de l'Olympia Haacht au FC Malinois, je pensais déjà avoir atteint le sommet des sommets. C'est la raison pour laquelle je me suis peut-être laissé un peu vivre. Je n'ai pas l'ambition dévorante de ceux qui 'arrivent' " déclarait-il juste avant la Coupe du Monde 1998. Transféré en 1989 Au Beerschot, il se relance dans le club anversois et continue sa carrière en 1990 à Ekeren. 

Dans le groupe des 23 pour le Mondial, il "profite" du forfait de Gordan Vidovic avant le premier match de la compétition pour faire son entrée dans l'équipe de base, aux côtés de Lorenzo Staelens en défense centrale. En face, les Pays-Bas alignent le trident Jimmy Hasselbaink - Marc Overmars - Patrick Kluivert. Avec ses 1m92, son tempérament de fer et son excellent jeu de tête, Geroges Leekens le choisit pour contrer la puissance de Jimmy Hasselbaink. Pari gagné puisque SuperMike contient l'attaquant oranje. La Belgique arrache le match nul, bien aidée par l'exclusion de Kluivert, pour ce qui sera le 6ème et dernier match de Verstraeten sous la vareuse nationale. Une carrière éclair débutée en octobre 1997 pour le défenseur, qui peut s'enorgueillir de ne jamais avoir connu la défaite avec les Diables (2 victoires et 4 nuls).

Transféré en 1999 à Anderlecht, il remporte deux titres de champions de Belgique (2000 et 2001) avant de se blesser gravement et de mettre fin à sa carrière en 2001.
 

2002: Bernd Thijs, une coupe du Monde mais 0 minute de jeu...

Mondial 2002, confronté à la blessure de Walter Baseggio, Robert Waseige incorpore dans son groupe Bernd Thijs. Le sélectionneur national a l'avantage de bien connaître le milieu de terrain. C'est lui qui l'avait lancé dans le monde professionnel, un samedi de septembre 1995. Le jeune Belge avait par ailleurs profité de l'occasion pour marquer son premier but et ramener un point pour le Standard (partage 1-1 contre Alost).

Repris dans les 23 pour la Coupe du Monde en Russie en 2002, le joueur de Genk fait partie des 3 joueurs de champs de l'équipe belge qui ne dispute pas une seule minute durant la compétition. Au final, le rouquin n'a joué que 7 matches sous la vareuse des Diables en deux périodes (5 matches en 2002-2003 et 2 matches en 2010).

2014: Divock Origi, le conte de fée

La surprise de la Coupe du Monde 2014 s'appelle Divock Origi. Contre toute attente, le sélectionneur Marc Wilmots décide d'appeler le jeune Lillois dans son groupe. Il supplée Christian Benteke blessé et forfait pour le Brésil. Marc Wilmots estime d'ailleurs qu'il a le même profil que l'attaquant d'Aston Villa.

Formé à Genk, où son père Mike a évolué entre 1998 et 2001, il rejoint le centre de formation du LOSC en 2010, là où sont également passés Eden Hazard, Kevin Mirallas ou encore Gianni Bruno. En 2013, à 17 ans seulement, il fait ses débuts en Ligue 1 et inscrit un but... six minutes après sa première montée au jeu chez les professionnels. Grâce à ces débuts remarqués et à une mentalité exemplaire, Divock Origi devient rapidement une valeur sûre de l'effectif lillois, et au terme de sa première saison complète en Ligue 1, Marc Wilmots invite l'international U19 au Brésil, à la surprise quasi générale.

L'expérience brésilienne tourne vite au conte de fée pour l'attaquant. Remplaçant pour le premier match contre l'Algérie, il monte au jeu 30 minutes au détriment de Romelu Lukaku pour la fin de match. Il remplace aussi l'attaquant d'Everton lors de la rencontre face à la Russie et parvient à inscrire le but de la victoire, synonyme de qualification pour les 1/8èmes de finale. "Aujourd'hui, c'est un moment spécial dans ma carrière, je vais garder ce souvenir toute ma vie" déclare-t-il modestement à la fin du match. Crédité à nouveau de 30 minutes de jeu contre la Corée du Sud, il est titularisé pour le match de 1/8ème de finale contre les USA, puis face à l'Argentine en 1/4. 

Ses performances affolent l'Europe. Et c'est Liverpool qui décroche le gros lot en signant le Belge le 29 juillet 2014. En deux mois, le Belge est passé de l'ombre à la lumière. Depuis, il est un appelé régulier en sélection nationale.

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