Mike Trésor Ndayishimiye, l'espoir qui fait briller les Diablotins et qu'Anderlecht a laissé filer

Mike Trésor Ndayishimiye, l'espoir qui fait briller les Diablotins et qu'Anderlecht a laissé filer
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Mike Trésor Ndayishimiye, l'espoir qui fait briller les Diablotins et qu'Anderlecht a laissé filer - © JASPER JACOBS - BELGA

Mike Trésor Ndayishimiye a été la révélation de la victoire des Diablotins hier face à l'Allemagne. Le joueur de Willem II a crevé l'écran en inscrivant le but d'ouverture sur coup franc, avant d'inscrire le penalty qui a fait le break. Parfait inconnu du grand public, il a pourtant montré des aptitudes remarquables. Comment a-t-il pu échapper au radar d'Anderlecht, club dans lequel il a passé trois ans ?

Mois de mai 2018, Marc Coucke convoque une conférence de presse exceptionnelle. A ses côtés Jean Kindermans, responsable du centre de formation de Neerpede. Tous se réjouissent de la signature de onze contrats professionnels pour des jeunes issus de Neerpede. Jérémy Doku, Yari Verschaeren, Antoine Colassin et Killian Sardella entre autres assurent leur avenir mauve. D'autres jeunes, à la croisée des chemins, sont écartés. C'est le cas de Mike Trésor Ndayishimiye. Certains, dont Emilio Ferrera, ne croient pas qu'il pourra faire le bond vers l'équipe première. "Le projet autour des jeunes est arrivé un peu tard pour moi. A mon époque, on donnait beaucoup moins facilement la chance aux jeunes," a déclaré le joueur. "La marche était bien plus haute pour franchir le pas vers l'équipe première." Moribond, le joueur décide alors de faire sa valise en s'en va découvrir les Pays-Bas, via le NEC Nimègue, en division 2. "La découverte du championnat néerlandais lui a fait beaucoup de bien", précise Alex Teklak. "Il y a trouvé des défenses ouvertes et moins physiques qui correspondent sans doute mieux à son ses aptitudes."

Les Pays-Bas, terre d'épanouissement pour les jeunes Belges

Un an plus tard, il signe à Willem II pour un bail de longue durée. Cette saison, il s'est installé comme révélation au poste de milieu offensif, en inscrivant 5 buts. Comme d'autres Belges avant et après lui, il est parti chercher aux Pays-Bas le temps de jeu qui lui aurait manqué en Belgique. Des garçons comme Loïs Openda, Francesco Antonucci, Ahmed Touba ou encore Noah Fadiga sont récemment partis aux Pays-Bas pour glaner de l'expérience.

"Il est virevoltant, possède une bonne finesse technique", constate Alex Teklak, qui commentait sa rencontre d'hier face à l'Allemagne U21. "Hier, c'est le seul qui a élevé son niveau quand les autres étaient dans le dur. C'est vraiment un bon joueur". La seule réserve actuelle, outre le fait qu'il faut toujours relativiser les vérités de l'instant, concerne ses capacités physiques. "Je reste prudent quant à son développement physique. Il est encore très fin, pas encore assez costaud. Mais paradoxalement, il parvient bien à éviter les duels et à utiliser son corps. Il mériterait d'être revu dans un match avec des professionnels plus expérimentés."

D'après Het Laatste Nieuws, le joueur est désormais convoité pour... un retour en Belgique. Le FC Bruges le verrait bien en successeur d'Emmanuel Dennis. "Il est moins fort que Dennis aujourd'hui, mais a le potentiel pour devenir meilleur que le Nigérian à l'avenir," tranche Teklak. Willem II n'est pas très enclin à vendre le joueur, sauf pour un montant de 7 millions d'euros. Le quotidien néerlandophone mentionne encore que des équipes comme Norwich City, l'Atalanta ou le Bayern Munich se sont renseignés sur son sort.

Anderlecht a-t-il raison de se gargariser de la réussite de "ses" jeunes ?

Sur Twitter, Anderlecht a salué hier l'abondance de jeunes joueurs passés par Neerpede qui figurent aujourd'hui dans le groupe des U21 de Mathijssen. "11 sur 20 made in Neerpede". Sur ces onze joueurs, combien ont eu une véritable chance de s'exprimer en équipe première ? Seule une moitié ont véritablement reçu leur chance dans le noyau A : Alexis Saelemaekers, Sebastiaan Bornauw, Albert Sambi, Francis Amuzu et Antoine Colassin. Cinq autres n'ont jamais véritablement reçu leur chance : Mile Svilar, Mike Trésor, Orel Mangala, Wout Faes et Francesco Antonucci. La seule réserve concerne Hannes Delcroix, qui n'a pas encore joué de minutes officielles cette saison sous le maillot mauve. Cette génération des joueurs nés en 1999 et 2000 a parfois jugé meilleur d'aller voir ailleurs. Comme Mike Trésor. A Vincent Kompany de les convaincre de rester pour ne pas voir des produits maison briller loin de Saint-Guidon.

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