Rétro : Mexico 86 : URSS-Belgique, le miracle de Leon

Pour les amateurs de football belge, le Belgique-URSS de la Coupe du Monde 1986, c’est un peu comme le " Citizen Kane " d’Orson Welles pour les cinéphiles : un classique indémodable !

Un match dont la dramaturgie aurait d’ailleurs pu faire pâlir d’envie nombre de scénaristes. Ils auraient pu appeler ce script "Le miracle de Leon ", du nom de la ville mexicaine où s’est disputée cette rencontre historique. Un match incroyable, improbable, formidable, inoubliable. Et, à priori, ingagnable pour les " Diables Rouges " qui sortaient d’un premier tour de compétition à la fois décevant et mouvementé. Une victoire étriquée contre l’Irak et une défaite face au Mexique, le pays organisateur. Pour terminer parmi les meilleurs troisièmes, et donc pouvoir être repêchés, les Belges devaient prendre au moins un point contre le Paraguay. Pour cette rencontre cruciale, Guy Thys, le sélectionneur national, change radicalement son onze de base. Le duo offensif Vandenbergh-Desmet est remplacé par Veyt et Claesen. Il joue aussi la carte de la jeunesse en lançant Scifo, Vervoort et Demol dans la bagarre. René Vandereycken (futur sélectionneur des Diables) est entré en conflit avec Thys et est renvoyé au pays à la fin du premier tour de compétition !


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Ce sera la formule gagnante, le regretté entraîneur anversois  n’en changera plus jusqu’à la fin du tournoi. C'est-à-dire bien plus tard que prévu puisque les Diables avaient déjà fait leurs valises pour repartir aussitôt après le match contre l’URSS !

Des Soviétiques archi-favoris

En réalité, l’équipe soviétique, elle est surtout ukrainienne durant ce Mondial 86. C’est d’ailleurs quasiment toute la formation du Dynamo Kiev qui est reprise en sélection nationale. Un club performant qui a remporté, quelques semaines plus tôt, sa deuxième coupe d’Europe des vainqueurs de coupe en  battant l’Atletico Madrid 0-3 à Lyon. Avec, à sa tête, l’énigmatique coach Valery Lobanovski, l’homme qui ne rit jamais ! Les joueurs en vue se nomment le petit attaquant Igor Belanov, Ivan Yaremchuk, le meneur de jeu Pavel Yakovenko (père de Sacha, le futur joueur anderlechtois) ou autre Oleksander Zavarov. Sans oublier un des rares joueurs russes de l’équipe, l’excellent gardien du Spartak Moscou, Rinat Dasaev. La vraie star du groupe, c’est évidemment Oleg Blokhine mais, à bientôt 34 ans, il est surtout devenu un remplaçant de luxe.

En un mot comme en cent, les Soviétiques sont largement favoris avant cette confrontation des huitièmes de finale, à élimination directe. D’autant qu’ils ont laissé une forte impression lors des matchs de poule. Dans la chaleur de Leon, pendant la première demi-heure, il ne se passe quasiment rien. Les Belges, comme prévu, sont largement dominés territorialement. Et quand on ne trouve pas de solution de relance, on rend immanquablement le ballon à Jean-Marie Pfaff. Avec le recul, on comprend mieux désormais pourquoi on a changé cette règle de la passe en retrait au gardien tant cela cassait le rythme !

 

Le scénario inattendu

Et quand Belanov ouvre logiquement la marque pour l’URSS (il signera d’ailleurs un triplé ce jour-là), on se dit que c’en est fini des (très) maigres espoirs belges. Chez nous, il est alors presqu’1 h du matin .A la mi-temps, certains supporters belges, résignés, fatigués ou pessimistes, vont se coucher. Grave erreur ! Car le meilleur reste à venir. Avec l’égalisation d’Enzo Scifo puis un enchaînement incroyable de séquences au sein d’une même rencontre! Une petite Belgique qui grandit au fil des minutes. Des " Diables " tenaces, héroïques, valeureux, solidaires jusqu’au bout de l’effort, malgré la chaleur. Un suspense insoutenable pendant 120 minutes d’une intensité exceptionnelle. Et une victoire, 3-4, qui fera date !

Avec, en prime,  les commentaires passionnants et passionnés de notre ex-collègue Frank Baudoncq (avec Roger Laboureur à ses côtés) qui s’enflamme pour ce qui va devenir progressivement un des plus beaux exploits du sport belge….Ce jour-là, le commentaire sportif à la RTBF prend une autre dimension, plus émotionnelle, plus lyrique, plus chauvine aussi mais sans l’excès cocardier. Bref en véritable communion avec les acteurs de cette épopée. Une épopée qui va se poursuivre avec l’élimination de l’Espagne aux tirs au but puis jusqu’en demi-finales contre l’Argentine d’un certain Diego Maradona. " El Pibe de oro " sera notre bourreau en marquant deux fois. Mais, cela, c’est déjà une autre histoire….

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