Mazzu dans le... Felice time out

Mazzu dans le... Felice time out
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La photo "Coach Stop", suggérée avec beaucoup d'autodérision par Felice Mazzu lui-même lors du voyage à Liverpool, était donc bien prémonitoire. La "semaine importante", dont parlait le coach carolo en prélude au match de Champions League, portait bien son nom. Mazzu quitte Genk après moins d'un demi-championnat et, forcément, un goût saumâtre d'inachevé. 

Le challenge était relevé, pour ne pas dire...ingrat. Et il faut reconnaître à Felice Mazzu le mérite de l'avoir relevé. Succéder à Philippe Clément, au sein d'un club tout juste sacré champion de Belgique pour la 4è fois de son histoire, et dépouillé de deux des joyeux de sa couronne (Ruslan Malinovskyi et Leandro Trossard), tous les ingrédients étaient réunis pour se prendre les pieds dans le tapis.

Ajoutez à cela le nécessaire temps d'adaptation des nouveaux, une motivation et un niveau à retrouver pour quelques cadres sortis d'un été agité par des rumeurs de transferts (Sander Berge, Aly Samatta, Joakim Maehle,...) et une pression croissant de façon proportionnelle à l'inconstance des résultats, et vous obtenez un cocktail difficile à digérer pour un coach qui, dans ses attitudes, paraissait un peu "éteint" par rapport à sa période carolorégienne. Moins d'étincelles dans le regard, moins de sourires en coin. Une attitude plus "tracassée", que certaines sorties médiatiques n'ont pas aidé, comme l'histoire du gsm brandi dans un après-match à l'adresse du VAR, ou les regrets répétés de devoir parfois travailler sans une dizaine de joueurs retenus par leurs obligations internationales.

Une équipe à deux visages

A l'exception de la dégelée encourue à Salzbourg (6-2 pour son entrée en matière en Champions League), Genk a plutôt fait bonne figure sur la scène européenne, dans un groupe pourtant terriblement relevé. Un point pris contre Naples, deux rencontres plus que méritantes face à Liverpool, tenant du trophée, le champion de Belgique a réussi à sortir sa tenue de gala dans les circonstances qui l'exigeaient, mais rechigné à enfiler son bleu de travail dans le contexte plus terre à terre de la Jupiler Pro-League. 6 défaites en 14 matchs, c'est...plus que sur l'ensemble de la saison écoulée (play-offs compris). Des prestations en dents de scie, dont les joueurs sont évidemment les premiers responsables, mais dont l'échec rejaillit aussi sur le coach, à partir du moment où celui-ci s'est avéré incapable d'insuffler la réaction nécessaire. Le point de non-retour a été atteint ce dimanche contre Gand, rival direct pour le top 6, et conduit les dirigeants genkois à prendre cette "décision difficile", peu en accord avec les habitudes maison. Le but avoué étant de renouer avec la stabilité et une mentalité parfois défaillante de puis le début de saison.

La barrière de la langue

A sa décharge, Felice Mazzu n'a pas été placé dans les meilleures conditions lors de son arrivée dans le Limbourg. Dans la composition de son staff déjà, il n'a pas eu totalement les coudées franches et, à l'intérieur même du vestiaire, il a sans doute manqué de soutien ou de relais. Sébastien Dewaest aurait pu être celui-ci, mais à partir du moment où le capitaine genkois a perdu son statut de titulaire suite au naufrage salzbourgeois (décision sportive logique, l'intéressé reconnaissant lui-même sa responsabilité sur certains buts), l'élastique s'est quelque peu distendu. 

Durant sa courte aventure à Genk, Felice Mazzu aura donné l'impression de beaucoup chercher, sans nécessairement trouver. Changements de joueurs, de système, d'animation, Mazzu n'aura finalement pas eu le temps de faire prendre la mayonnaise. Et la barrière de la langue, si elle n'a pas été brandie comme justification de son échec, ne l'aura forcément pas aidé. L'isolement d'un francophone unilingue dans un environnement néerlandophone n'a rien fait pour accélérer l'intégration ou le sentiment de bien-être d'un homme qui, pendant trois mois, aura peut-être ressenti une impression diffuse de devoir jouer tous ses matchs... en déplacement. Idem pour l'anglais, langue véhiculaire d'un vestiaire particulièrement cosmopolite et, selon certains joueurs, insuffisamment maîtrisé par Mazzu. L'ancien mentor de Charleroi n'aura peut-être pas toujours réussi à transmettre son message avec toute la finesse ou toutes les nuances souhaitées. Un constat qui, on l'imagine, lui servira d'enseignement pour l'avenir, et pour un rebond sportif qui se produira nécessairement. Même si le lieu et la date restent encore à définir...

 

 

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