"Marouane Fellaini : espèce en voie de disparition"

Diable que le réveil est difficile. Jeudi soir en plein match d’Europa League (qu’il ne jouera sans doute plus jamais) la nouvelle est tombée...comme un couperet, comme un coup dur. Marouane a donc décidé de quitter ses petits diables qu’il affectionnait tant. Décision mûrie et réfléchie depuis de longs mois. Décision qui n’aura finalement surpris personne, tant elle sentait à plein nez depuis un moment. 

Un dinosaure

Dans ce "Jurassic Park" du foot mondial, Fellaini faisait figure de tyrannosaure. Un animal bestial, vif, hargneux qui ne lâche jamais sa proie. Un footballeur atypique, au profil presque unique. Une espèce en voie d’extinction dont les Diables ont pu apprécier à 87 reprises les formidables atouts. 

De sa première sélection, à un peu plus de 19 ans contre les Tchèques, on retiendra que c’est René Vandereycken qui, le premier, aura voulu tester le potentiel de cet immense gaillard. Ce jour-là de février 2007, Fellaini était le plus grand des novices dans une équipe expérimentale composée de Stijnen, Hoefkens, Van Buyten, Van der Heyden, Vermaelen, Defour, Martens, Mudingayi, Daerden et Pieroni. Une éternité et beaucoup de joueurs oubliés. 

Algérie, Japon inoubliables

Marouane aura laissé une trace indélébile sur cette équipe nationale. En 12 ans il aura vécu les galères et les joies. Il aura eu, même du banc de touche, sa part de gloire dans nos derniers tournois et surtout lors des deux coupes du monde disputées. J’étais là, au plus près du terrain, quand sorti du banc il nous a redressé contre l’Algérie en phase de groupe du mondial brésilien. J’étais là, au plus près, quand dans ce match fou contre le Japon l’été dernier, sa grand tignasse s’est élevée une fois encore pour nous redresser. Nous faire bondir nos cœurs de Belges. 

Deux buts de la tête, deux buts en entrant au jeu pour sauver la mise, deux buts qui compteront (il en aura marqué 18 au total chez les Diables) et que je ne suis pas prêt d’effacer. Joueur souvent décrit comme physique voire brutal, Fellaini en imposait. Pas besoin de lui marcher sur les pieds, vous risquiez d’y perdre vos propres orteils. Pas besoin de le chauffer, il était toujours chaud. Chez les Diables on comptabilise 18 cartons jaunes et une seule exclusion en 2007 à ses débuts. C’est finalement peu non pour quelqu’un de brutal ? 

Timide, ultra discret avec les médias dont il se méfiait sans doute trop, Fellaini était en fait un OVNI. Mais surtout un mec qui, une fois au milieu de sa bande de potes, jouait au Maestro de l’ambiance. La blague, le mot juste quand il le fallait... Marouane était apprécié de tous ses coéquipiers. Éden Hazard m’a dit hier avoir perdu en équipe nationale un véritable ami. Entre gens simples on se comprend vite. Et on s’apprécie. 

Bonne route

Ses montées dans le rectangle adverse sur chaque phase arrêtée, ses coups de tête rageurs, ses contrôles de poitrine inimitables, ses tête à tête avec qui osait le défier... tout ça va manquer aux Diables Rouges sur la route de l’Euro 2020. 

Mais Marouane a mérité ce repos qu’il appelait de ses vœux. Il n’était plus titulaire. Martinez en avait décidé ainsi. Juste un joker de luxe. Trop peu pour ce dinosaure des temps modernes. 

Alors bonne route Marouane aux confins du monde. La Chine est ton quotidien. Tu apprendras donc vite ce mot chinois : "XiéXié". Ça veut dire merci !

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