'Lucky Luc' Nilis, la fine gâchette souffle ses 50 bougies

L’histoire de Luc Nilis pourrait (à tort) se résumer en deux regrets : une aventure en 'noir-jaune-rouge' décevante et une carrière brisée net à l’image frissonnante de cette jambe droite qui craque lors d’un choc avec le gardien d’Ipswich Town en septembre 2000 après seulement trois rencontres de Premier League sous les couleurs d’Aston Villa.

Mais le jour de ses 50 ans, qu’il fête ce jeudi 25 mai 2017, il est surtout plus que nécessaire de rappeler l’exceptionnel footballeur qu’il était.

Parce que Nilis, c’est avant tout un attaquant racé, élégant, à la technique impeccable. Un véritable artiste au service du collectif. Un serial-buteur toujours altruiste.

La naissance en mauve

Débutée en division 2 à Winterslag (ancêtre du KRC Genk), la carrière professionnelle de ‘Lucky Luc’ prend son envol à Anderlecht dès la saison 86-87. Avec les Mauves, Nilis éblouit.

Quatre titres de champions (87, 91, 92 et 94), trois coupes de Belgique (88, 89 et 94), deux quarts de finale de Coupe des clubs champions (87 et 88) et une finale de Coupe des coupes (90). 127 buts en 224 rencontres. Plus d’un but tous les deux matches !

Déviations dos au but, coups du sombrero, accélérations, petits ponts, grands ponts, crochets en tout genre, feintes de frappe, lobs, tirs du droit, du gauche, demi-volées, coups francs, panenkas… Cet instinctif possède toute la panoplie du génial buteur. Il rend fou ses adversaires pour le plus grand plaisir de ses supporters.

Après huit années de succès chez les Mauves, il part vers de nouveaux cieux. En manque de reconnaissance en Belgique (jamais récompensé par le Soulier d'or), il file, en 1994, à 27 ans, chez le voisin nordiste. A Eindhoven, il fait les beaux jours du PSV et obtient enfin le statut qu’il mérite. Avec un palmarès enrichit de deux titres d’Eredivisie (97 et 2000) et une coupe des Pays-Bas (96), il y devient une référence (meilleur joueur de la saison 94-95).

Le modèle des jeunes

Durant ses six saisons néerlandaises, Nilis continue d’affoler les statistiques et empile les caisses (110 buts en 164 matches). Surtout, jamais avare de conseils en tout genre, il n’hésite pas à prendre sous son aile les jeunes pousses ultra-talentueuses qui débarquent à ses côtés.

Et cela commence fort. Avec 'Il Fenomeno' Ronaldo, Nilis régale les supporters du Philips Stadion. L’entente est telle qu’elle restera gravée à jamais dans la mémoire du double Ballon d’Or brésilien (97 et 2002).

"J'ai joué avec de grands joueurs dans ma carrière comme Figo, Romario, Zidane, Rivaldo, Djorkaeff, Raúl. Mais le meilleur coéquipier, c'est Luc Nilis, le Belge avec qui j’ai joué au PSV Eindhoven.  Il avait un talent énorme et un esprit collectif magnifique. Me faire marquer lui procurait autant de plaisir que s'il trouvait le but lui-même. Je lui dois beaucoup” affirme en juin 2011 le plus grand n°9 de tous les temps. Un bel hommage !

Plus tard, c’est au tour de Ruud Van Nistelrooy. Le buteur batave forme un duo d’une efficacité et d’une complémentarité redoutables avec le Diable Rouge. Lui aussi est marqué à vie par cette association.

"La meilleure coopération avec un autre attaquant, je l’ai eu avec Luc Nilis au PSV ou avec Raul au Real Madrid" déclare Van Nistelrooy en 2015. Encore des éloges ! Mérités évidemment.

L’amertume 'noir, jaune, rouge'

Malheureusement, il ne parvient jamais à atteindre ce niveau avec les Diables Rouges. En 56 sélections, Nilis inscrit seulement 10 buts. Une panne d’inspiration et de confiance qui l’accompagne dès qu’il enfile le maillot des Diables. 'Unlucky Luc' !

S’il participe tout de même aux Mondiaux 94 et 98 et à l’Euro 2000, la trace qu’il laisse de son passage chez les Diables est largement moins indélébile que celle qu’il creuse dans ‘ses’ deux clubs.

Certes la génération qui l’entoure n’est pas celle que nous connaissons actuellement mais avec tant de talent, son aventure avec les Diables laisse un regret éternel. Pourtant, l’Hasseltois est assurément l’un des meilleurs attaquants que la Belgique ait connu.

Depuis sa retraite forcée à 33 ans, Nilis continue sa transmission. Toujours attaché au PSV, l’ancien buteur en série poursuit sa mission : aider les jeunes attaquants.

Et leur apprendre ce qui a fait sa réussite : l’instinct, la passion, le travail, le sens du collectif et le plaisir.

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