Les enseignements de Belgique-Portugal : fidélité, frilosité, fatigue, inquiétudes et certitudes

Au lendemain du partage assez terne face au Portugal (0-0), Roberto Martinez et les Diables Rouges poursuivent leur préparation en vue du Mondial. A 15 jours de leur entrée en lice contre le Panama et après ce premier match de préparation, quels sont les enseignements que l’on peut tirer de cette rencontre amicale ? On fait le point.

Aucun test dans le onze de base, Martinez fait… du Martinez

Roberto Martinez est un sélectionneur fidèle qui prend peu de risque. Depuis son intronisation et le passage - un peu forcé - à trois défenseurs centraux, l’Espagnol n’a quasiment jamais testé d’autres systèmes. Il n’a par exemple plus jamais essayé de repasser à quatre en défense. Et ce n’est pas ce premier match de préparation quelques jours avant de rendre sa liste définitive de 23 qui allait le faire sortir de son plan.

Si l’association Kevin De Bruyne-Mousa Dembélé dans l’entrejeu était une alléchante première, elle était dictée par le forfait d’Axel Witsel et le (trop) récent retour de blessure de Marouane Fellaini. Le gaucher de Tottenham est le troisième choix de Martinez, ça ne changera pas. Le coach fédéral a son équipe type en tête et l’a conforté ce samedi soir. Quitte à frustrer ses remplaçants qui auraient certainement préféré débuter cette rencontre afin de se mettre en évidence et convaincre le sélectionneur.

Dans le même temps, Joachim Löw, entraîneur des champions du monde allemand et vainqueur avec une sélection ‘bis’ de la Coupe des Confédérations l’été dernier, démarrait son match de préparation contre l’Autriche avec 7 titulaires incertains de leur place dans la liste des 23. La défaite de la Mannschaft ne lui a pas fait plaisir mais il s’est offert un vrai match d’observation et a pu tirer de nombreux enseignements.

Martinez explique souvent que ce qu’il voit à l’entraînement lui donne de nombreuses indications. Cela semble donc lui suffire.

Les remplaçants n’ont pas vraiment marqué des points

Lancés au coup d’envoi de la seconde période, Marouane Fellaini, Christian Benteke, Nacer Chadli et Adnan Januzaj n’ont pas vraiment changé la physionomie de la partie. Loin s’en faut. Mais peut-on réellement leur reprocher grand-chose ? Après 20 excellentes premières minutes, les Diables Rouges ont reculé et le tempo a baissé. Rentrer dans ces conditions-là est très - voire trop - difficile. De plus, la pression d’une sélection ‘couperet’ n’a pas permis de libérer les ‘incertains’. La preuve ? Le meilleur des remplaçants de samedi soir est celui qui est depuis longtemps assuré de sa place : Big Mo.

Certes, Januzaj s’est montré audacieux mais n’a pas non plus ébloui les observateurs.

Et que dire de Dedryck Boyata ? Monté au jeu précipitamment (sans échauffement) suite à la sortie sur blessure de Vincent Kompany (55’), le défenseur central du Celtic a souffert pour trouver sa place aux côtés de Toby Alderweireld et Jan Vertonghen. Sa prestation n’a pas vraiment rassuré.

Thorgan Hazard, qui a suppléé son frère Eden (80’), a quant à lui eu dix minutes à se mettre sous les crampons. Pas assez pour briller.

Des Diables fatigués par la semaine de travail ?

Après une entame de match de haut niveau avec un pressing agressif, un rythme élevé et des combinaisons très intéressantes, les Diables Rouges ont clairement levé le pied. A cause de la fatigue ? La charge de travail physique de la première vraie semaine de préparation a été lourde et s’est faite sentir au fil des minutes.

"Il nous a juste manqué un peu de jus, a expliqué le capitaine Eden Hazard en fin de rencontre. C’est la seule semaine où on peut vraiment beaucoup travailler. Elle a été intense. Il faut toujours bien se préparer pour une grosse compétition."

Les Diables devraient donc doucement monter en puissance. On en aura déjà les premiers signes mercredi soir face à l’Egypte.

L’entrejeu a manqué de hargne

C’est un des gros points noirs de la sélection belge depuis maintenant plusieurs années. Les Diables Rouges ne peuvent pas compter sur une véritable sentinelle devant la défense. Axel Witsel a été installé à ce poste de n°6 et est apprécié pour sa discipline mais ce n’est pas un arracheur de ballons. Face aux excellents manieurs de ballons portugais, la paire De Bruyne-Dembélé a un peu disparu après 20 minutes. Dans leurs clubs respectifs, ils disposent d’un vrai récupérateur derrière eux (Fernandinho à Manchester City et Eric Dier à Tottenham) pour faire parler leurs qualités de relayeurs.

Dans le noyau de Martinez, il n’existe pas de solutions indiscutables. Youri Tielemans, Marouane Fellaini, Witsel, De Bruyne et donc Dembélé ne sont pas des milieux défensifs. Le seul joueur formé à ce poste particulier est Leander Dendoncker. Mais l’Anderlechtois est encore bien tendre et reste sur une saison très compliquée.

Inévitablement, on en revient donc à l’absence de Radja Nainggolan. Le Ninja a également un profil de n°8 mais ses caractéristiques sont différentes des autres. Le Romain a une hargne que ses concurrents n’ont pas. Sa rage de vaincre est contagieuse et son attirance pour les duels aurait pu être utile. Il n’est pas là, il faudra faire sans. Le débat est clos.

Des inquiétudes physiques

A la 54ème minute, toute la Belgique a commencé à s’inquiéter. Sur une intervention défensive manquée, Vincent Kompany a ressenti une gêne à l’aine et est immédiatement sorti. Après une discussion inquiétante avec Martinez, Vince The Prince a regagné les vestiaires. Sa grimace en disait long. On attend les résultats médicaux.

Le sélectionneur prendra-t-il le risque d’emmener un Kompany blessé alors que sa fragilité physique est devenue légendaire ? De plus, les grosses interrogations qui entourent la santé de Thomas Vermaelen, en revalidation mais sans doute absent encore au moins deux semaines, posent déjà un cas de conscience au sélectionneur.

Les inquiétudes autour de Thibaut Courtois, qui s’est fait écraser le poignet par Quaresma (65’), et Eden Hazard, légèrement touché à la hanche, ont été rapidement balayées. Heureusement.

Les 23 élus sont-ils déjà connus ?

Martinez a déclaré après la rencontre samedi soir que sa liste était faite. On peut aisément pointer 14 joueurs qui ont déjà assurément leur ticket pour la Russie en poche depuis longtemps : Thibaut Courtois, Simon Mignolet, Toby Alderweireld, Jan Vertonghen, Thomas Meunier, Yannick Carrasco, Axel Witsel, Mousa Dembélé, Marouane Fellaini, Kevin De Bruyne, Eden Hazard, Dries Mertens, Michy Batshuayi et Romelu Lukaku.

Même actuellement blessé, Thomas Vermaelen semble partant. Si la blessure de Vincent Kompany n’est pas trop grave, il y sera.

Koen Casteels est en pole par rapport à Matz Sels. C’est d’ailleurs le meilleur portier de Bundesliga (selon le quotidien allemand Kicker) qui est parti s’échauffer samedi soir lorsque Courtois se plaignait du poignet.

Dedryck Boyata a eu sa chance et, comme Laurent Ciman, semble avoir les faveurs du sélectionneur. Exit donc Christian Kabasele et Leander Dendoncker, tous deux absents de la feuille de match samedi soir. Toutefois, si Vince The Prince est out, l’Anderlechtois devrait être réintégré.

Nacer Chadli est un des hommes de confiance de Martinez. Il est, dans l’esprit du sélectionneur, le premier remplaçant pour occuper les ailes.

Le profil de Christian Benteke joue pour lui tandis que les jeunes loups Thorgan Hazard et Adnan Januzaj font parler leur fraîcheur.

Les cinq qui resteraient donc sur le carreau sont Sels, Kabasele, Dendoncker (ou Kompany), Jordan Lukaku et Youri Tielemans.

Les 23 probables :

Gardiens : Courtois, Mignolet et Casteels

Défenseurs centraux : Alderweireld, Kompany (ou Dendoncker), Vertonghen, Ciman, Boyata et Vermaelen

Ailiers : Meunier, Carrasco et Chadli

Milieux : Witsel, Fellaini, Dembélé et De Bruyne

Milieux offensifs : E. Hazard, T. Hazard, Januzaj et Mertens

Attaquants : Benteke, Lukaku et Batshuayi

Newsletter Diables Rouges

Recevez régulièrement des nouvelles de nos Diables Rouges !

OK