Les "Diables Rouges" sont nés contre les Pays-Bas

Pays-Bas - Belgique, c’est 111 ans d’histoire commune. Pour les deux Fédérations, c’est le match le plus souvent disputé. Et certains de ces matches furent de véritables tournants.

Comme le chien et le chat, le Belge et le Batave ne vivent jamais l’un sans l’autre. 125 duels en tout, record des deux Fédérations. Car depuis 1905 les deux pays se font chaque année un duel aller-retour, le fameux derby des plats pays. Match fondateur, dès la 2ème édition 1906, un journaliste invente le nom 'Diables Rouges'.

"Ce fut un match exceptionnel, remporté 5-0 par les Belges, explique Bruno Dubois, historien du foot belge et animateur de l’asbl Foot100, qui gère les archives de l’Union Belge. Le Rédacteur en chef de "La Vie Sportive" écrivit littéralement : "Les Hollandais partaient grands favoris, il n’en fallait pas plus pour donner un courage nouveau aux petits Diables Rouges". Et c’est la première fois que le terme apparaît. "

On jouera 108 derbys, assez partagés, 46 victoires bataves, 27 belges, mais des années noires 1934, 1936 et 1959 : défaites belges 9-3, 8-0 et 9-1.

Le derby a même son propre trophée, la "Kopere Dingetje", traduction : la petite chose en cuivre. Une Coupette que le vainqueur conserve un an.

"Cette coupe se trouve toujours quelque part dans une cave de l’Union Belge. Elle ressemblait un peu, mais en plus petit, à la fameuse Coupe aux grandes oreilles. Et comme elle était en bronze, elle pesait bien 5 à 10 kg !"

1968, c’est la fin du derby des plats pays, vu la concurrence des Coupes d’Europe, des nations et des clubs.

18 novembre 73 à Amsterdam, la Belgique est écartée de la Coupe du Monde sans avoir perdu le moindre match. Le but de Jan Verheyen (le père de Gert) est annulé. Sans ce hors jeu inexistant, la grande équipe de Cruyff, Rep et Neeskens ne fait pas rêver le Monde en Allemagne en 74. Mais cette défaite est fondatrice pour les petits Belges face aux arrogants Bataves.

Rotterdam 1985, le coup de boule de Georges Grün venge la génération Van Himst, maudit son opposant John Van Loen, le fameux réverbère, et surtout nous envoie au Mexique. Campagne mythique.

1994 au Mondial américain, Van Himst, devenu entraîneur, exulte avec Philippe Albert. Une frappe au poteau avec un Batave qui se trompe de pied et Michel Preud'homme qui fait le match de sa vie. Mais un arbitre véreux nommé Rothlisberger éliminera cette belle génération belge.

Mondial 98 en France, Lorenzo Staelens crache sur Kluivert, Bertrand Crasson tourne bourrique contre Overmars, Georges Leekens dresse sa muraille. Un triste 0-0. Un an plus tard, Robert Waseige, premier sélectionneur francophone depuis 50 ans, nous fait rêver : 5-5 à Rotterdam avec le duo Branko Strupar-Emile Mpenza.

La dernière rencontre du chien et du chat, c’est à l’été 2012 : Marc Wilmots gagne 4-2 et entame sa marche vers la première place mondiale, Louis Van Gaal rate son 1er rendez-vous mais au Brésil, c’est lui, le "Pélican", qui ira en demi-finale.

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Diables Rouges : les résumés