Les Diables ont-ils les moyens d'assumer leurs grandes ambitions ?

Génération dorée, joueurs ultra-talentueux, effectif rôdé et expérimenté. Les Diables Rouges ont tout en main pour réaliser une superbe Coupe du Monde en Russie. Pourtant, les doutes sont nombreux.

En 2014, après douze ans d’absence sur la grande scène internationale, la Belgique se révèle en atteignant les quarts de finale (défaite timide face au futur finaliste argentin). Les cadors prennent acte. Même s’il reste encore un cap à franchir, les Diables Rouges s’invitent à la table des grands.

Deux ans plus tard, avec un noyau encore plus riche, les Belges peuvent profiter d’un tableau archi-favorable mais déçoivent. La porte du dernier carré se ferme devant leur nez après un revers amer contre des Gallois moins talentueux mais bien plus solidaires. Une première chance s’envole, les observateurs déchantent.

Pourtant, à l’aube du Mondial russe, les attentes sont toujours immenses. Ambitieuse, sans doute plus que lors des deux précédentes compétitions, la Belgique continue de rêver.

Cette fois-ci encore, les Diables ont survolé sans forcer les éliminatoires. Cette fois-ci encore, ils se présentent sur la ligne de départ dans un rôle d’outsider. Un costume qui commence doucement à lui coller un peu trop à la peau.

Mais cette fois-ci, cela ressemble un peu à une dernière chance. Vincent Kompany, Thomas Vermaelen, Jan Vertonghen, Marouane Fellaini, Axel Witsel, Mousa Dembélé et Dries Mertens seront-ils tous encore là dans deux ans ? Certains ont déjà annoncé leur retraite internationale au lendemain de cette prochaine échéance russe.

La sélection 'noir, jaune, rouge' ne veut pas laisser passer l’occasion de réaliser de grandes choses avec cette génération. Les Diables Rouges visent les sommets. Mais ont-ils réellement les moyens d’assumer leurs grandes ambitions ? Présentation.

1/ Le système préférentiel

Le 3-4-2-1 ou le système 'Martinez'

A son arrivée après l’échec de l’Euro 2016, Roberto Martinez veut rapidement se démarquer de son prédécesseur. Marc Wilmots n’avait qu’un seul et unique plan de jeu ? Lui prône donc la flexibilité tactique. Une idée alléchante.

Dès son deuxième match à la tête des Diables, le premier des qualifications pour le Mondial 2018, le coach catalan aligne un trio défensif et teste un 3-4-2-1 qui semble répondre aux déficits de vrais défenseurs latéraux belges. Chypre est balayée, les observateurs savourent.

Au match suivant, Martinez rétablit une défense à 4 mais est contraint de revenir à son système précédent à la suite de la sortie sur blessure de Jordan Lukaku. C’est un déclic. Malmenés par les Bosniens pendant 20 minutes, les Diables jouent plus haut et renversent leurs adversaires. Le 3-4-2-1 ne bougera (quasiment) plus. Adieu la flexibilité tactique.

Certes, le système 'Martinez' est idéal lorsque l’Espagnol peut compter sur tous ses meilleurs éléments. Mais les blessures (Kompany, Vermaelen, Toby Alderweireld, …), les méformes (Fellaini, Mertens, …) et les choix de carrière douteux (Witsel et Yannick Carrasco) sont trop fréquents. L’ancien manager d’Everton n’en démord cependant pas : c’est avec ses cadres qu’il veut avancer.

Les tests sont quasi-inexistants, les remplaçants rongent leur frein.

Ce 3-4-2-1 correspond bien aux qualités du onze de base du sélectionneur. La Belgique a quatre défenseurs centraux (Kompany, Vermaelen, Vertonghen et Alderweireld) de très haut niveau ? Il en aligne trois. La Belgique se cherche de réels latéraux ? Il fait confiance à deux ailiers offensifs (Carrasco et Thomas Meunier) qui ont du coffre. La Belgique possède d’incroyables créateurs (Kevin De Bruyne, Eden Hazard et Mertens) ? Il les met dans les meilleures dispositions.

Seul petit point noir de ce système, le rôle de milieu défensif. Dans son duo devant la défense, Martinez manque d’une vraie sentinelle. D’un arracheur de ballons. Comme son prédécesseur, il donne donc ce rôle à un Witsel discipliné mais dont le jeu latéral ralentit considérablement les reconversions offensives.

2/ Le point-fort

Une colonne vertébrale de classe mondiale

Thibaut Courtois, Toby Alderweireld, Vincent Kompany, Jan Vertonghen, Kevin De Bruyne, Eden Hazard et Romelu Lukaku font tous partie des meilleurs joueurs de la planète à leurs positions respectives.

Ces sept éléments-là sont les piliers de la sélection belge. Ils se connaissent parfaitement. Ils étaient déjà tous présents au Mondial 2014. Et seul Kompany a manqué (sur blessure évidemment) l’Euro 2016.

Leur expérience, leur talent et leur tempérament doivent conduire les Diables Rouges vers les sommets.

3/ Les joueurs-vedettes

Hazard-De Bruyne, un duo en or massif

L’un est considéré comme l’un des plus grands déstabilisateurs au monde, l’autre comme l’un des plus incroyables délivreurs de caviars. Eden Hazard et ses dribbles, Kevin De Bruyne et ses passes. Un duo qui fait frissonner tous les adversaires et qui fait pâlir d’envie tous les cadors.

Ils enchantent la Premier League et sont invariablement plébiscités par les observateurs pour leurs qualités phénoménales.

Mais les deux jeunes hommes doivent franchir un palier en équipe nationale.

Certes, Hazard assume désormais son rôle de capitaine en se montrant régulièrement décisif (7 buts et 6 assists lors de ses 13 rencontres sous Martinez). Mais on voudrait le voir encore plus "leader". Sentir qu’il est capable de littéralement porter cette équipe vers le haut.

Le problème de De Bruyne est plus complexe. Il évolue maintenant dans une position plus basse et ses statistiques s’en font légèrement ressentir (tout de même 1 but et 7 assists en 14 matches avec Martinez). Mais ce n’est pas vraiment le souci. Le joueur de Manchester City ne prend pas (encore ?) suffisamment les clés de l’entrejeu belge. Son influence est largement moindre en sélection qu’avec son club. Bien entendu, le dispositif et les automatismes ne sont pas les mêmes mais son intelligence doit rayonner avec les Diables.

La préparation a montré toute leur importance. Ce Mondial doit être le leur.

4/ Le parcours qualificatif pour le Mondial

Dans un groupe H assez faible, la Belgique n’a pas dû forcer son talent pour dominer la Grèce et la Bosnie-Herzégovine, ses principaux concurrents, et se qualifier tranquillement pour cette 21ème édition de la Coupe du Monde. Les Diables sont d’ailleurs les premiers européens à valider leur ticket pour la Russie dès septembre de l’année passée.

Avec neuf succès et un partage en dix journées, les protégés de Roberto Martinez n’ont jamais douté. Avec 43 buts inscrits et seulement 6 encaissés, les Diables ont fait parler leur potentiel offensif tout en affichant une grande solidité défensive.

A la lecture de ces chiffres, on serait en droit de croire que les Belges font partie des favoris à la veille du début du Mondial. Or, la sélection 'noir, jaune, rouge' ne joue toujours pas dans la cour des grands. Les Diables sont derrière la grille et cherchent l’entrée. Ils tournent autour.

S’ils la trouvent, ça peut faire mal. S’ils la trouvent…

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