Les Diables ne gagneront pas le Mondial, à moins que…

La grande majorité des observateurs s’accorde à dire que les Diables Rouges ne sont pas en mesure de remporter la prochaine Coupe du Monde 2018 en Russie. Si l’équipe nationale belge faisait réellement partie des favoris lors de l’Euro dernier, les analystes du ballon rond sont cette fois-ci formels : la Belgique ne gagnera pas le Mondial ! Et si, tout le monde se trompait ?

Jamais une petite nation n’a remporté la Coupe du Monde

L’Uruguay (1930 et 1950), l’Italie (1934, 1938, 1982 et 2006), l’Allemagne (1954, 1974 et 1990 sous la bannière de la RFA et 2014), le Brésil (1958, 1962, 1970, 1994 et 2002), l’Angleterre (1966), l’Argentine (1978 et 1986), la France (1998) et l’Espagne (2010) sont toutes (ou ont été à leur époque) des grandes puissances internationales footballistiques et sont les seules nations à avoir un jour soulevé le plus prestigieux trophée du monde du ballon rond. Alors, voir la Belgique championne du monde en 2018 semble tenir de l’illusoire. Toutefois, comme le dit l’adage : "Les statistiques sont faites pour être contredites."

Alors pourquoi pas ? Pourquoi pas enfin une surprise lors de la 21ème édition de la plus grande compétition internationale ? Il est temps que ça change ! Et après tout, l’espoir fait vivre, non ?

Les Diables Rouges sont trop fragiles défensivement

C’est l’argument que l’on entend partout. La défense des Diables est leur gros point faible. Seuls Jan Vertonghen et Toby Alderweireld tiennent la route. Les autres sont soit blessés soit loin du niveau international. Vincent Kompany et Thomas Vermaelen sont incapables d’enchaîner trois matches d’affilée et leur présence en Russie est loin d’être assurée. Et ce n’est pas avec Laurent Ciman, Dedryck Boyata, Christian Kabasele ou même encore Leander Dendoncker que les Diables vont rivaliser avec les cadors. D’accord. Mais…

 Et si Vince The Prince et Verminator sont (miraculeusement) au top de leur forme en juin prochain ? Et si Christian Kabasele, performant avec Watford, se révèle lors de son premier Mondial ? Et si Laurent Ciman achève sa carrière internationale en se montrant intraitable pour ses dernières sorties ?

Qui aurait imaginé voir Daniel Van Buyten, seulement 19 matches avec le Bayern Munich au compteur lors de la saison 2013-2014, à ce niveau-là à la Coupe du Monde au Brésil ? Qui aurait osé penser que Thomas Vermaelen, seulement 20 rencontres avec le FC Barcelone au compteur lors de la saison 2015-2016, serait à ce point impérial à l’Euro en France et que son absence (pour suspension) serait aussi préjudiciable pour les Diables en quarts de finale face au pays de Galles ?

Alors bien sûr, avec des "si", on met Paris en bouteille. Et bien, allons-y, mettons la ‘Ville Lumière’ au fond d’une cuve !

Roberto Martinez n’a ni les épaules ni l’expérience

C’est vrai, dans sa carrière d’entraîneur, Roberto Martinez n’a gagné que deux titres. Une League One (D3 anglaise) avec Swansea en 2007-2008 et une FA Cup avec Wigan en 2012-2013. De plus, le Mondial russe sera sa première compétition à la tête d’une sélection nationale. En termes d’expérience, on peut largement faire mieux. Et ce n’est pas sa carrière de joueur qui va améliorer le tableau.

C’est là que Martinez et l’Union belge sortent leur joker : Thierry Henry !

Arrivé à la surprise générale en tant qu’adjoint du Catalan, Henry se fait discret publiquement mais en coulisses, son incomparable expérience est un atout majeur pour Martinez et ses hommes. Le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France a tout connu dans sa carrière… surtout en Coupe du Monde. L’apothéose en 1998 (victoire finale), l’humiliation en 2002 (élimination dès la phase de groupes), la déception en 2006 (défaite en finale) et la honte en 2010 (l’improbable histoire du bus de Knysna). Henry constituera une sacrée référence pour les Diables en Russie.

Martinez pourra donc aisément laisser ce rôle psychologique à son T3 et se concentrer sur les éléments plus tactiques. Elle n’est pas belle la vie ?

Lukaku n’a pas l’envergure internationale

Indiscutable titulaire aux yeux de Roberto Martinez et de ses partenaires, Romelu Lukaku est inlassablement remis en cause par certains supporters et observateurs. Trop lourd, pas assez technique, trop maladroit, pas assez tranchant, trop prévisible, pas assez mobile. Les critiques sont dures et sévères.

A 24 ans - il en aura 25 au début du Mondial -, Big Rom est 'seulement' devenu le meilleur buteur de l’histoire des Diables Rouges avec 31 réalisations en 61 rencontres. Plus d'un but tous les deux matches. Excusez du peu.

L’ancien anderlechtois s’est imposé à Manchester United et a (enfin) convaincu José Mourinho, qui ne lui avait pas laissé sa chance à Chelsea. Depuis le début de saison, Lukaku a inscrit 14 pions en 25 matches toutes compétitions confondues avec les Red Devils. Ce n’est pas rien tout de même.

C’est vrai, la France a Antoine Griezmann, le Brésil a Gabriel Jesus, l’Argentine a Gonzalo Higuain, le Portugal a Cristiano Ronaldo, la Pologne a Robert Lewandowski, l’Espagne a Alvaro Morata, l’Angleterre a Harry Kane, la Colombie a Radamel Falcao, l’Uruguay a Luis Suarez, … Et bien, la Belgique, elle, a Romelu Lukaku et c’est déjà franchement pas mal !

De plus, n’oublions pas que l’Allemagne a remporté le trophée au Brésil en jouant sans réel attaquant de pointe. La Mannschaft se dirige d’ailleurs une nouvelle fois vers le Mondial sans n°9 de calibre international.

Alors, ne faisons pas la fine bouche, Big Rom a les épaules. N’en déplaise à certains.

Les remplaçants ne font pas le poids

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Cet adage convient parfaitement à la sélection de Roberto Martinez. Dès que l’un des éléments de base des Diables manque à l’appel, l’édifice vacille. Les remplaçants habituels n’ont pas le même niveau que les titulaires. Simon Mignolet n’est pas Thibaut Courtois. Personne ne peut rivaliser avec Jan Vertonghen, Toby Alderweireld et Vincent Kompany (s’il est en forme physique évidemment). En cas d’absence de Thomas Meunier et de Yannick Carrasco, seul Nacer Chadli peut (plus ou moins) faire l’affaire sur les flancs. Lorsqu’Eden Hazard et Kevin De Bruyne sont forfaits, personne n’est en mesure d’assumer le rôle de leader technique. Dries Mertens et sa vivacité n’ont pas d’équivalent. Et que dire des remplaçants de Romelu Lukaku ?

Le Brésil, la France, l’Espagne et l’Allemagne - qui a d’ailleurs remporté la Coupe des Confédérations en juillet dernier avec une sélection bis - possèdent une profondeur de banc exceptionnelle. De quoi rendre jaloux les Diables.

Mais une Coupe du Monde, c’est sept matches en un mois. Ce n’est pas la mer à boire. On peut tout de même aborder ce tournoi en imaginant que tous nos éléments incontournables soient capables d’enchaîner les rencontres. De plus, le tirage au sort nous offre une merveilleuse possibilité de se qualifier avant le troisième match de poule et de faire souffler les cadres lors du choc face à l’Angleterre.

Alors, arrêtons de partir vaincus !

Certes, on n’ira pas jusqu’à chanter "c’est gagné d’avance" comme Enzo Scifo en 1985 mais soyons optimiste… que diable !

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