"Les Diables mettent un point d'honneur à faire respecter leur rang"

Après deux journées en Ligue des Nations, la Belgique compte le maximum de points (6 sur 6). Si la victoire en Islande (0-3) en septembre dernier fut plutôt aisée, celle acquise contre la Suisse (2-1) à la maison a été nettement plus difficile à obtenir.

Quels sont les enseignements à tirer de cette rencontre face à la Nati, quel fut le ou les hommes du match ? Manu Jous et Pierre Deprez nous donnent leur avis.

"Face à un adversaire sérieux et de qualité, les Diables ont dû se retrousser les manches en 2e mi-temps pour passer à la vitesse supérieure. Ce changement d’attitude, cette hausse de rythme est l’un des enseignements que je retiens, au même titre que cette mentalité qui leur a permis de se remettre en selle après l’égalisation suisse pour, à tout prix, aller décrocher la victoire", note Manu Jous.

Et de préciser : "Outre le classement du groupe de la Nations League (et la nécessité d’une victoire pour en prendre la tête), on sent que les Diables mettent aussi un point d’honneur à faire respecter leur rang."

Un avis partagé par Pierre Deprez : "A la pause d’ailleurs, ils se sont mutuellement "remontés les bretelles" parce qu’ils avaient conscience qu’il fallait donner plus et mieux. Le public aussi, montrait sa fierté et sa ferveur. Depuis cette historique 3è place en Russie, le Belgique a pris une autre dimension."

"Techniquement, notre équipe est capable de faire la différence face à des formations qui, comme la suisse hier, ont de la qualité, de l’organisation et de l’engagement, poursuit-il. Eden Hazard, Mertens, Lukaku, Meunier, Witsel et d’autres peuvent sortir des gestes, enchaînements, constructions et autres accélérations qui déroutent l’adversaire. On l’a vu sur le deuxième but. Enfin, pour le positif (en dehors des 3 points et de la tête du groupe), la fraîcheur physique et mentale dont les hommes de Roberto Martinez ont fait preuve pour reprendre l’ avance à la 84è est réjouissant et rassurant."

Cela dit, "Dans le "moins bien", je regrette les périodes durant lesquelles les Suisses ont pris possession du ballon et de notre camp. En deuxième période, plusieurs occasions franches auraient pu inverser le résultat. Sur le coup-franc (certes bien tiré) de Shaqiri, Lang se retrouve seul sur la ligne de but pour remiser de la tête vers un Gavranovic oublié lui aussi par les défenseurs centraux. Résultat : Egalisation. On regrettera aussi les 3 occasions galvaudées par Carrasco (à 0-0), Kompany et Lukaku (à 1-1), qui auraient mis les diables à l'abri plus tôt. Face à de plus grosses cylindrées, ou avec un Lukaku dans un moins bon jour, il n’y aura pas toujours une séance de rattrapage comme celle à la 84è."

Difficile de choisir un seul "Homme du match"

"Avec son nouveau doublé (45 buts désormais en équipe nationale !), Romelu Lukaku mérite évidemment son titre de "Devil of the match" mais, à titre personnel, je pointerais quand même la prestation de Thomas Meunier, impressionnant et déterminant. Le meilleur résumé de son match est probablement la séquence où, en l’espace de deux minutes, il se retrouve dans le rectangle adverse pour offrir l’assist à Lukaku, puis dans le sien pour sauver une situation chaude. Un match plein et engagé du Parisien, une nouvelle fois", analyse Manu Jous.

Pierre Deprez va dans le même sens : "Romelu Lukaku : 2 buts (ses 44è et 45è, incroyable !), une présence permanente, il a sans cesse pesé sur la défense suisse, souvent dos au but et en décrochage, il n’a quasi perdu aucun ballon, et lorsque cela arrivait, il était immédiatement en course et au " baston " pour le récupérer. Les "Lukaku ohé ohé" chantés par le public sont révélateurs, et ont fait chaud au cœur à celui qui se considère souvent mal-aimé des fans belges. Mais " Big Rom " a raté l’immanquable, à 1-1. Et si on veut pinailler, sur le 1er but, qui passe entre les jambes de Sommer, son ballon est mal placé."

Et en ce qui concerne son avis sur Thomas Meunier : "Thomas était partout sur le flanc droit. Comme d’habitude. C’est de là qu’il distille le ballon qui amène le but de la victoire. Mais c’est du point de pénalty, au sol, qu’il sert à lukaku le caviar du 1er but. Quelques interventions défensives dont il a le secret, aussi. Bémol: sur l’égalisation suisse consécutive au CF de Shaqiri, il abandonne trop tôt le marquage sur Lang, qui remise sur Gavranovic."

Mais finalement, "Comme homme du match Je choisis donc un joueur de l’ombre mais tellement efficace : Axel Witsel. Un sans faute. Omniprésent tant à la récupération qu’à la relance, à la base de plusieurs mouvements offensifs qui ont amené le danger dans le camp helvète. Physiquement impressionnant, toujours lucide et inspiré dans ses choix de passes ou de placement, il a, je crois, gagné tous ses duels. Patron du milieu de terrain, on peut penser que son début de saison à Dortmund lui permet d’encore progresser."

"Mais en réalité, aucun Diable n’a presté en-dessous de son niveau hier (j’ai beaucoup aimé aussi Axel Witsel et même, pour sa présence offensive en première mi-temps, Yannick Carrasco), insiste Manu Jous. Seul bémol : la nouvelle blessure de Thomas Vermaelen, impeccable jusque-là"

Et Pierre Deprez de conclure : "Vermaelen est blessé. Encore ! Avec Vertonghen à l’infirmerie jusqu’en janvier, les défenseurs gauchers se font (très) rares. En cas de rechute de Kompany, il faudra que Boyata, Kabasele, et Denayer prouvent qu’ils ont le niveau des demi-finalistes 2018."

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