Le cuisant échec suisse, une claque qui doit servir aux Diables

Après deux ans éblouissants sous l’ère Roberto Martinez, ponctuée par une Coupe du Monde 2018 historique et étincelante, les Diables Rouges sont lourdement retombés de leur petit nuage dimanche soir lors de la dernière journée de la phase de groupes de la première édition de la Nations League.

Sans évidemment remettre tout en cause - puisqu’énormément de choses ont fonctionné depuis la prise de pouvoir du Catalan (nouvelle tactique, libération des joueurs offensifs, culture de la gagne, …) -, quels sont les enseignements que peut tirer la sélection 'noir, jaune, rouge' de ce revers ? Comment cette défaite, la troisième seulement de l’ère Martinez, peut-elle servir à l’avenir ?

Où sont les leaders de vestiaires ?

Thibaut Courtois (70 capes), Vincent Kompany (87 capes), Toby Alderweireld (88 capes), Axel Witsel (101 capes), Thomas Meunier (36 capes), Eden Hazard (98 capes) et Dries Mertens (81 capes) étaient tous présents sur le terrain à Lucerne. Pourtant aucun de ces joueurs expérimentés n’a secoué ses partenaires lorsque la situation a semblé complètement échapper aux hommes de Roberto Martinez. Se pose dès lors une question : qui tape du poing sur la table chez les Diables quand quelque chose ne tourne pas rond ?

Certes, Jan Vertonghen (110 capes), Thomas Vermaelen (71 capes), Marouane Fellaini (87 capes), Kevin De Bruyne (68 capes) et Romelu Lukaku (79 capes) étaient absents dimanche soir mais, s’ils sont des leaders exemplaires sur le terrain, aucun de ceux-là n’est réellement un patron de vestiaire.

La sélection semble clairement manquer de caractère. Une donnée importante pour une nation qui veut assumer son rôle de n°1 mondial et qui a l’ambition annoncée de décrocher un trophée dans les années à venir.

Non, les absents n’ont pas toujours tort

Vertonghen et sa régularité, De Bruyne et sa vista, Fellaini et son tempérament, Lukaku et son sens du but : ces quatre-là ont cruellement manqué aux Diables à Lucerne. On pourrait même y ajouter l’expérience de Vermaelen.

Les remplaçants désignés de Sterke Jan (Dedryck Boyata), de KDB (Youri Tielemans) et de Big Rom (Michy Batshuayi) sont encore un peu tendres pour jouer un rôle déterminant lorsque la situation se complique.

L’impact de Big Mo aurait également fait du bien face à la furia de la Nati. Sa non-sélection, alors qu’il a disputé l’intégralité de l’intense derby mancunien il y a une semaine, peut s’avérer regrettable avec du recul.

'Eden Hazard-dépendance'

Étincelant depuis le Mondial russe et brillantissime avec Chelsea, Eden Hazard est LE facteur X des Diables Rouges. Le capitaine est celui qui déclenche quasiment toutes les actions belges, celui qui change le tempo et la physionomie d’une rencontre. Ses accélérations, ses dribbles, ses appels, ses courses, sa grinta et sa vista sont uniques. Sa prise de pouvoir au niveau technique est évidente depuis plusieurs mois. Ses partenaires se reposent de plus en plus sur lui. Avec raison. Mais, lorsque la fatigue pèse sur les jambes du Brainois, son rendement s’en fait sentir.

A domicile contre l’Islande et lors du dernier match face à la Suisse, le n°10 a connu un déchet assez rare. Dans ces cas-là, aucun de ses partenaires ne parvient à prendre son relais. Alors, il continue et force sans doute un peu. On ne peut pas complètement lui donner tort tant il est le seul à pouvoir faire basculer un match.

Cette 'Eden Hazard-dépendance' paraît assez logique mais ne doit cependant pas empêcher ses coéquipiers de prendre leurs responsabilités.

Des joueurs à la limite, un banc pas assez profond

Bien sûr, on notera les absences de trois titulaires indiscutables (Vertonghen, De Bruyne et Lukaku). Bien sûr on notera les bonnes prestations (en dehors du match en Suisse évidemment) de Tielemans, Boyata, Timothy Castagne et Adnan Januzaj. Bien sûr, on notera également l’efficacité de Batshuayi.

Mais la limite est vite atteinte. Les cinq 'jeunes' précités sont encore trop tendres pour s’installer dans le onze de Martinez. Seul Thorgan Hazard, unique Diable à avoir évité le naufrage à Lucerne, postule de manière crédible.

Aligné sur le flanc gauche contre l’Islande, le petit frère d’Eden a prouvé qu’il était indubitablement plus performant un cran plus haut. Il ne peut être qu’une solution temporaire aux errements défensifs de Nacer Chadli et de Yannick Carrasco.

Dans l’axe central, les options ne sont pas non plus légion pour pallier les trop nombreuses blessures. Boyata, Jason Denayer, Leander Dendoncker, Christian Kabasele et Brandon Mechele ne sont pas assez souverains.

Contre la Suisse, Martinez n’a fait que deux changements : Batshuayi pour Chadli à la 65ème minute et Divock Origi (de retour en sélection après un an d’absence) pour Meunier à la 90ème. Le manque de profondeur est donc criant !

L’Euro 2020, c’est déjà demain

Désormais, les Diables sont en "congé international" jusqu’au mois de mars prochain. Dans quatre mois, ils se retrouveront pour entamer les éliminatoires de l’Euro 2020 (tirage au sort le 2 décembre). Une échéance largement plus importante que ce premier Final Four manqué. Roberto Martinez va avoir le temps de la réflexion pour réagir.

Si cette lourde défaite ne bouleverse absolument pas toutes les certitudes nées de deux excellentes années de travail, elle doit servir de base pour poursuivre la progression entamée. Les joueurs et le sélectionneur en sont conscients, il est impératif de transformer positivement cet échec au plus vite.

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