"La priorité de Martinez n'était pas de faire des tests sur le terrain"

Roberto Martinez avec Eden Hazard
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Roberto Martinez avec Eden Hazard - © BRUNO FAHY - BELGA

Les Diables rouges ont pris le meilleur sur le Japon mardi soir pour leur dernier match de l’année 2017. Le succès 1-0, après le partage 3-3 contre le Mexique vendredi dernier, n’a pas été totalement emballant et certaines questions subsistent. Quels enseignements tirent nos spécialistes des affrontements face au Mexique et au Japon ?

"Le premier enseignement que je tire, c'est l'absence de clarté tactique. De Bruyne l’avait souligné contre le Mexique et c'était tout aussi flagrant face au Japon. Par moments, on ne savait si les Belges défendaient à 3 ou à 4. Kabasele et Meunier donnaient parfois l'impression d'être assis entre 2 chaises, entre la volonté d'y aller et celle de fermer le flanc. Le deuxième enseignement, c’est la Eden-dépendance. Il était bien face au Mexique et son absence contre le Japon a pesé lourd. Sans lui, il manque de tout à ces Diables : percussion, envie, dribbles, etc. C’est un vrai problème car je n'ose imaginer une blessure ou un coup de moins bien à la Coupe du monde. En clair, ces deux matches ont apporté davantage de doute que de clarté", précise Eby Brouzakis.

"En matière de bilan, je suis déçu car je m’attendais à assister à une multitude d’essais étant donné que Martinez souhaitait obtenir des réponses à ses questions. Au vu des deux rencontres : soit il n’avait pas beaucoup de questions, soit il a eu les réponses durant les entrainements... Par exemple, quelle est la meilleure solution s’il faut remplacer Witsel ? J’ignore toujours l’avis du sélectionneur sur ce point, même si j’ai personnellement bien aimé Dembélé contre le Mexique durant 45 minutes. Romelu Lukaku a certes battu un fabuleux record mais qui prendra sa place s’il se blesse ? On suppose, au vu des amicaux, que le coach fédéral optera pour Benteke ou Batshuayi. Origi a peu joué et Depoitre est resté sur le banc", avance d’abord Rodrigo Beenkens.

Et notre spécialiste de poursuivre : "Martinez a annoncé vouloir essayer Januzaj dans une position précise, on ne l’a pas vu. Il a effectué des changements durant les deux rencontres amicales mais je n’ai rien appris de neuf. Conclusion : la priorité de l’entraineur n’était pas de faire des tests sur le terrain, il souhaitait surtout ne pas perdre les deux matches. Il a tout fait, ou pas fait, dans ce sens-là. Je crois qu’il avait peur de perdre un des matches, il a préféré rester avec ses certitudes. On a vu pendant les deux rencontres qu’il nous manquait le pressing. On revient donc sur le débat qui concerne Nainggolan et Fellaini, deux éléments qui mettent cette pression sur l’adversaire. On ne doit pas jouer tous les matches avec les deux, même si la possibilité existe, mais, face à un gros adversaire, on ne peut pas se passer des deux."

"Martinez demeure un coach prudent sinon frileux qui n'effectue finalement que très peu d'essais dans un match amical. Une rencontre qui cependant ne semblait pas trop concerner les cadres de notre équipe nationale au vu de la prestation un peu nonchalante de certains. Pourquoi convoquer Januzaj et Depoitre pour ne pas les faire jouer une minute ? Et faire monter Defour et Jordan Lukaku en toute fin de match n'avait pas beaucoup de sens non plus... C'était pourtant la dernière réelle occasion de réaliser des tests grandeur nature. En mars, on sera déjà dans la préparation effective du Mondial…", complète lui Thierry Luthers.

Notre spécialiste revient aussi sur les cas Lukaku et De Bruyne. "Romelu Lukaku est critiqué par certains supporters, toujours les mêmes, mais il confirme ses talents exceptionnels de buteur. Même dans une rencontre où il passe relativement inaperçu, il parvient à entrer dans l'histoire du football belge avec ses 31 buts en exploitant un caviar de Chadli. Et, placé plus haut sur l'échiquier, au cœur du jeu, De Bruyne a confirmé que ses passes tranchantes en un temps pouvaient accélérer le jeu des Diables parfois trop empruntés et lents mardi soir à Bruges", détaille notre collègue.

Tous les regards se tourneront à présent vers Moscou, où le tirage au sort de la Coupe du monde se tiendra le 1er décembre. L'équipe nationale belge figurera, pour rappel, dans le prestigieux pot 1.

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