La Belgique peut-elle viser le titre mondial ? L'avis de nos experts

Eden Hazard
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Eden Hazard - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

La Belgique a battu des records lors de la phase qualificative pour la Coupe du Monde. Les Diables rouges ont réalisé un parcours exceptionnel de 28 points sur 30. Une première pour notre pays. Sur le plan de l'efficacité aussi, les Belges ont impressionné en inscrivant 43 buts en 10 rencontres. Seule l'Allemagne a fait aussi bien !

Alors, peut-on aujourd'hui croire en nos chances à la prochaine Coupe du Monde en Russie ? Les Diables peuvent-ils viser le titre mondial ? Nos experts donnent leur avis.

"L'équipe a grandi et mûri par rapport aux tournois précédents. Lukaku, par exemple, a beaucoup progressé et notre force de frappe offensive est réellement impressionnante. Mais cette campagne qualificative était définitivement en trompe l'œil, juge Thierry Luthers. Les "Diables" ont affolé les statistiques mais l'opposition n'était vraiment pas consistante. Martinez gardera-t-il le même système tactique contre des grosses pointures ? Pas sûr. Peut-être faudra-t-il expérimenter une autre formule lors des prochaines rencontres de préparation car cette défense à 3 n'est pas une garantie absolue."

Et de poursuivre : "Dans un tournoi, le tirage, la chance et les blessures font partie aussi de la réussite, ou non, d'un parcours. Ce sont des impondérables qu'on ne maîtrise pas. Mais, intrinsèquement et qualitativement, ce groupe doit pouvoir se hisser dans le dernier carré d'un Mondial. Cela doit être notre objectif l'été prochain selon moi. Gagner le trophée me paraît en revanche être un peu utopique."

"J’aimerais y croire, mais je pense qu’une place dans le dernier carré serait déjà un super résultat. Et je crains que le train raté par les Diables à l’ Euro 2016 ne repasse pas en Russie 2018, déclare, pour sa part, Pierre Deprez. Malgré le talent, malgré les progrès sous Martinez, malgré la nouvelle mentalité observée en Bosnie, malgré les automatismes créés entre ces joueurs depuis plusieurs années, il y a des failles, petites ou grandes. La plus importante, c’est la double inconnue Kompany-Vermaelen dans cette défense à trois. Je crains que Vincent ne soit encore blessé d’ici le mois de juin ou sur place, et que Thomas ne retrouve jamais ni assez de temps de jeu ni ses jambes de 20 ans. Dans la foulée, le jeu défensif de Carrasco face à des ailiers de poids m’inquiète aussi. On l’a vu en Bosnie, lorsqu’en perte de balle Meunier redescendait au latéral droit et Vertonghen glissait au latéral gauche, la défense était plus sûre, et Carrasco plus disponible pour amorcer les contres et se montrer particulièrement dangereux devant."

Et d'ajouter : "Autre inquiétude : en cas d’indisponibilité de Thomas Meunier, devenu incontournable sur le côté droit, il n’y a pas de véritable back-up capable d’effectuer ce boulot. Par contre, je pense qu’en Russie, la Belgique ira plus loin et nous offrira un plus beau visage qu’en France, pour plusieurs raisons : il y a un vrai fonds de jeu chez les Diables, Martinez a trouvé un système qui convient à ses joueurs ET qu’ils cautionnent. Dans ce système, De Bruyne, Hazard et Mertens, qui se marchaient sur les pieds ou étaient en concurrence, peuvent cohabiter et briller. Troisièmement, Lukaku a été institué et confirmé par Martinez comme N°1 en attaque, et le buteur de ManU s’en trouve meilleur. Le facteur déterminant pourrait être l’état d’esprit. Il est meilleur qu’avant, mais peut-être pas encore assez. Les Belges sont plus déterminés, plus soudés, plus confiants, mais il faudra aussi être CONVAINCUS qu’ils peuvent aller au bout".

Manu Jous est plus catégorique : "Ma réponse est claire : non. Même s’il est extrêmement hasardeux de spéculer sur quoi que ce soit avant le tirage au sort du 1er décembre (sans parler des blessures qui peuvent survenir avant ou pendant le tournoi), je ne pense pas qu’il soit réaliste de parler de titre mondial. Offensivement, nous sommes plus forts et plus riches que jamais. Le système Martinez a enfin permis de trouver la clé contre des défenses renforcées, ce qui était un problème sous Wilmots. Même face à des oppositions regroupées, nous parvenons maintenant à émerger facilement et empiler les buts. Le problème est qu’à la coupe du monde, ce ne seront pas Chypre, l’Estonie ou Gibraltar en face. Et que nous manquons toujours de références face aux grandes nations. Aucune des défenses alignées dans cette campagne n’a dégagé une pleine assurance. Martinez a souvent fait confiance à Vermaelen, dont le manque de temps de jeu est un problème. L’état physique de Kompany est, par définition, imprévisible. Et aucune autre association défensive n’a rassuré. Or, sans une assise stable, difficile de tirer des plans sur la comète."

Les 5 conditions pour espérer décrocher le "graal"...

"En additionnant toutes ses qualités individuelles, la Belgique n’a rien à envier à personne, confie Rodrigo Beenkens. Cette équipe a la meilleure puissance offensive de l’histoire du football belge (à confirmer toutefois contre de grandes équipes, pas de but contre l’Argentine et l’Italie en phases finales et contre l’Espagne en amical). En conservant le même état d’esprit que celui affiché lors des deux dernières rencontres...tout est possible. Mais à quelques conditions:
1. Stabiliser la défense, solutionner les erreurs de placement et une certaine fébrilité sur les phases arrêtées.
2. Trouver la bonne place et le bon rendement de Kevin De Bruyne. Sa meilleure place est dans l’axe, un peu plus en retrait, comme à City mais...alors il n’y a que 2 places pour De Bruyne, Witsel, Fellaini, Tielemans et Dembele... sans parler de Nainggolan !
3. Trouver une solution pour que Carrasco attaque plus souvent qu’il ne défende (comme en seconde mi-temps en Bosnie)
4. Gérer le cas Nainggolan.
5. Avoir un peu de chance
."

"Et pourquoi pas ?", conclut Vincent Langendries. Tellement de facteurs entrent en jeu. Bien sûr défensivement il faudra se montrer plus costaud et plus serein pour toucher le Graal. Mais pour réaliser un parcours parfait en Coupe du Monde, il ne faut douter de rien et développer un esprit de combattant. Et j’ai l’impression qu’en ce mois d’octobre les Diables ont franchi un cap dans cette voie. Alors oui…rêvons un peu que diable !"

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