L'édito endiablé de Vincent Langendries: "Ils l'ont fait b... !"

Ce cri du cœur de Philippe Albert on l’a entendu, on en a ri. "Je l’ai dit b...je l’ai dit". Et là... Philippe...je tiens ton prochain t-shirt : "Ils l’ont fait! Oui ils l’ont fait!"

En arrivant au stade de la Kazan Arena, 8 heures avant le match, j’ai eu quelques flashes et quelques signes d’un possible exploit. J’ai croisé Félix, un jeune de Kazan, qui en nous voyant nous a dit "belgia 2/0"...la Belgique va gagner. Bien vu Félix. Puis un membre du staff Fifa présent à Kazan depuis un mois...me fait remarquer que cette pelouse (conçue par une firme belge) a déjà, dans ce mondial, vu tomber l’Allemagne en phase de poule et l’Argentine en 1/8e. Deux pays représentants, excusez du peu, 6 titres mondiaux. Pourquoi pas un 3ème monstre sacré ? 

Alors oui en arrivant au stade j’étais confiant. Pour une fois, moi le pessimiste, j’avais un sentiment de calme et de sérénité. D’autant qu’aucun Brésilien croisé (et ils étaient nombreux) ne semble se méfier de nous. Quoi ? Rentrer à Rio de Janeiro ce soir.. tu déconnes ou quoi.

Dites moi que je rêve !

Comme d’habitude je regarde le match au bord du terrain, derrière le but de Thibaut en 1e mi temps. Ah...cette 1e mi-temps de génie. Mince quel coup tactique ! Quoi ? Lukaku à droite, Kevin dans l’axe bien plus haut, Eden à gauche. Les flancs brésiliens sont déboussolés. Et Fellaini ratisse tel un jardinier qui déracine toutes les mauvaises herbes. Marouane, notre désherbant brésilien. 

Premier but : coup de coin de Nacer ... oui Vince premier poteau. Déviation. Ça me propulse déjà hors de moi. Hors de tout. Hors du temps. Le Brésil a un genou au sol alors qu’il nous a déjà bien enquiquiné. 

32e : Lukaku arrache le sol, fonce tête baissée ou plutôt tête en l’air, regard haut vers ce Brésil ahuri par tant d’insolence belge. Allez Vas-y Rom... dribble, passe... Kevin arme son coup de canon...et fait vaciller la Selecao. 

Pincez moi, on rêve là ? Chérie tu peux me réveiller...? Je ronflais ou quoi? 

Non personne pour me secouer, me réveiller. Ou plutôt si...Ruben mon compère de route de la VRT... on se regarde presque perdus... on bondit dans les bras l’un de l’autre. La joie est immense. C’est presque trop beau. 

Waouw...quelle mi-temps. Marouane est un monstre de puissance, Thibaut une muraille, Romelu un roc, Eden un magicien, Kevin un marathonien, Thomas une arme " anti-Neymar ". Et les autres sont à la hauteur. Et que dire de Roberto qui vient de frapper avec son staff un fameux coup de jambon à nos certitudes de tactico-tacticien. 

Souffrir c’est beau !

Évidemment j’ai souffert comme chaque Belge. Comme chaque diable. C’est comme si je courais avec Eden, comme si je taclais avec Jan, comme si je me détendais avec Thibaut. En fait, du coup j’ai mal partout. Je suis un Diable. Je fais corps. Nous faisons corps. Nous...notre nation, petite mais vaillante. Face à la marée jaune qui déferle dans ces minutes interminables. Les secondes sont des heures. Et ça revient encore. Et le VAR qui nous fait suer...

Neymar...Coutinho...ahhhhrrrrrr...93e Thibaut tu es grand, géant, tes gants sont des toiles. Courtois we love you !! 

Ça y est c’est fini !

Coup de sifflet final. Tête entre les mains je mets quelques instants à comprendre. Je mettrai quelques minutes à réaliser. Les poils se dressent. Images de bonheur sans concession. Romelu prosterné puis enlaçant Martinez comme un enfant enlace son père. La joie est à la hauteur de l’immense exploit que les Diables viennent d’accomplir. 

Les interviews se succèdent avec chaque fois des yeux qui brillent, des mains qui claquent, presque des accolades de frères. Frères d’armes car on est tous dans le même bateau. Celui qui navigue vers Moscou. Port d’attache de cette finale de coupe du monde. Qui petit à petit nous tend les bras. Ben oui pourquoi pas ? Depuis des mois j’ai dit à mes enfants que je reviendrais de Russie avec la coupe. J’y crois plus que jamais. Y croire c’est déjà ça non ? 

La Belgique est grande. La Belgique est belle. La Belgique fait la fête. Loin d’ici. Loin de nous. Mais si proche de nos cœurs emballés. 

Allez on reprend l’avion. Billet vers Bruxelles annulé. Direction Saint Petersbourg. La Brabançonne face à La Marseillaise. Belges de tous bords... formons nos bataillons...

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