L'édito de Vincent Langendries : "La fin d'un rêve"

J’en ai rêvé. Je l’ai même dit partout depuis des mois. On allait être champion du monde. Ah ça oui...ils ont bien ri... mes amis, mes collègues, mes confrères qui m’interrogeaient là-dessus, ma femme, mes enfants, ..."Et alors y vont aller jusqu’où les Diables ?". Ben ils vont ramener le trophée disais-je. Pffff... allez sérieux ! 

Ben oui ok ... je me suis planté mais avouez que vous y avez finalement cru aussi ces derniers jours. Alors depuis hier je râle. Mais je râle sec. Car (punaise ... oui on peut dire punaise) on n'est pas passé loin. 

Sentiment bizarre

C’est quand même fou ce sport. Autant on aime être surpris autant ce qui s’est passé dans la "Zenit Arena" était finalement prévisible. Un match tactique, serré et une équipe cynique face à une autre plus joueuse. J’étais pourtant anormalement optimiste. Sans doute trop ! Le début de match me rassure. On est là. Présent. À l’image de Eden qui, en patron, prend les choses en main. Une frappe, une deuxième... un arrêt de Lloris de classe mondiale sur Alderweireld. Ouille, là tu te dis que ça peut être un vilain tournant. De fait. Ça le sera. 

En face, il y a une organisation, une équipe qui t’attend au tournant et qui te fait tourner ... la tête quand Mbappé prend son pied. La vache ... fameux gamin celui-là. 19 ans et un culot monstre qui colle à la tronche des grands. Grand comme son avenir. 

0/0 au repos. Je ne le devine pas encore tout à fait mais le Diable a laissé passer sa chance de paradis. 

Umtiti, un mauvais diable sorti de sa boîte

Début de deuxième mi-temps Coup de coin. Premier poteau. Bim ! Un foutu détail. Umtiti passe par le chas de l’aiguille. Marouane est en retard. Alderweireld l’avait perdu au marquage. Bardaf, c’est l’embardée. Le scénario maudit. Comme une foutue série où le héros meurt avant la fin et que tu ne comprends rien. Moi non plus je n’ai rien compris. Sauf que la France allait bétonner. S’arracher comme une meute de loups bouffant le moindre mollet qui passe. 

Tristesse 

Ruben (mon collègue VRT) et moi du bord de terrain on encaisse sans un mot. Un peu KO ! Car c’est presque trop évident. Quelques Diables ne sont pas au niveau affiché contre le Brésil. Manque de jus, manque de place dans cette défense bleue irrespirable, étouffant nos envies de liesse. Varane est grand, Lloris au rendez-vous. Eden se démène mais comme un capitaine dont le navire a perdu un de ses moteurs. Bâbord, tribord ça n’avance plus. Et pas de vent pour souffler dans les voiles de nos espoirs. La France est cynique, froide, sans goût mais c’est elle qui verra Le Luzhniki. 

Pardon ma chérie 

C’est fini. Coup de sifflet. Les voisins hexagonaux sont heureux. Tant mieux pour eux. On a séduit le monde dans ce tournoi, c’est bien ! Mais on s’était mis à croire à tellement mieux. Alors ici je voudrais dire pardon. Au nom du Diable. Pardon à ma chérie, à ma diablesse, de lui avoir promis de ramener le 15 juillet un magnifique cadeau d’anniversaire. Pardon d’avoir failli. Faudra trouver un autre cadeau. 

Des fleurs ce sera bien. Et aussi une belle médaille de bronze. Car c’est sûr je ne reviens pas de Saint-Pétersbourg samedi prochain sans une récompense. Après tout Thibaut, Romelu, Kevin,Thomas, Eden et les autres méritent de terminer cette épopée russe en beauté. Mon équipe à moi aussi mérite un trophée. Celui de la collectivité (RTBF/VRT) à votre service, vous le formidable public fidèle à nos rendez-vous (merci Michali, Jérôme, Thierry, Cédric, François, Jochen, Bart, Damien, Eby, Manu, Thomas, Julien, Fred, Olivier, Joep, Dmytro, Maxime, Pierre, Edouard, Cédric, Kevin, Wouter, Michael, Bart, Tom, Eddy, David et bien sûr Ruben). L’union a fait notre force. 

Alors on se voit une dernière fois samedi pour fêter ça. Au nom du Diable ! 

Spasiba. 

 

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