Jérémy Doku, le joker belge, "un joueur rare qui fait la différence sur les 3 premiers mètres"

Jérémy Doku a gagné des points auprès de Roberto Martinez lors du match contre la Biélorussie mardi. Grâce à son profil atypique et supersonique, il a dynamité l'attaque et pourfendu la défense et ses adversaires. Il a donc été logiquement l'un des grands animateurs de la rencontre et du succès des Diables Rouges. De nombreuses accélérations payantes, des efforts dans les replis défensifs et une tenue de balle au dessus de la moyenne ont permis au bloc belge de remonter aisément le terrain et de faire mal à l'adversaire.

L'ailier Rennais était finalement très inspiré au King Power de Louvain pour le troisième match et dernier match de l'équipe nationale en six jours. Avec un but et deux passes décisives, il a confirmé son statut de joker pour le prochain Euro qui se déroule cet été. Il retourne en France, et plus particulièrement à Rennes, en Bretagne, avec le sentiment du devoir accompli.

Explosif et dribbleur

Ronald Kabeya est l'entraineur personnel de Jérémy Doku depuis à peu près un an. Selon lui, avec le jeune ailier belge "tout se passe sur les dix premiers mètres". "On travaille beaucoup le bas du corps. Grâce à son explosivité, il peut changer de direction à tout moment et laisser sur place le défenseur adverse"

Pour Mohamed Ouahbi, son ancien entraineur chez les U17 du RSC Anderlecht, il est même capable de faire la différence "sur les trois premiers mètres". "Il a tendance à ralentir, pratiquement à arrêter le ballon et donc repartir totalement à l'arrêt pour mieux surprendre son adversaire direct. En plus, c'est une qualité de plus en plus rare dans le football moderne, ce qui lui donne un avantage sur les autres attaquants mais aussi sur les défenseurs".

L'actuel entraineur des U18, toujours chez les Mauves, se rappellent au bon souvenir de l'ailier : "Lors d'un match de play-off à Bruges, il rate ses 2 premiers face à face contre le gardien adverse en première mi-temps, il tire une fois sur lui et l'autre à côté. A la mi-temps, je lui dis donc qu'on est là pour gagner le titre et qu'on veut participer à la Youth League (la Ligue des Champions pour les équipes juniors des clubs) l'année suivante. Je lui demande alors 'c'est quoi ta qualité première ?' Il me répond les dribbles. Je lui dis alors, fais moi plaisir, quand tu te retrouves devant le gardien, dribble le alors ! En deuxième mi-temps, il se retrouve de nouveau face au gardien, et cette fois-ci, il le dribble et il marque derrière".

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Jérémy Doku célèbre son but lors du match Belgique-Biélorussie (8-0) à Louvain comptant pour les Eliminatoires de la Coupe du Monde 2022 au Qatar © BELGA, YORICK JANSENS

Humble et travailleur

Humilité et travail sont les mots d'ordre qui caractérisent Jérémy Doku. "A 18 ans, sa marge de progression n'est pas encore terminée et il lui reste quelques détails à peaufiner. Il est dans la continuité de son époque Anderlechtoise et il continue de progresser. Le but qu'il met mardi quand il part de la gauche et qu'il plonge dans le dos de la défense en piquant vers l'axe, ce sont toutes des choses qu'il ne faisait pas chez les jeunes. Même si son jeu face au but s'est nettement amélioré, il manque encore d'efficacité dans le dernier geste" ajoute, à son sujet, Mohamed Ouahbi.

"Dans une équipe comme Rennes qui est en difficulté, il a un peu plus de mal à montrer ses qualités. Mais quand il est bien entouré avec une équipe qui tourne, il est à son avantage et son talent peut s'exprimer. Il ne faut pas oublier, non plus, qu'il est un des meilleurs dribbleurs de la Ligue 1 actuellement. Il est devant des joueurs comme Neymar Jr et Kylian Mbappé et pourtant il ne s'estime pas du tout meilleur qu'eux. On ne sait pas jusqu'où il va aller, s'il va gagner le ballon d'or un jour, mais je sais qu'il va vouloir être encore meilleur, c'est dans sa nature".

Enfin, toujours selon lui, "le prix de son transfert pèse encore sur ses épaules et les critiques en France sont un peu faciles. S'il y avait vraiment un problème Doku, je ne pense pas que Julien Stéphan avant et Bruno Génésio maintenant le feraient autant jouer. Prenez l'exemple des supporters Rennais. Il n'est pas critiqué par eux. Pourquoi ? Parce qu'ils regardent tous les matchs et qu'ils voient son implication dans l'équipe".

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Bruno Génésio et Jérémy Doku en pleine conversation lors du match Metz-Rennes (1-3) comptant pour la 30ème journée de Ligue 1 © PRESSE SPORTS, REAU ALEXIS
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