Il y a pile 50 ans, les Diables s'offraient le Salvador...et leur toute première victoire en coupe du monde

3 juin 1970, Mexico. Il y a pile 50 ans. Après seize ans d'absence, les Diables retrouvent enfin la saveur si unique d'une Coupe du monde. Versés dans un groupe jugé  abordable aux côtés de l'URSS, du Mexique et de Salvador, les hommes de Raymond Goethals ont un coup à jouer. Ils entament leur tournoi face à Salvador, parfaits novices à ce niveau-là. La proie idéale pour (enfin) décrocher leur toute première victoire en coupe du monde...quarante ans après leur première participation.

Devant 92.000 personnes et sous une chaleur asphyxiante, les Belges entrent le mieux dans leur rencontre. Probablement timorés pour leur baptême du feu, les Salvadoriens se content, eux, d'attendre dans leur moitié de terrain. Une attitude passive qui leur portera vite préjudice. Après moins d'un quart d'heure de jeu, on retrouve Wilfried Puis à la baguette. Il sollicite Wilfried Van Moer dans l'axe. Esseulé, le médian belge avance de quelques pas avant de déclencher une lourde frappe qui fuse et vient se loger dans le petit filet du gardien salvadorien. 1-0, le verrou adverse n'aura pas tenu longtemps.

D'autant plus que par la suite, le Salvador se montre toujours aussi inoffensif. La Belgique, elle, pousse mais ne marque pas. Il faut attendre la 54e minute et un centre au cordeau de Leon Semmeling côté droit pour que les Diables se mettent enfin à l'abri. Centre de la droite donc, un Paul Van Himst qui passe à côté du cuir et l'inévitable Van Moer qui est à la bonne place au bon moment et concrétise l'offrande. 2-0 et un doublé plein d'opportunisme du Liégeois. En fin de match, Raoul Lambert se charge alors de donner au score son allure finale sur pénalty. 1, 2 et 3-0 pour une Belgique libérée après cette toute première victoire en coupe du monde.

Sauf que l'embellie ne sera malheureusement que de courte durée. Les Diables ne parviennent pas à surfer sur leur convaincante vague salvadorienne et prennent une première claque face à l'URSS. (4-1). Dans la foulée, les Belges tendent l'autre joue face au Mexique, s'inclinant 1-0 sur un penalty litigieux. Rideau synonyme d'élimination. La qualification était pourtant à portée de main mais la mauvaise ambiance et les nombreuses tensions au sein du noyau auront sonné le glas des ambitions. "La Belgique s'ennuie et manque la qualification par sa propre faute" titrera d'ailleurs la presse après coup. Tout un symbole.