Fellaini, un guerrier attachant qui nous manquera

L’histoire de Marouane Fellaini s’écrit d’abord en Bruxelles, Charleroi et Liège. Christophe Dessy, tuyauté par diverses personnes sur ce phénomène précoce, va le visionner dans un match de jeunes avant de le faire venir du Sporting de Charleroi à Sclessin.  Le directeur de l’école des jeunes du Standard a fait une bonne pioche, comme on dit. A 16 ans et demi, le Belgo-Marocain avait déjà cette stature, ce jeu de tête impressionnant et ce volume de jeu qui allaient faire de lui ce joueur atypique que l’on connait et que les supporters belges devaient durablement apprécié.

 Ensuite, Johan Boskamp le lance en équipe première avec le Standard en coupe d’Europe à Bucarest puis le feuilleton devient une véritable success-story. En 2008, entre Jeux Olympiques et Champion’s league, Lucien d’Onofrio réussit un véritable coup de maître en le vendant 20,5 millions à Everton, tout en dribblant sur le fil de fin de " mercato " son agent Christophe Henrotay.

Avant de répondre favorablement aux convocations de l’entraîneur fédéral belge, Marouane et son papa, son guide permanent en coulisses, ont hésité. Les "Lions de l’Atlas", eux aussi, lui faisaient les yeux doux et on connait l’importance des racines marocaines pour ces enfants de l’immigration…

Une fois le choix de la Belgique assumé, voilà les premiers pas de notre homme en équipe belge. Nous sommes en 2007 et c’est le règne de l’ineffable René Vandereycken et, avec ce coach, ce n’est pas la période la plus gaie de nos Diables Rouges, ni dans les résultats ni pour les médias…

D’ailleurs, les cinq premières rencontres de Marouane Fellaini se soldent par autant de matches sans victoire….La suite sera évidemment plus réjouissante. Avec ce profil  puissant de " box to box " avant la lettre, Marouane devient vite un élément incontournable en équipe nationale. On garde de lui, notamment, le souvenir lumineux de deux coups de tête rageurs et victorieux contre l’Algérie et face au  Japon 4 ans plus tard dans deux matchs  de Coupe du monde où les Belges étaient plutôt mal embarqués.

A l’aise sur le terrain, notre homme l’était moins devant les micros et les caméras. Un peu de timidité sans doute, de méfiance probablement. Et pourtant quand il s’arrêtait, cela en valait vraiment la peine. Je me souviens d’une zone d’interviews chaotique et improvisée dans l’improbable stade de Zenica où Fellaini, très remonté après une lourde défaite contre les Bosniens, avait mis en cause l’implication de certains de ses partenaires. Là, soudainement, on avait retrouvé devant notre micro le même guerrier que sur le terrain….

A 31 ans, Fellaini tire sa révérence en équipe nationale. En club, il a choisi de gagner encore plus d’argent en optant pour une fin de carrière en Chine. Et il renonce à des milliers de kilomètres en avion pour aller faire souvent banquette chez les " Diables ". Peut-on vraiment lui donner tort sur ce dernier aspect des choses ?

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