"Et si l'Euro..." : la liste des 23 Diables Rouges de la rédaction sportive. Episode 3 : les milieux de terrain

"Et si l'Euro..." : la liste des 23 Diables Rouges de la rédaction sportive. Episode 3 : les milieux de terrain
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Suite de notre série consacrée à la liste des 23 Diables Rouges qui aurait pu être retenus "Si l’Euro avait eu lieu cet été…". La cellule foot de la RTBF (avec son onze de base : Rodrigo Beenkens, Eby Brouzakis, Benjamin Deceuninck, Pierre Deprez, Hervé Gilbert, Manuel Jous, Vincent Langendries, Erik Libois, Thierry Luthers, Frank Peterkenne et Pascal Scime) se penche aujourd’hui sur le secteur médian, l’épine dorsale de l’équipe qui, depuis la Coupe du Monde, a dû composer avec deux retraites : celle de Dembélé et celle de Fellaini. Même si…

Dans ce secteur de jeu, le choix et le talent abondent. Dans le système de jeu de Roberto Martinez, deux hommes évoluent devant la défense et servent de courroie de transmission avec les flancs et les postes offensifs. Ces derniers mois, rien que pour ces places, Witsel, De Bruyne, Tielemans, Praet, Dendoncker, Vanaken, Dembélé ou Fellaini se sont relayés, sans même évoquer le cas de Nainggolan, définitivement balayé des écrans pour des raisons dont on ne connaîtra probablement jamais tous les contours…

Les 4 intouchables

Dans le milieu de terrain, 4 joueurs font figure d’intouchables aux yeux de notre cellule foot : Axel Witsel, Kevin De Bruyne, Youri Tielemans et Nacer Chadli ont tous recueilli 11 voix.

Les commentaires sont à l’avenant et reflètent le niveau que ces joueurs ont acquis ont fil des années. Benjamin Deceuninck : " Witsel était déjà incontournable avant ce qui est sans doute la saison la plus aboutie de sa carrière. Quant à De Bruyne, faut-il vraiment se justifier ? ". Hervé Gilbert : "Witsel est l’un des meilleurs du monde au 6, De Bruyne est l’homme de l’assist, l’oeil de faucon, un joyau brut ". Pour Vincent Langendries, Witsel est entré "dans une autre dimension". Et pour Manuel Jous : "Il n’existe quasiment pas de meilleur duo que Witsel-KDB, et Tielemans est plus qu’un remplaçant de luxe. C’est déjà une valeur sûre aux yeux de Martinez, c’est tout simplement le futur patron de l’équipe".

Pierre Deprez partage l’avis de son collègue au sujet de Tielemans : "même dans un creux de forme à Leicester, il est devenu une valeur sûre, polyvalent en 6 ou 8". Hervé Gilbert aussi : "c’est le futur chef d’orchestre !". Pour Benjamin Deceuninck : "sa fin de saison a été moins brillante mais Youri a toujours été bon avec les Diables".

Quant à Chadli, vu son retour sous les feux des projecteurs belges et le temps de jeu qu’il y a retrouvé (même entrecoupé de blessures), il n’est pas illogique qu’il se retrouve aussi parmi ces "intouchables", d’autant plus qu’il restera à jamais "l’homme de Rostov". Vincent Langendries : "Cela peut paraître un choix bizarre mais le héros japonais est là. Contre lui, il y a désormais sa fragilité physique, mais une préparation ciblée fera toujours de lui un excellent remplaçant qui, en cas de coup dur, pourrait faire sauter un verrou (remember Japon)". Benjamin Deceuninck y va du même clin d’œil : "Chadli est le plus fiable avec Thorgan à gauche. Il arrivera frais aussi après un début d’année compliqué. Peut servir sur contre attaque à la 95e...". Pierre Deprez privilégie la polyvalence de Chadli sur l’autre flanc, le droit, pendant que Manuel Jous précise : "Il a tout pour lui. Une polyvalence extrême, tant sur les flancs que dans l’axe, un sens du but aiguisé, une présence physique bien utile au milieu de certains de nos petits formats, et enfin une mentalité exemplaire qui rendra toujours sa présence bénéfique à un esprit de groupe".

Avec ou sans Fellaini ?

C’est le cas le plus clivant de l’entrejeu. Son profil unique (au propre comme au figuré) font normalement de Marouane Fellaini un élément incontournable de l’équipe nationale. Si pas comme titulaire, du moins comme remplaçant. Quant Fellaini monte au jeu dans un contexte compromis, c’est l’assurance que tout va exploser, qu’il va nécessairement "se passer un truc" (cf le Japon en 2018, l’Algérie en 2014). Le problème est que Fellaini… a mis un terme à sa carrière internationale. Du coup, 5 de nos votants (Deceuninck, Deprez, Jous, Langendries, Scime) s’en passent à regret. Les 6 autres achèvent de le convaincre de revenir sur sa décision (comme Martinez l’aurait fait ?) et le reprennent. Rodrigo Beenkens précise : "Dans mes 23, je considère que je réussis à faire changer Fellaini d’avis et je le reprends. Si jamais il refuse, alors je remplace Fellaini par Benteke, car il faut garder du répondant au niveau du jeu de tête. Et seul Benteke peut proposer une alternative valable en la matière". Pour Eby Brouzakis : "Avec lui tu possèdes une double option car il peut dépanner devant en fin de match et aller placer un coup de tête rageur si besoin. S’il dit oui, il est partant certain au détriment alors de Dendoncker". Frank Peterkenne détaille : "Fellaini apporte un profil particulier et intéressant. Un profil plus marqué que celui de Vanaken. Avec Marouane, on peut même imaginer le mettre aux côtés de Witsel pour donner plus de liberté offensive à KDB".

Des flancs convaincants

Les flancs de nature défensive ont déjà été analysés dans le volet précédent de la série : Thomas Meunier et Timothy Castagne ont obtenu  l’aval de tous les votants. Idem, dans un rôle plus offensif, pour Nacer Chadli et Thorgan Hazard . Le petit frère d’Eden s’est définitivement fait un prénom dans le groupe. Benjamin Deceuninck s’enthousiasme : "il a mis tout le monde d’accord sur le flanc gauche. Peut aussi jouer plus haut. Précieux." Hervé Gilbert ajoute : "il a passé un cap fantastique à Dortmund ! Quel volume cette saison !".

Plus surprenant peut-être, Yannick Carrasco, se retrouve lui aussi plébiscité malgré les fréquentes réticences dont il fait l’objet en sélection : seuls Erik Libois et Thierry Luthers se passent de ses services dans leur liste des 23. Pascal Scime se met à la place du sélectionneur : "J’ai repris Carrasco car il m’a bien plu lorsque j’ai fait appel à lui". Pierre Deprez avoue quelques réserves : "Carrasco  n’est pas du tout mon premier choix, mais je me méfie de l’état de santé/forme de Chadli". Vincent Langendries y va plus franchement : "malgré son retour de Chine et son faible temps de jeu, Yannick est parfaitement fondu dans le groupe. Par ailleurs, l’épisode du penalty offert à Verschaeren a beaucoup plu (au niveau mentalité) à Martinez. J’ai dit ce soir-là que Carrasco venait de marquer beaucoup de points grâce à cela". Manuel Jous souligne aussi sa volonté de bien faire : "Carrasco s’est toujours montré franc par rapport à ses lacunes en terme de repositionnement défensif. Le fait de s’en rendre compte et d’accepter de travailler ce point est à souligner. Par rapport à ses débuts, Carrasco se montre aussi plus ouvert dans ses déclarations, et on a l’impression que sa parole le libère. Enfin, sur le terrain, Carrasco peut également être aligné avec succès dans un rôle plus offensif en soutien de l’attaquant. Je le reprends".

Dendoncker, l’autre polyvalent

Outre Chadli, il est un autre joueur dont la polyvalence peut constituer un atout au moment de coucher une liste de 23 : Leander Dendoncker. Tellement polyvalent que parmi les 7 votants qui ont repris l’ancien anderlechtois, 2 (Beenkens et Langendries) le voient avant tout comme un défenseur. Les autres, plutôt comme un médian. Mais le fait est que Dendoncker peut autant dépanner dans la ligne arrière que dans l’entrejeu. Il l’a déjà fait dans les deux rôles. De plus, comme Chadli, son gabarit peut s’avérer utile à l’équipe, et sa pratique assidue de la Premier League renforce son répondant physique. Pour Benjamin Deceuninck, Dendoncker "peut servir de doublure pour Witsel ou derrière si les anciens se fragilisent". Pour Vincent Langendries, qui a repris Dendoncker en défense : "c’est le choix le plus discutable mais je l’ai préféré pour sa polyvalence. Exit donc Denayer, qui a pourtant retrouvé des sensations à Lyon. Exit aussi Mechele ou Kabasele ou Cobbaut (qui n’a rien à faire là)". Pierre Deprez, à l’inverse, a finalement choisi de ne pas reprendre Dendoncker : "vu qu’il peut dépanner en défense centrale, il est utile, mais il ne me convainc pas toujours totalement, et si je le reprends, c’est au détriment de qui ?".

Et les autres ?

Parmi les autres médians cités, le double Soulier d’or belge Hans Vanaken peine à convaincre. Seuls 3 votants l’ont repris (Pierre Deprez ("il peut jouer en 8 et en 10, reste au top de sa forme et en grande confiance"), Vincent Langendries ("ce n’est pas mon préféré mais il reste indispensable pour l’équilibre des 23 dans ce secteur" et Pascal Scime ("au milieu, je reprends Vanaken pour faire l’appoint")).

Pierre Deprez est également le seul à reprendre Dennis Praet "qui va crescendo à Leicester", tandis que Thierry Luthers est le seul à se positionner en faveur de Leandro Trossard.

Beaucoup plus inattendu, Erik Libois repêche le Gantois Vadis Odjidja, qui n’a joué que 3 matchs en équipe nationale, dont le dernier face au Kazakhstan en octobre...2011 : "Vadis figure parmi les meilleurs joueurs de Pro-League, il est flexible tactiquement et polyvalent dans entrejeu vu l’animation gantoise. Il est également solide physiquement, dispose d’une expérience internationale, connaît la plupart des Diables, sait frapper de loin. Il a une personnalité et un sens du leadership. Une excellente mentalité collective ! ".

Détail des voix

Chadli 11

De Bruyne 11

T.Hazard 11

Tielemans 11

Witsel 11

Carrasco 9

Dendoncker 7

Fellaini 6

Vanaken 3

Odjidja 1

Praet 1

Trossard 1