Eden Hazard : un accueil galactique

"Vous ne vous imaginez pas ce que cela représente de jouer pour le Real", nous glisse un supporter écrasé dans l'interminable file d'attente. Nous sommes une heure avant l'ouverture des portes, et un véritable serpent humain, long de plusieurs dizaines de mètres, ceinture le périmètre complet de l'Estadio Santiago Bernabeu, mastodonte de 81.000 places dont Florentino Perez promet la rénovation prochaine.

Les présentations en grandes pompes sont devenues la marque de fabrique du Real, mais selon le calibre du joueur, l'heure varie. Pour Jovic mercredi, 13h suffisait. Pour Hazard, il fallait d'abord laisser au citoyen madrilène le temps d'achever sa journée de travail avant d'enfiler ensuite son costume de pélerin. Direction la cathédrale de Chamartin pour une grand messe jamais vécue depuis l'arrivée de Cristiano Ronaldo il y a 10 ans.

Combien étaient-ils finalement ? 50.000 ? Un peu plus ? Un peu moins ? On ne le saura pas avec certitude, mais qu'importe, tous sont venus clamer leur foi en un sauveur, un messie censé leur faire oublier la perte de CR7.

Après une saison plus que mitigée, tous semblent à nouveau croire en de lendemains enchanteurs. Chauffé à blanc, les socios chantent, crient, applaudissent, pavoisent même quand, pour les faire patienter, on leur propose les plus belles réalisations de Hazard sous le mailot de Lille, de Chelsea et des Diables Rouges. Chaque but diffusé sur l'écran géant du stade est célébré comme s'il venait d'être inscrit... La ola se propage avec de plus en plus d'enthousiasme, quand finalement survient l'Apparition.

Eden Hazard, en costume, intronisé en tribune d'honneur par l'éternel Florentino Perez. Puis Eden Hazard en maillot merengue pour ses premiers pas sur la pelouse madridista. Jongles parfaits, sourire en coin, clins d'oeil. Du Hazard pur jus. Le nom est floqué en lettres dorées, mais le numéro, lui, manque encore à l'appel...

Ce ne sera pas le 10, que Modric n'a pas souhaité lui donner. Pas le 7 non plus puisque il est déjà porté par Mariano Diaz. A moins qu'on ne demande au Dominicain de s'en séparer... Ou, mieux encore, qu'on ne le lui demande que dans quelques mois seulement. Car vu que les maillots d'Hazard vont se vendre comme des petits pains, autant prévoir deux salves distinctes et faire retentir autant de fois le tiroir-caisse...

Qu'importe, le numéro n'est qu'un thème de discussion parmi d'autres : Hazard peut-il prétendre au statut de "galactique" ? Jouer au Real l'aidera-t-il à conquérir le Ballon d'or ? Prendra-t-il en charge les penaltys que botte d'habitude (et presque aussi bien que lui) Sergio Ramos ? Les questions ne manquent pas et, au fil des semaines, elles abonderont à l'envi pour alimenter le café du commerce.

Eden Hazard entre dans une nouvelle peau, une nouvelle vie. A Madrid, ses moindres faits et gestes seront désormais scrutés, analysés, retournés, décortiqués. On ne doute pas que son expérience, sa bienveillance et son détachement lui permettront de résister à cette ultime forme de pression.

Mais ses épaules devront être larges, ses reins solides et sa tête bien accrochée. Le prix à payer pour accomplir le rêve de toute une vie.

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