Eden Hazard, l'âge d'or à 28 ans

Auteur d’une étincelante Coupe du Monde cet été en Russie et d’un début de saison tonitruant avec le Chelsea de Maurizio Sarri, Eden Hazard est sans aucun doute actuellement au sommet de son art. Ce lundi 7 janvier, le capitaine des Diables Rouges fête ses 28 ans. L’âge de la maturité footballistique. Son âge d’or.

Depuis ses premiers pas professionnels avec Lille en novembre 2007, à seulement 16 ans et 10 mois, le petit Brainois fait continuellement parler sa fougue, sa vitesse, ses dribbles, sa vista, sa grinta, sa spontanéité et surtout son insouciance et sa joie sur tous les terrains. De la Ligue 1 à la Premier League, de la France à l’Angleterre en passant évidemment par la Belgique, Hazard fait soulever les foules et tomber les adversaires. Du génie à l’état pur.

L’ascension au LOSC, la pression chez les Diables

Certes, tout n’a pas toujours été rose et le milieu offensif a dû se faire violence pour acquérir la mentalité requise pour le haut niveau. L’apprentissage ne se fait pas dans la douceur. Au vu de son immense talent, tout le monde veut vite le voir grandir… trop vite sans doute. Lui veut jouer pour le plaisir, uniquement. Au LOSC, on lui laisse le temps. Chez les Diables, en perdition depuis de nombreuses années, la pression est énorme. Il doit être celui qui redorera le blason. L’histoire du hamburger avalé en juin 2011 sur le parking du stade Roi Baudouin quelques instants après son remplacement lors d’un match de qualification pour l’Euro 2012 face à la Turquie devient une "affaire d’état". Son immaturité est pointée du doigt, sa légèreté irrite. Ses performances et ses statistiques (7 passes décisives, aucun but en 20 capes depuis ses débuts en novembre 2008) inquiètent.

Entre-temps, Eden se régale sur les pelouses de Ligue 1. Double 'Meilleur espoir' (2009 et 2010), double 'Meilleur joueur' (2011 et 2012), Hazard progresse, évolue et conduit les Dogues au titre de champion en mai 2011.

Le déclic et la traversée de la Manche

Ce premier titre, suivi quelques semaines plus tard par "l’affaire du hamburger" qui lui vaut un match de suspension, sera un déclic. Le Brainois veut (enfin) assumer son rôle de leader technique sous le maillot 'noir, jaune, rouge'. Son premier but avec les Diables tombe en octobre de la même année et sera le début d’une longue série.

Après une dernière saison à Lille ponctuée par 20 buts et 18 assists en Ligue 1 (meilleur passeur et 3ème meilleur buteur), son arrivée outre-Manche en juillet 2012 du côté de Londres est très attendue. Son ascension vers les sommets se poursuit. Son adaptation à Chelsea est immédiate. Le Belge conquiert directement les cœurs de supporters Blues.

Dans le même temps, sous la direction de Marc Wilmots, le n°10 se libère et devient le maître à jouer des Diables, le déclencheur. Là aussi, les fans l’adoptent définitivement.

La confirmation internationale et les sommets

Eden empile les titres avec les Blues. Europa League 2013 (absent de la finale en raison d’une blessure), Premier League 2015 et 2017, League Cup 2015 et FA Cup 2018. Il en profite aussi pour garnir son "palmarès individuel" avec le titre de meilleur joueur du prestigieux championnat anglais lors de la saison 2014-2015.

Et l’équipe nationale n’est pas en reste. Hazard joue juste et endosse le costume de "facteur X". Après douze ans d’absence en compétition internationale, la Belgique retrouve le Mondial au Brésil en 2014. En dépit de la frustration d’une élimination en quart face au finaliste argentin, ces talentueux Diables sont sur la bonne voie. L’Euro 2016 devient un objectif avoué et clamé… peut-être un peu trop haut et fort. Malgré un Eden Hazard désormais décisif (4 passes décisives et 1 but en 5 matches de compétition en France) et capitaine, les Belges, trop sûrs d’eux à l’image de leur sélectionneur, se manquent à l’approche des demies face au pays de Galles. Roberto Martinez débarque et donne une nouvelle dimension à son n°10.

La cohabitation avec le coach catalan est parfaite. Recentré, Hazard assume ses responsabilités et enchaîne les prestations de haut vol. En quinze rencontres disputées avant la Coupe du Monde russe, il inscrit 8 buts, délivre 7 assists et place les Diables dans la peau d’un réel prétendant au titre suprême. La suite, on la connaît : 7 rencontres, 6 victoires, 3 buts, 2 passes décisives, une seule défaite face au futur champion, une 3ème place archi-méritée et un titre de "meilleur joueur" de la compétition usurpé (d’accord le mot est un peu fort) par Luka Modric, finaliste malheureux.

"Je pense qu’on a vu le meilleur Eden Hazard dans ce Mondial. En Russie, j’étais vraiment au sommet" affirme le capitaine des Diables. Il n’y a plus qu’à y rester.

Le plaisir retrouvé après une saison difficile à Chelsea, Eden poursuit sur sa brillante lancée. L’arrivée de Sarri chez les Blues lui fait oublier son non-transfert au Real Madrid et lui offre une liberté totale. Le patron est de retour dans la maison bleue. Avec une efficacité déconcertante. Dix buts et 9 assists en 21 journées de Premier League. Tantôt en soutien à gauche, tantôt en pointe, Hazard s’amuse. Les défenses adverses moins… beaucoup moins.

La Champions League et l’avenir doré

A 28 ans, Eden Hazard tutoie donc les étoiles. Mais il lui reste encore quelques belles choses à réaliser s’il veut inscrire son nom dans l’histoire du ballon rond. Et on ne parle pas du Ballon d’Or, récompense devenue beaucoup trop individualiste. Eden Hazard est lui un élément du collectif. Les trophées passent avant les récompenses individuelles. Il est donc temps pour lui d’étaler son incroyable talent sur la plus grande et prestigieuse scène européenne : la Champions League. Véritable baromètre, avec la Coupe du Monde évidemment, des meilleurs joueurs de l’histoire.

Zinedine Zidane, son idole, déjà lauréat d’un Mondial (1998) et d’un Euro (2000), aura dû patienter jusqu’à l’aube de ses 30 ans pour enfin soulever la 'Coupe aux grandes oreilles'. C’était en 2002. Une reprise de volée du gauche immortelle. Un but légendaire… sous les couleurs du Real Madrid.

Un signe pour se parer prochainement de blanc ? Son avenir est entre ses pieds.

Une chose est certaine : son apogée n’est pas terminée !

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