Diables Rouges : un regard vers l'avenir

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A moins d’une cascade soudaine de blessures, d’une épidémie infectieuse (il paraît que c’est de saison), de paternités multiples et non concertées, ou encore d’une vague d’œdèmes du psoas (à vos dictionnaires), il paraît très peu probable que l’équipe de Diables Rouges alignée en ce 8 octobre 2020 contre la Côte d’Ivoire soit un jour reconduite in extenso.

On se gardera donc de tirer des conclusions hâtives et définitives d’un ensemble composé à 95% de joueurs "non-titulaires" (Timothy Castagne faisant, à moitié, exception à la règle…). Essentiellement des réservistes qui ne se dégageront pas facilement de ce statut (Mechele, Vanaken, Trossard, voire Origi) et des jeunes dont la destinée n’est pas, à court ou moyen terme, de débarquer massivement et collectivement dans le onze.

La prestation d’hier n’a certes pas soulevé les foules (7.000 personnes arrivées au compte-goutte – c’est le cas de le dire – dans une enceinte détrempée, où un seul "responsable de bulle" était chargé de l’approvisionnement en boissons…) mais la balayer d’un revers de la main sous prétexte que ce n’était pas "aussi bien que d’habitude" serait profondément injuste vu le contexte. Jusqu’à 4 minutes de la fin, on aurait même pu dire qu’une Belgique de laboratoire avait dompté un géant africain.

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Malheureusement, une faute évitable de Bornauw, qui semblait absolument vouloir ramener un bout de tissu de Zaha (une confusion avec sa presque homonyme ?), a provoqué une réécriture de la fin de l’histoire et brisé l’impressionnante série des 12 victoires consécutives. On nous serine depuis toujours qu’en amical, "le résultat ne compte pas", quel entraîneur au monde partage sincèrement ce poncif ?

Bref, aux aigris, on se permettra de rappeler que la Côte d’Ivoire alignait (le Brugeois Deli mis à part) sa plus belle équipe (avec Zaha, Pépé, Aurier ou encore Bailly) et que, même sans avoir joué depuis 11 mois (!), elle constituait une opposition de choix face à ces Diables de circonstance.

Des contours à affiner

Pour la première fois depuis qu’il est en poste (août 2016), Roberto Martinez a pris ce match pour ce qu’il était : une rare occasion de tester et d’anticiper. Le caractère officiel de la Nations League ayant pris le pas sur le reste, les véritables rencontres "amicales" se comptent désormais sur les doigts d’une main, et la convocation de 33 joueurs (record battu !) s’explique à l’aune de l’affrontement d’hier.

Parmi les néophytes, le sélectionneur a choisi d’offrir à deux hommes leur baptême du feu : Zinho Vanheusden et Alexis Saelemaekers ont saisi leur chance à pleines mains. Tous deux impliqués dans la confection du but belge (le premier au pré-assist, le second à l’assist), ils ont livré un match plein, chacun dans leur rôle. Le Standardman à droite du trio défensif, l’ex-Anderlechtois dans le couloir droit. Mais c’est dans ce regard tourné vers demain que les comparaisons s’arrêtent. Puisque si Saelemaekers pâtit, à son poste, d’une concurrence multiple et encore relativement jeune, l’urgence se manifeste davantage dans celui de Vanheusden.

On le répète depuis longtemps, avec la retraite de Kompany et celles à venir de Vermaelen et Vertonghen, c’est toute une ligne qu’il faudra rebâtir. Et pas dans cinq ans… Il ne faut donc plus traîner avant de tester de nouvelles solutions (Boyata et Denayer ayant déjà fait leurs preuves). Et pour sa première, on peut dire que Vanheusden a passé l’examen avec succès. Malgré quelques relances hésitantes en première mi-temps, Zinho a fait le boulot avec application, mesure et concentration.

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S’il continue de se montrer régulier avec le Standard… et l’équipe nationale espoirs (au sein de laquelle il est retourné pour le match de mardi en Moldavie), Vanheusden pourrait même peut-être déjà intégrer les 23 lors de l’Euro… Plus, sans doute, que Bornauw (qu’il serait sot de condamner sur sa faute), et plus que Mechele, dont la marge de progression est discutable…

Parmi les autres jeunes convoqués, Lukebakio attendra encore son tour, Kayembé a trop peu joué pour être jugé, Verschaeren remplit bien son rôle de joker. Quant à Doku, il s’est éteint au fil du match et il a peu régalé en "fulgurances offensives". En revanche, son gros travail de récupération en perte de balle n’a pas dû échapper à Martinez…

Les cadres peuvent dormir tranquille

A côté de la promesse incarnée par ces jeunes pousses, les nombreux "réservistes" convoqués pour affronter la Côte d’Ivoire n’ont pas fait trembler les murs. A l’exception de Leander Dendoncker, toujours solide et précieux, personne n’a réussi à se mettre en lumière. Vanaken et Trossard par à-coups seulement, trop peu pour menacer les véritables titulaires à leurs postes (Witsel, Tielemans, De Bruyne, Mertens, E.Hazard). Quant à Lukaku, il peut continuer d’observer la concurrence du haut de son piédestal : personne n’est en mesure de lui contester son poste. Michy Batshuayi reste, certes, d’une efficacité effarante (son 19e but en 31 matchs !) mais son manque de rythme (dû à son manque de temps de jeu en club) demeure un problème. L’intéressé l’a reconnu lui-même, idem pour l’habituellement indéchiffrable Martinez qui, ici, a fait la moue au moment d’évoquer la prestation de ses attaquants. Car ce qui vaut pour Batshuayi (avec le bonus, pour lui, d’être le meilleur finisseur de la bande) vaut bien davantage encore pour Benteke (bien trop statique) et pour Origi (toujours très élégant mais incapable de prendre le flanc Kossounou-Aurier de vitesse). Ces deux derniers ont (déjà) beaucoup de souci à se faire pour l’Euro s’ils ne parviennent pas à emmagasiner un minimum de temps de jeu cette saison…

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