Diables Rouges : plus de questions que de réponses ?

Diables Rouges : e qwè ?
Diables Rouges : e qwè ? - © Tous droits réservés

Les Diables Rouges en ont terminé avec leur triptyque d'octobre. Un match amical, et deux de Nations League. Une victoire, une défaite, un partage et un degré de motivation à géométrie variable. Le bilan est plutôt contrasté et pose davantage de questions qu'il n'apporte de réponses. 

Premiers. Tant au ranking FIFA qu'au classement de leur groupe 2 de la Ligue A de la Nations League… A lecture de ce constat, on pourrait penser que les Diables Rouges ont déroulé comme d'habitude. Or, dans aucun des trois matchs qu'ils viennent de livrer (à l'exception de leur très bonne première mi-temps en Angleterre), ce ne fut réellement le cas. Analyse ligne par ligne des forces et faiblesses des Diables version 2020-2021.

Thibaut Courtois et la recette des clean sheets

Le Covid (?), le psoas (?), les caprices du Real Madrid et une bonne dose d'opacité ont eu raison de la présence de Thibaut Courtois entre les perches belges. Pas seulement lors des matchs d'octobre, mais également de septembre. Simon Mignolet vient donc d'enchaîner 5 matchs comme portier de l'équipe nationale (même si, face à l'Islande, il avait remplacé Koen Casteels, blessé, en cours de partie). 5, et même 6 si l'on remonte au dernier match des qualifications pour l'Euro 2020 contre Chypre. Il faut remonter à ses débuts, en 2012, pour trouver trace d'une série plus longue : 10 matchs consécutifs à l'époque où le sélectionneur s'appelait Georges Leekens

Malheureusement pour lui, Mignolet n'aura pas réussi à semer un quelconque doute dans la tête du sélectionneur même si, sur ses dernières sorties, il n'a pas été verni. Moins d'interventions à effectuer que de ballons à repêcher, pour un gardien c'est le comble de la frustration. Le pénalty de Meunier, le but dévié par le pied d'Alderweireld, puis hier l'erreur d'attention de Carrasco… Mignolet n'a pas vraiment été aidé. Même si, à Reykjavik, il n'a pas toujours semblé très serein sur les ballons aériens non plus. Bref, le n°1 de Bruges reste bien le n°2 de la sélection. Et derrière lui, on a pu constater que le simple fait d'être gardien de but suffisait quasiment pour pouvoir être convoqué en équipe nationale (n'est-ce pas, Davy Roef ?). Qu'Arnaud Bodart ne désespère pas. Quand il en aura fini avec sa mission chez les Espoirs, il viendra titiller la hiérarchie et faire reculer certains prétendants de quelques rangs...

La certitude Boyata ?

La Belgique a encaissé lors de ses 4 dernières sorties, ce qui n'était plus arrivé depuis... 4 ans (entre novembre 2016 et juin 2017 avec un enchaînement Estonie-Grèce-Russie-République tchèque). Au total : 5 buts, pris contre l'Islande, la Côte d'Ivoire, l'Angleterre et à nouveau l'Islande. Faut-il pour autant pointer du doigt le trio central ? Sans doute pas. 

Des erreurs individuelles ont été commises (Bornauw contre la Côte d'Ivoire, Meunier en Angleterre, Carrasco en Islande) mais elles ne relèvent pas directement du trio défensif, même si l'expérience de Jan Vertonghen sera encore bien utile dans ce secteur, au moins jusqu'au prochain Euro !

Seul joueur de champ à avoir été aligné lors des 3 matchs d'octobre, Dedryck Boyata s'est sobrement acquitté de sa mission. Sans flamboyance mais avec assurance. A bientôt 30 ans, il a osé affirmer (et on le salue) que le temps était venu pour lui de s'installer durablement dans une défense désormais orpheline de Vincent Kompany. Ses titularisations répétées, au cœur du trio qui plus est, prouvent que Martinez partage le même sentiment et le considère sans doute comme son atout n°1, entre Vertonghen et Alderweireld (pour autant qu'ils soient disponibles). Les alternatives les plus crédibles se nomment Jason Denayer (l'un des plus rapides de la bande) et Zinho Vanheusden (convaincant pour sa première apparition). Brandon Mechele sert surtout à compléter la liste et Leander Dendoncker n'est plus considéré prioritairement comme un défenseur central, même s'il peut toujours dépanner...

Castagne gravit les échelons

Sur les flancs, les circonstances de ces dernières semaines ont naturellement restreint les options. Thorgan Hazard blessé, Nacer Chadli hors-forme. Il n'y avait plus que 3 candidats déclarés pour les deux postes. Thomas Meunier n'a pu masquer, lors de ses deux dernières sorties qu'il n'était pas dans la forme de sa vie. Martinez sait évidemment ce dont l'Ardennais est capable, et ne va pas le condamner uniquement sur base d'un penalty évitable commis sur Jordan Henderson ni sur des déclarations (franches et sincères) par rapport au business model de la Nations League. Mais il faudra que le joueur de Dortmund retrouve ses sensations s'il ne veut pas se faire dribbler par un Timothy Castagne qui monte en grade et s'affirme de plus en plus comme un titulaire en puissance au sein de l'équipe nationale. Avec Boyata et Doku, il est le seul joueur de champ à avoir pris part aux 3 matchs d'octobre. Avec force, enthousiasme et rayonnement.

Mais si Castagne doit émerger, rien ne dit non plus que Meunier doit s'effacer. La polyvalence du Fox lui permet en effet d'évoluer à gauche (comme hier en fin de match). Les vases ne sont donc pas communicants. Et dans ce cas-là, la victime désignée s'appelle Yannick Carrasco, à qui le système Martinez n'a jamais totalement convenu. Quand il évolue en soutien de l'attaquant, il n'a pas assez d'espace pour s'exprimer ou s'élancer (sans compter que, généralement, les places sont prises). Quand il doit, seul, occuper le flanc, il éprouve toujours ces sempiternels problèmes avec la "gestion de son dos". Bref, le meilleur Carrasco s'exprime dans un système à double occupation de flancs, quand il peut à la fois partir de loin et ne pas trop se soucier de son labeur défensif, mais on sait que cette formule n'est que rarement privilégiée par le sélectionneur…

Witsel et qui ?

Devant la défense, quand tout le monde est disponible, le duo titulaire est composé d'Axel Witsel et de Kevin De Buyne. Expérience, complémentarité, justesse, il n'y a pas photo. Avec Alderweireld et Denayer, Witsel est le seul joueur de champ à avoir disputé l'intégralité des 4 matchs de Nations League joués cette saison par les Diables Rouges. L'importance du deuxième joueur belge le plus capé de l'histoire (111 apparitions pour le Liégeois, 120 pour Vertonghen) n'est plus à démontrer. Et quand De Bruyne est absent ou appelé à évoluer un cran plus haut, l'associé le plus naturel de Witsel s'appelle Youri Tielemans, même s'il s'est montré plus brouillon que d'habitude au Laugardalsvöllur de Reykjavik...

Par son gabarit et son répondant physique, Leander Dendoncker peut constituer une option aussi. On est plus sceptique à propos de Hans Vanaken, plus timoré qu'à Bruges où tout le jeu tourne autour de lui. Ni face à la Côte d'Ivoire, ni lors de ses montées contre l'Islande en septembre, et en Islande hier, Vanaken n'a réussi à convaincre les observateurs qu'il devait nécessairement figurer dans les 23 pour l'Euro. Paradoxal pour un joueur dont le rayonnement national est absolument incontestable...

Irremplaçables

En attaque, la double absence d'Eden Hazard et de Dries Mertens n'est clairement pas passée inaperçue. Tout la créativité, toute la folie, tous les changements de rythme passent par leurs pieds et, quand ils manquent à l'appel, la Belgique redevient presque une équipe...banale. Malgré son aisance technique, Leandro Trossard n'arrive pas à leur cheville. Jérémy Doku n'a pas réussi à sortir de la grisaille d'octobre (il a pris part aux 3 matchs) et a semblé fatigué (émoussé par la hype de ces dernières semaines ?) et Divock Origi ne peut pas masquer son manque de rythme… Seul Yari Verschaeren a peut-être réussi à se montrer à cette position, mais toujours dans des fins de matchs… On l'attend maintenant sur des matchs complets. Finalement, le seul à pouvoir reprendre valablement le rôle semble s'appeler Adnan Januzaj. Mais il faut pour cela qu'il soit en pleine possession de ses moyens… et que Martinez le convoque, ce qui n'a pas été le cas cette fois-ci.

Lukaku, l'arbre qui cache la forêt

Un comportement exemplaire (couronné d'un brassard de capitaine qu'il n'avait jamais porté), un leadership assumé d'un bout à l'autre de la rencontre et...une efficacité fracassante (55 buts en 87 caps !), Romelu Lukaku est l'incontestable porte-drapeau de l'équipe actuelle. Plus les matchs passent, plus le gouffre se creuse entre l'Interiste et ses concurrents qui souffrent tous du même problème : le manque de temps de jeu en club. Michy Batshuayi parvient à l'estomper quelque peu par son incroyable rendement minutes prestées/buts inscrits. Quel que soit le contexte, il sera toujours précieux...en back up. On n'en dira pas autant de Divock Origi et de Christian Benteke dont les convocations ne sont actuellement justifiées que par le manque d'alternatives dans ce secteur particulier. 

L'ascenseur des Espoirs

A l'exception de Vanheusden (et de Verschaeren et Doku qui devront continuer de s'épanouir), les tests opérés par Martinez n'ont rien révélé d'immédiatement concluant. Alexis Saelemaekers a laissé entrevoir de belles dispositions que l'on connaissait déjà, mais à un poste où les options existantes sont nombreuses, Sebastiaan Bornauw n'a pas vraiment plaidé sa cause durant les quelques minutes prestées face à la Côte d'Ivoire. Quant à Dodi Lukebakio, on s'étonne qu'il soit le seul à n'avoir… pas reçu la moindre minute de jeu, alors que Martinez l'avait promis. Sans doute aura-t-il appris au contact d'un groupe qu'il aura côtoyé durant plus d'une semaine, mais il faudra nécessairement qu'il revienne.

Pour le reste, outre le cas spécifique d'Arnaud Bodart, déjà évoqué plus haut, on peut imaginer que Albert Sambi Lokonga, Charles De Ketelaere voire Mike Trésor Ndayishimye seront les prochains à venir grapiller un peu de temps de jeu chez les grands, pour voir ce que cela donne. Pourquoi pas contre la Suisse, le 11 novembre prochain, lors du seul match amical encore programmé en 2020. Ou du seul vrai match amical encore programmé, préciseront certains...

 

 

 

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK