Diables Rouges : Des sueurs, des frissons et des cadors

On savait que ce match allait être particulier, mais en entrant dans le Parken de Copenhague le ton est donné d’entrée. Un maillot géant frappé du numéro 10 et du nom d’Eriksen. Un hymne national danois à te faire frissonner sous les plus grosses chaleurs. Brrrr… qu’il fait " chaud " dans le cœur de ce Danemark encore hanté par la crise cardiaque de leur numéro 10. Qu’il fait bouillant ce jeudi soir. Dans cette première mi-temps catastrophique, Jason Denayer va faire monter la température de mille degrés en offrant le bâton pour se faire battre, pour nous battre. La "Danish Dynamite" n’en demande pas tant. Et si, avant le coup d’envoi, on se demandait qui allait être tétanisé par l’événement? On a eu très vite la réponse : nous ! 

Les Vikings à l'abordage

Le but de Poulsen agit comme une piqûre d’adrénaline. Chauffé à blanc, le public devient dingue à tel point que je n’entends plus Philippe Albert. Il est pourtant à 1,50m. Les coéquipiers de Christian, coincé sur son lit d’hôpital, rendent l’atmosphère irrespirable pour nos joueurs qui n’ont de Diables que le nom. Ça résonne tellement fort dans cette enceinte transformée en drakkar viking. Les mecs… sont à l’abordage. Marées rouges, sabres entre les dents, ils nous découpent en rondelles. Ils nous marchent dessus. Et ça tangue sur la barquette belge. Où est le capitaine du navire? Il est resté au port. Heureusement le matelot Courtois nous empêche de couler. Thibaut qui vide, seau après seau, notre embarcation percée de toutes parts, …mais l’eau monte et monte encore. 

La défense est débordée à bâbord. A tribord. Le milieu n’existe plus. On se regarde avec Philippe. C’est la débandade. Mais le viking pense nous terrifier. Il oublie une chose : nous achever. On se le dit…notre chance, paradoxalement, c’est le score. Ce n’est que 0-1.

La révolte

Dans le vestiaire on imagine les diables groggys. Alors Martinez leur dit...sans feu, sans flamme, dans un tel match cela ne peut pas marcher. Mais qui pour allumer la mèche ? Martinez n’hésite pas. De Bruyne est notre homme. Notre Christophe Colomb. Sur cette terre inconnue d’une mi-temps jamais vue, le meilleur joueur d’Angleterre prend sa boussole et retrouve le nord. Allez hop, ni une ni deux, Kevin grimpe dans la caravelle et fixe le cap. Direction la sortie. Sans retenue aucune, car il a grande faim. Oubliée la foutue fracture du nez. Il respire. Oubliée cette saleté de fracture de l’orbite. Il va nous mettre en orbite. Car ça lui a mis les nerfs à Kevin. Ca fait quasi 3 semaines qu’il ronge son frein. Voilà le moment de servir la soupe à ce Danemark irrespectueux de notre rang. Avec l’appui de Romelu plus important que jamais, ça file vers Thorgan. Prénom de viking. Surgissant quand on ne l’attend plus, le frangin refroidit enfin le stade. 

Un trio de blessés épatant, Lukaku monstrueux

La petite sirène tire la sonnette d’alarme. Le port de Copenhague est menacé. Attention envahisseurs en vue. Et en vie. Avec Eden, le retrouvé, et Axel, le miraculé, les Belges sortent le matériel lourd. Très lourd. Et d’emblée ça marche. Comme si rien ne s’était passé. On efface et on recommence. Comme si la saison d’Eden au Real avait été parfaite. Comme si le tendon d’Achille d’Axel ne s’était jamais rompu. Quelle résurrection et quelle force de caractère quand même. Un enchantement, comme un conte d'Andersen. Bonheur pour toi Belgique, de retrouver ensemble Hazard, Witsel, De Bruyne… et Lukaku. Quel impact, quelle présence, quelle chance de les avoir pour remettre le navire à flot. Le deuxième but est juste un truc de ouf. Lukaku est un attaquant de ouf. Sur ce deuxième but, il y a tout. Puissance, technique, vista…et collectif. Non mais regarde le mouvement mille fois… il y a du génie partout sur cette phase. Dans la préparation de Romelu, la complicité des frères Hazard et la pure frappe chirurgicale de KDB. Oui c'est ça la magie du foot. Et voilà peut-être le mot le plus précieux des Belges en ce moment : "chirurgical". Peu d’occasions mais beaucoup de buts. Ca aide à sillonner les mers à la recherche de terres inconnues mais luxuriantes.

Enfin, même si cela est cruel pour des Danois au cœur grand comme ça… je dis merci aux Diables d’avoir respecté l’hommage à Eriksen. Ne jamais abandonner et se battre jusqu’à la fin du combat... il n’y a pas plus bel hommage pour un guerrier Viking. Courage à toi Christian !

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