Carnet de russe : Retour de chacun chez soi

Carnet de russe : Retour de chacun chez soi
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C'est donc la fin d'une saga qui aura duré deux semaines : de la blessure de Vincent Kompany contre le Portugal, au retour sur le sol natal de Laurent Ciman. Deux semaines de faux suspense achevées en queue de poisson, avant même l'arrivée des joueurs en bord de Mer noire.

Depuis le début, on sentait que le "joker médical" de Roberto Martinez allait rester une botte secrète que le tacticien espagnol ne sortirait pas de sa poche.

C'est le personnage même de Kompany qui téléguidait cette intuition. Si la blessure à l'aine du Citizen avait été d'une extrême gravité, son forfait définitif pour la coupe du monde aurait été acté le 3 juin, au lendemain de sa malencontreuse intervention sur Gelson Martins.

Le simple fait de le conserver dans le groupe signifiait bien que l'espoir demeurait, camouflé dans une communication opaque de "diagnostic plus précis posé dans 7-8 jours" et de "Vinnie n'est pas un joueur comme les autres". Le calendrier de la phase de poules jouant, en plus, en notre faveur (un crescendo constant du Panama à l'Angleterre, en passant par la Tunisie), la tentation était d'autant plus grande de conserver à bord le capitaine spirituel de l'équipage.

Un gros poisson servi d'emblée, en match inaugural, aurait peut-être changé la donne... Et encore. Depuis le début, l'idée est que les fragiles Kompany et Thomas Vermaelen entrent en ligne de compte pour les matchs décisifs, par le truchement d'un système tactique qui autorise l'alternance. Aligner l'un, faire souffler l'autre. Aligner l'autre, faire souffler l'un. Garder les grosses munitions en réserve pour les moments fatidiques, en quelque sorte. Ce que Marc Wilmots avait omis de faire avec Nicolas Lombaerts à l'Euro...

Durant ces deux semaines, Kompany a distillé quelques messages encourageants, des cours d'écoles "endiablées", en passant par les médias sociaux, et le téléphone arabe qu'il glissait à ses équipiers à chaque fois que ceux-ci étaient appelés à témoigner devant les médias.

L'issue semblait donc inéluctable pour Laurent Ciman. La seule surprise ayant finalement été que le couperet ne tombe pas "24h avant le premier match, pour exploiter au mieux le règlement de la FIFA", mais un jour plus tôt. Sans doute pour épargner à Lolo un inutile et humiliant aller-retour vers le Caucase. Mais au final, le résultat est le même. Comme l'aurait dit Nicolas Cornu, l'attaché de presse de René Vandereycken à la grande époque, c'est le "retour de chacun chez soi", en d'autres termes, la fin du voyage.

Selon toute probabilité, Ciman va laisser béton (désolé...), faire place aux jeunes, privilégier sa famille, et ranger dans l'armoire à souvenirs un maillot des Diables Rouges qu'il aura revêtu 20 fois. Marc Wilmots et Roberto Martinez lui auront permis de vivre une carrière en sélection "sur le tard".

Rétrospectivement, les images seront sans doute belles. Mais aujourd'hui, deux questions s'imposent : pourquoi avoir titularisé Ciman contre l'Egypte en sa qualité de joker médical ? (Martinez y a répondu, mais de façon peu convaincante) et, surtout, s'il le considérait bel et bien comme son "3ème playmaker de la défense" derrière Kompany et Vermaelen, pourquoi ne pas avoir alors interverti les choix : Ciman 23ème et Leander Dendoncker joker médical ?

La logique du sélectionneur aurait été, de cette manière, beaucoup plus déchiffrable...

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