Rétro : Belgique - Japon : Les Diables Rouges et l'art de l'aïkido

Vous connaissez laïkido? Cest un art martial qui consiste à utiliser la force de ladversaire pour mieux contre-attaquer. Ce deux juillet à Rostov-sur-le-Don, les Samouraïs " sont sûrs de leur don. On la presque oublié, mais il y a eu une première mi-temps. Tout avait jusque-là été trop facile pour les Diables dans le tournoi. Les Japonais leur rappellent, nous rappellent, pendant les 45 premières minutes, quun match à élimination directe ne ressemble pas du tout à un match de poule. Le stress est plus important. Chaque action a son supplément de frissons. 

Mais daction il ny en a guère donc dans le premier acte de ce combat mental, dabord. Ce scénario, cest le Japon qui l’écrit. Lidée est de laisser croire aux Diables rouges quils sont les plus forts, pour mieux les endormir, les ralentir.

Avant la contre-attaque donc. Haraguchi pique, une première fois, dans le dos dun Vertonghen qui a baissé sa garde. Quatre minutes plus tard, Inui voit le jour pour prolonger le cauchemar belge. Entre les deux buts japonais, Eden avait échouéà l’épreuve du poteau. 0-2, à la 52e minute. Toute la Belgique est au bord du vide, le regard vague. Il faut lavouer, rares sont ceux qui lavaient vu venir. 

Mais dans un bon combat daïkido, on attend le moment de la concordance des énergies. Cet instant où les deux adversaires font corps pour offrir une chorégraphie harmonieuse. 


>>> Retrouvez notre section "Catalogue à la demande" avec les plus grands exploits sportifs belges, et quelques internationaux


Les combattants vont nous loffrir. La Belgique nest pas le pays de laïkido, mais elle apprend vite. 

Et si chaque geste avait été étudié, pensé? Pensé, réfléchi comme ce moment choisi pour les remplacements, les entrées de Fellaini et Chadli dans le dojo? Jusqu’à ce coup-franc flottant dévié exprès par Courtois en corner? Pour mieux attirer les Japonais, devenus sûrs de leur force? Pour mieux contre-attaquer! A moins que ce ne soit linverse? Et que labsence totale de réflexion dans ce grand moment de doute nous a plongés -enfin surtout les Diables- dans un état de folie contagieuse. Comment dit-on remontada en japonais?

Car la suite, la fin, appartient désormais à lhistoire. Lhistoire de notre foot. Celle un peu, de notre pays, tellement tout le monde et chacun nont fait quun, aux quatre coins belgicains. Un partage d’énergie positive a parcouru les foules, rassemblées,confinées. 

Ce soir-là à Rostov, le combat était beau, équilibré. Il semble navoir duré quune mi-temps. Dune contre-attaque à une contre-attaque. Mais rappelons-nous éternellement que cest la force des Japonais qui nous a offert cette magie mémorable.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK