Armand Swartenbroeks, le "docteur rouge", premier pilier des Diables et bourgmestre de Koekelberg

Armand Swartenbroeks en 1923
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Armand Swartenbroeks en 1923 - © Le Miroir des sports

Il y a presque 100 ans jour pour jour, la Belgique décrochait son seul titre olympique en football. Une poignée de joueurs auront donc la joie de ramener la médaille d’or dans leur chaumière. Parmi ceux-ci, un joueur va représenter pendant près de 15 ans l’équipe nationale belge, devenant par la même occasion, le premier pilier historique de notre sélection : Armand Swartenbroeks. Ce défenseur, médecin de formation, connaîtra une après-carrière aussi riche que sa trajectoire sportive.

Armand Swartenbroeks naît le 30 juin 1892 à Laeken. Son père est épicier avec son oncle et c’est là, en travaillant pour sa famille, qu’il apprend le Néerlandais. Il effectue une partie de ses études au pensionnat de Namur où il est envoyé par ses parents. Il entame par la suite un cursus en médecine à l’ULB où il intègre l’équipe universitaire de football, sport qu’il affectionne.
C’est au sein de celle-ci qu’il est repéré par le matricule 2, le Daring Club de Bruxelles, l’un des meilleurs clubs du royaume à l’époque. A 19 ans il joue rapidement ses premiers matches avec l’équipe A, d’abord comme avant, puis comme défenseur. Premiers matches qui le conduiront au premier de ses trois titres de champion de Belgique (1912, 1914, 1921) et à l’équipe nationale, pour laquelle il dispute sa première rencontre le 20 avril 1913 (défaite aux Pays-Bas 2-4).


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Sa carrière sportive et sa formation en médecine sont interrompues par la première guerre mondiale. Au front, il met sa formation en médecine au service des blessés. En cette période sombre, il redonne aussi de l’espoir aux soldats en participant à des matches de football, où se retrouvent quelques internationaux militaires belges. Cette équipe, baptisée "Front Wanderers", récolte des fonds et voit des joueurs comme Louis Van Hege, l’ancien serial buteur de l’AC Milan, rejoindre ses rangs. Les Front Wanderers prestent à un très haut niveau et rencontrent d’autres équipes. Ils sont invités en Angleterre, en France en Italie et disputent en tout 16 matches. Cette cohésion à but social sera le creuset dans lequel va s’épanouir l’équipe belge après la guerre et posera les jalons de la victoire au tournoi olympique de 1920.

La guerre terminée, il achève ses études en médecine et retourne au Daring. Tout en continuant à jouer au football, il exerce son métier à Bruxelles, où de nombreux sportifs viennent le consulter. Il est directement de nouveau sélectionné avec les Diables rouges. Il fait naturellement partie des joueurs appelés pour représenter le pays aux JO. Il y décroche l’or en disputant toutes les rencontres.

Sa carrière explose par la suite. Le 26 mars 1922, il reçoit pour la 3e fois le capitanat des Diables rouges. Fonction centrale et honorifique qu’il ne quittera plus jusqu’à sa retraite internationale, le 11 mars 1928.

Ses aptitudes ne passent pas inaperçues. Fait rarissime, il est mis à l’honneur via un portrait dans la revue "Le Miroir des sports" du 8 mars 1923. Une pleine page, dithyrambique, lui est consacrée : "C’est à lui que l’on pense quand on parle de l’équipe nationale belge, dont il est le pilier et l’immuable capitaine […] Le grand Swart, comme on l’appelle communément en Belgique et en France, est un type de légende et d’épopée" […] Un tel joueur n’honore pas seulement son pays, mais le sport lui-même. A sa courtoisie et à son esprit sportif viennent, en effet, s’ajouter la culture de l’esprit et la valeur professionnelle" signe le journaliste Maurice Pefferkorn.

Il faut dire qu’Armand Swartenbroeks cumule les qualités sportives. Grand, puissant et combatif, il est aussi souple et rapide. Il maîtrise parfaitement le jeu de position et est l’un des premiers à manier à la perfection le piège du hors-jeu. Bien qu’arrière gauche, il sait aussi se projeter vers l’avant et marque à l’occasion comme le prouvent ses 28 buts marqués pour le Daring en 295 matches. Il est aussi fair-play et est notamment décoré de la médaille du mérite sportif de la fédération royale néerlandaise de football, pour avoir délibérément raté un penalty face aux Pays-Bas, car il pensait qu’il était inexistant. Bref, à l’époque, il est considéré comme l’un des meilleurs défenseurs d’Europe.

Il joue avec les Diables jusqu’à ses 35 ans. Il est le premier à passer la barre des 50 sélections, le 4 septembre 1927 et s’arrête après 53 matches internationaux (un nombre exceptionnel si l’on garde à l’esprit les 4 années de coupure suite à la Grande guerre). Son record ne sera battu qu’en 1938 par Bernard Voorhoof.

Les crampons rangés, il débute plus tard en politique. Son engagement à gauche lui donne son surnom de "Docteur rouge". Il devient bourgmestre de Koekelberg en 1956 en succédant à l’un de ses anciens coéquipiers du Daring, Oscar Bossaert. Il sera à la tête de la commune jusqu’en 1971.

Il s’éteint le 3 octobre 1980. Une école communale à Koekelberg porte son nom.

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