A quoi va servir l'amical en Russie ? "J'aurais tendance à dire ... à rien"

Jan Vertonghen, Romelu Lukaku et Dries Mertens
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Jan Vertonghen, Romelu Lukaku et Dries Mertens - © BRUNO FAHY - BELGA

Les Diables affrontent la Russie ce mardi à Sotchi en match amical. A un moment où les clubs entament la dernière ligne droite en championnat et pour certains en Coupe d'Europe, un aller-retour en Russie est-il bien utile ? C'est la question que nous avons posé à nos spécialistes.

Après le partage contre la Grèce, les Diables auront l'occasion de se reprendre face à la Russie. Vu la cascade de forfaits (Hazard, De Bruyne, Meunier, Courtois, Fellaini, Ciman), il semble utopique d'espérer travailler les automatismes. Malgré tout certains joueurs vont recevoir du temps de jeu et l'opportunité de démontrer leurs qualités.

Finalement sportivement, à quoi va servir ce match dans la cité olympique ? "J'espère vivement me tromper mais j'aurais tendance à dire à rien...", lance d'emblée Rodrigo Beenkens

"Un 2e échec en 4 jours serait plutôt malvenu..."

"Le positionnement du match est pour le moins délicat", confirme Manu Jous. "Un amical dans la foulée d'un officiel, en plein mois de mars, de nombreux joueurs considèrent cela comme une corvée. Raison pour laquelle sans doute des forfaits ont été actés hier. Face au futur pays hôte de la coupe du monde, le match servira au moins à prendre ses premiers repères, pour les joueurs alignés à tenter de marquer des points, et pour tout le monde, à racheter la désagréable impression laissée contre la Grèce samedi. Un 2e échec en 4 jours serait plutôt malvenu..."

Un amical dans la foulée d'un officiel, en plein mois de mars, de nombreux joueurs considèrent cela comme une corvée. 

"Je crains un peu qu'il ne serve pas à grand-chose", embraie Benjamin Deceuninck. "La Russie ne peut pas être considérée pour l'instant comme une très grande équipe et donc ce ne sera pas vraiment un test face à un ténor du foot. Ce serait bien quand même que les Diables affrontent l'un ou l'autre favori de la Coupe du Monde dans les 12 mois à venir."

Pascal Scimè et Thierry Luthers partagent également ce point de vue. "Cyniquement, pour le grand public et d'un point de vue très basique, on pourrait dire à pas grand-chose...", dit Pascal. "Objectivement, ce genre de rencontre ne sert pas à grand-chose d'un point de vue strictement sportif. Les compétitions domestiques redémarrent dans trois jours et aucun joueur n'a envie de se donner à fond dans une joute amicale avec le risque de se blesser", précise Thierry.

Le bon moment pour faire "de la gestion de groupe"

Martinez pourrait malgré tout tirer des enseignements de ce city-trip sur les bords de la mer noire ... sur le plan logistique. "Il pourrait découvrir une ville et un stade où les Belges pourraient évoluer dans un peu plus d'un an", positive Rodrigo Beenkens.

Selon Benjamin Deceuninck, le sélectionneur "pourrait quand même en profiter pour voir si ceux qui ont moins de temps de jeu ont le niveau. Pour que les réservistes habituels assimilent aussi le système en condition de match. Bref, revoir Vermalen en titulaire chez les Diables. Donner du temps de jeu à Mignolet, à un autre attaquant que Lukaku. Faire, en gros, de la gestion de groupe."

"La cascade de forfaits obligera le coach à donner du temps de jeu à des joueurs assez peu utilisés en temps normal (Mignolet, Tielemans, Boyata,...)", ajoute Thierry Luthers.

"Il n'y a pas d'enjeu mais ce type de match est important pour le sélectionneur en vue de tester d'autres joueurs et d'autres variantes de son système", complète Pascal Scimè. "Il est important aussi pour les joueurs qui revendiquent quelque chose en équipe nationale et qui voient là, l'occasion rêvée de montrer qu'ils sont une alternative réelle et intéressante aux titulaires. Ce qui est toujours dommage dans ce genre de matches, c'est que les joueurs (et on peut les comprendre) ne prennent pas de risque et déclarent forfait au moindre bobo... Mais cela c'est le jeu."

"Martinez a évidemment de bonnes raisons de se réjouir. Un match de plus pour tester sans doute non pas un système mais des joueurs différents. Certains des indiscutables titulaires actuels ont décliné pour "blessure diplomatique". L'occasion pour les réservistes de se montrer à leur avantage", glisse à son tour Vincent Langendries.

Un autre aspect est également à prendre en compte. "Dans l'absolu, la fédération belge réalise une petite opération financière (300.000 euros de cachet plus tous les frais payés) et de relations publiques en évoluant en Russie une grosse année avant la Coupe du Monde dans une ville et un stade qui accueilleront des matches en 2018", souligne Thierry Luthers. 

"Ce match sert à remplir les caisses de la fédération. La Belgique est bankable désormais et il est logique que de temps en temps la fédé en profite", renchérit Vincent Langendries. "Même si cela n'échappe à personne que sportivement la motivation sera peu présente dans le chef des joueurs."

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