Witsel/Wasilewski, la petite histoire d'une grande photo

C'est une photo qui a marqué les esprits.
Celle de la jambe brisée de Marcin Wasilewski. Nous sommes le 31 août 2009 (il y a donc tout juste 10 ans), en plein classico Anderlecht/Standard. 25e minute de jeu, le score est alors toujours figé à 0/0 dans le premier affrontement de la saison entre les deux meilleurs ennemis du monde. Le polonais du Sporting d'Anderlecht plonge, jambe droite tendue, pour récupérer un ballon qui file le long de la ligne. Axel Witsel arrive, en retard, pied droit en avant. Un engagement physique qui ne laisse aucune chance au tibia et au péroné du défenseur qui se brisent net. Les commentateurs ne comprennent pas tout de suite ce qu'il vient de se passer, concentrés sur la décision de Jérôme Nzolo, l'arbitre de la rencontre, qui décide, logiquement et sans aucune hésitation, d'exclure le joueur liégeois. Ce n'est que quelques secondes plus tard, images au ralenti à l'appui, que tout le monde comprend. Mbark Boussoufa, qui a assisté à la scène, n'ose pas approcher de son coéquipier qui se tord de douleur au sol, la partie inférieure de la jambe droite en angle droit. Vision d'horreur.
Cette action, Virginie Lefour, photographe pour l'agence de presse Belga, est la seule à être parvenue à la photographier. Une photo qui a marqué sa carrière.

"Je me suis évidemment rendue compte très vite qu'il s'était passé quelque chose de grave" nous confie t'elle. "C'est l'avantage du numérique, on sait très rapidement voir si on a réussi à capter telle ou telle scène. Mais c'est surtout à la fin du match, que nous avons pris le temps, avec des collègues, de regarder et d'analyser cette image. Mais sur le moment même, je me souviens des cris du joueur et de l'ambiance des supporters qui étaient logiquement très énervés. C'est parfois difficile de continuer de travailler dans ces conditions là avec les fans qui nous insultent mais nous sommes là pour rapporter ce qu'il se passe sur le terrain."

Être au bon endroit au bon moment 

A cette époque-là, Virginie est une petite nouvelle dans le milieu de la photo de sport. "Ce cliché m'a clairement permis de me faire un nom un peu plus vite dans le milieu" ajoute t'elle. "On m'en parle d'ailleurs encore régulièrement parce que je suis la seule à l'avoir obtenue." Une question de chance et de hasard, d'être au bon endroit au bon moment et de déclencher au moment M. "Mais c'est évident que lors d'un Classico, on est tout de même plus attentifs aux duels parce qu'il y a un engagement physique particulier, parfois plus intense que dans certaines autres rencontres. Quand une action se déroule, on la suit et on ne la lâche pas du regard."

Le lendemain, l'image est en une de tous les journaux du pays et se répand comme une traînée de poudre sur internet. "Je n'ai pas envisagé de la censurer et je l'ai envoyée à l'agence qui elle aussi a estimé que même si c'était difficile, ce n'était pas trop trashDifficile cependant de dire quel a vraiment été son impact au niveau international. Mais en Belgique, elle était en effet partout. Mais ce qui est le plus surprenant, c'est que lors de la comparution d'Axel Witsel devant l'Union belge, il est arrivé avec la photo sous le bras pour appuyer sa défense (il sera finalement suspendu 8 rencontres, NDLR)"

Une photo qui marqué le début de carrière de la photographe de Dampremy. "Avec la photo des Diables empilés en pyramide sur Vincent Kompany (lors de Belgique/Ecosse lors de la campagne qualificative pour la coupe du monde 2014, NDLR), c'est une image importante dans ma carrière en effet. Mais même si je suis indépendante, je travaille sur base d'une convention de collaboration avec l'agence. Il n'y a donc pas eu de petit bonus financier malgré le succès de cette photo."


 

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