Waasland-Beveren a fait finalement plier la Pro League

Waasland-Beveren a fait finalement plier la Pro League
Waasland-Beveren a fait finalement plier la Pro League - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

On n’osera pas parler de "paix des braves". Mais c’est, à l’évidence, le pragmatisme et la crainte qui l’ont emporté aujourd’hui à Diegem, lors de l’Assemblée générale de la Pro League…

Des semaines de discussions, de débats, d’atermoiements, de procédures, de conseils d’administration et d’assemblées générales en cascade, bref une longue séquence où le football belge s’est déchiré sur la place publique. Tout ça pour en arriver là: Waasland-Beveren reste en D1 car le championnat s’est arrêté une journée trop tôt. Et que la Pro League a peut-être décidé, trop vite, le 2 avril dernier de l’arrêter définitivement. Mais aussi que la CBAS, pourtant client récurrent de la Fédération, a bien fait comprendre à la Ligue que ses motivations étaient insuffisantes voir incohérentes puisqu’on reléguait Waasland-Beveren tout en disputant par ailleurs la finale retour de 1B entre Louvain et le Beerschot.

Face à cette incertitude, face à la menace des astreintes colossales fixées, hier, par le tribunal de Dendermonde (20 millions d’euros par journée de compétition), les clubs professionnels ont reculé. Le président Croonen en tête. Mehdi Bayat et d’autres membres ont encore plaidé, une dernière fois, pour la formule à 16 lors du conseil d’administration de la matinée mais le consensus a finalement été trouvé dans une formule à 18. L’Assemblée générale n’a donc pas suivi les recommandations du Conseil d’Administration et du management de la Pro League du 13 juillet dernier, à savoir une division 1A à 16 sans Waasland-Beveren.

40 journées à caser 

Avec la pression logiquement exercée par Eleven Sports, le nouveau détenteur des droits à 105 millions d’euros par saison, il a fallu aussi adopter une formule assortie de mini-play-offs. 40 matchs sur une saison avant un Euro, avec la menace permanente du Covid et l’interdiction actuelle de jouer en province d’Anvers, les inévitables remises pour conditions hivernales et une reprise un peu plus tardive que de coutume. On a presqu’en vie de dire : bonne chance !

Même si Nils Van Brantegem, le responsable du calendrier, avait laissé quelques cases vides dans l‘agenda de la saison, il va devoir imaginer un mode de compétition "à l’anglaise", au rythme quasi-infernal. En raccourcissant peut-être la trêve de fin d’année. Mais il existe encore bien d’autres incertitudes et d’autres menaces malgré le consensus du jour. Le COVID, bien évidemment et l’interdiction actuelle de jouer en province d’Anvers. La division 1B était aussi assez problématique avec 7 clubs seulement disposant de la licence pro. Avec les U23 de Bruges comme 8ème roue de la charrette. Virton, de son côté, ne désespère toujours pas d’être de la partie ? Obtiendra-t-il finalement gain de cause, lui qui est encore engagé dans trois procédures (CBAS, tribunal de première instance, cour d’appel de l’Autorité de la Concurrence) ? L’avenir nous l’apprendra mais le doute est permis car le club gaumais est devenu le véritable poil à gratter du football belge….

Attaque probable de Westerlo

Et, enfin, Westerlo qui annonce déjà officieusement qu’il va contester la décision du jour et la montée des deux clubs de 1B. Le club campinois rappelle que c’est lui qui a obtenu le plus grand nombre de points au terme de la saison classique de division 1B.

Bref, on est sans doute reparti pour un tour des prétoires dès la semaine prochaine. Ce cirque footballistico-juridique n’est pas fini. Hélas. Waasland-Beveren, lui, exulte. Il sauve sa peau, sur le fil. Comme la saison dernière où le club était passé entre les mailles du filet dans le dossier du " match-fixing " avec Malines. Mais, dans ce milieu, il est toujours délicat de vouloir porter des jugements éthiques sur les uns ou sur les autres. Finalement, après des mois d’absence, le foot est donc de retour. Coûte que coûte. Quitte à perdre un peu de son orgueil et de renier quelques principes. Et maintenir Waasland-Beveren, c’était le prix à payer pour mettre un terme à ce pathétique feuilleton dont le football belge ne sortira pas grandi, c’est le moins que l’on puisse dire…

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK