Timo Werner, le "Monsieur Dynamite" de Bundesliga

Timo Werner, 24 buts et 7 passes décisives en 28 matches.
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Timo Werner, 24 buts et 7 passes décisives en 28 matches. - © GLYN KIRK - AFP

Il n’y avait qu’à voir la tête de l’entraîneur de Mayence, Achim Beierlorzer, les bras ballants, dépité le long de sa ligne de touche dimanche dernier, pour comprendre l’ampleur du récital de Timo Werner. Déchaîné, galvanisé par le retour d’une Bundesliga en hibernation forcée depuis quelques semaines, l’attaquant de Leipzig n’a fait qu’une bouchée d’une défense de Mayence aux abois. Score final 0-5 pour Leipzig et trois buts de plus dans l’escarcelle d’un Werner inarrêtable depuis le début de saison.

Malgré un physique qu’on qualifierait de “normal” pour un footballeur (1m81, 75 kilos) Werner a ce petit plus qui lui permet de figurer parmi les plus grands espoirs du football européen : sa vitesse. Particulièrement véloce, doté d’une capacité d’accélération largement au dessus de la moyenne, l’attaquant de Leipzig fait des ravages au sein des arrières-gardes adverses. Son arme favorite ? S'évader sur son flanc gauche de prédilection, dans le dos de la défense et profiter d'un long ballon en profondeur pour créer des brèches. Monsieur Dynamite. 

Werner - Poulsen : jamais l'un sans l'autre

Et si l’on analyse plus précisément le jeu prôné par le coach Julian Nagelsmann, on réalise que Werner profite du travail de sape fourni - en amont - par son comparse d’attaque Yussuf Poulsen. Le Danois, adepte du jeu de tête et des duels, officie en tant que pivot façon handball. Il saute, récupère, dévie le ballon, souvent dos au but. “On est parfaitement complémentaires. Il adore ces duels aériens que je déteste” clamait d’ailleurs Werner au sujet de Poulsen. Résultat, rares sont les défenseurs qui sont parvenus à enrayer la fusée Werner une fois mise sur orbite .

Et au fil des mois, Werner a su faire évoluer son jeu. D’abord considéré comme un buteur né, cocktail d’opportunisme et d’une certaine dose d'individualisme, il s’est mué en un véritable chef de meute. Imprévisible et déconcertant. Un maestro qui sait désormais distribuer le jeu. Si ses 24 buts (en 28 matches) démontrent son efficacité redoutable, ses 7 passes décisives illustrent son “ouverture” vers un jeu plus collectif. Et malgré quelques accrocs inopinés, Leipzig surfe tranquillement sur la vague Werner pour s’installer à la 3e place de Bundesliga, qualificative pour la prochaine Ligue des Champions.

 

Le “couac” en équipe nationale

A 24 ans, Werner a donc tous les atouts pour s’ériger en tant que taulier offensif d’une Mannschaft qui se cherche depuis le départ de la légende Miro’ Klose. Seulement voilà, l’attaquant de Leipzig semble perdre en efficacité dès qu’il endosse la vareuse internationale. La faute, peut-être au dispositif mis en place par Joachim Löw, le sélectionneur allemand. Depuis toujours, Löw prône un jeu basé sur un seul attaquant de pointe. Exit donc le 4-4-2 classique cher à Timo Werner à Leipzig.

Et dans une équipe où il devient l’unique fer de lance offensif, où c'est lui qui doit aller au charbon face aux défenseurs adverses, il ne parvient pas (encore) à tirer son épingle du jeu. Le costume devient alors trop grand et Werner patauge. Malgré des stats honorables (11 buts en 29 sélections), Werner est même fréquemment pointé du doigt par les observateurs allemands qui lui reprochent ses non-matches lors des rendez-vous importants.

En parlant de rendez-vous important, un Euro se profile l'été prochain. L'occasion idéale pour Werner de prouver que oui, il sait se montrer décisif quand on a besoin de lui et enfin succéder aux stats surréalistes de Miro' Klose. Un grand Euro avant de, peut-être, lever les voiles et de franchir un palier supplémentaire en club. Certains parlent déjà de lui comme le nouveau Fernando Torres. Alors Werner à Anfield l'été prochain ?