Statut différent, saison similaire : Genk, le nouveau Leicester ?

À nouveau sorti vainqueur d’un match piège face à Waasland-Beveren le week-end dernier, Genk marche sur l’eau depuis plusieurs mois. Mis à part la défaite inopinée à domicile contre Mouscron, les Limbourgeois enchainent les prestations convaincantes et restent sur un excellent bilan de 26 points sur 33. Alors que personne ne les imaginait à pareille fête en début de saison, les hommes de Philippe Clément caracolent en tête de Pro League à 6 matches de la fin de saison régulière. Même si le statut dont ils jouissent n’est pas le même, ils font inexorablement penser à une équipe anglaise, Leicester City. Analyse.

Leicester crée la sensation

Flash-Back. En 2015-2016, la modeste formation de Leicester crée la sensation outre-Manche en raflant la Premier League au nez et à la barbe de clubs plus huppés. Emportés par la marée bleue et blanche, Blues, Gunners, Reds et Red Devils n’avaient, à l’époque, pu que constater les dégâts. Pour la première fois de leur histoire, les Foxes s’érigeaient sur la première marche du podium.

Deuxième meilleure attaque de l’élite (68 buts inscrits) et troisième meilleure défense (36 buts encaissés), Leicester avait su miser sur un dispositif solide, un collectif uni duquel plusieurs individualités se détachaient : le gardien Kasper Schmeichel, infranchissable cette saison-là. L’infatigable capitaine Wes Morgan qui, par sa hargne et son abnégation, incarnait la mentalité so british. N’Golo Kanté et Danny Drinkwater qui colmataient les brèches devant la défense. Sans oublier Ryiad Mahrez et Jamie Vardy, l’insaisissable binôme offensif. A l’époque, tout semblait réussir à cette équipe, lancée à toute allure vers le titre.

Peu d’observateurs misaient sur Genk en début de saison

À bien y réfléchir, la saison de Genk est similaire à celle vécue par les Foxes cette année-là. Bien évidemment, on l’a déjà mentionné, tout n’est pas identique. Les Limbourgeois jouissent d’un statut d’outsider voire de maillon fort chez nous, statut dont ne profitait pas Leicester, abonné au ventre mou et véritable sensation durant cet exercice. Les Foxes étaient novices à ce niveau alors que la vitrine des Limbourgeois est ornée de trois titres de champion (le dernier remonte à 2011). Mais force est de constater qu’en début de saison, peu d’observateurs auraient misé sur cette équipe de Genk, 5e la saison dernière et qui avait rallié les play-offs 1 de toute justesse. Dans l’ombre cet été, Philippe Clément a su échafauder un véritable collectif.

Solides à domicile, invaincus à l’extérieur, les Limbourgeois ont élevé leur niveau de jeu au fil des matches et profité des failles de leurs adversaires principaux. Début octobre, Genk a su se hisser en tête du championnat. Et y rester. C’est bien simple, depuis la 9e journée, Genk n’a plus vraiment été inquiété et dispose, à l’aube de la 25e journée, de neuf points d’avance sur Bruges, onze sur le Standard et 17 sur Anderlecht. Comme Leicester, qui avait su reléguer Arsenal à cinq points, Manchester City à neuf points et Chelsea à 20 points fin février 2016.

Un collectif solide, des individualités qui brillent

Comme les Foxes il y a trois ans, Genk mise sur un collectif parfaitement huilé, des joueurs qui se connaissent et plusieurs individualités qui brillent. Samatta figure parmi les meilleurs buteurs de Pro League… comme Vardy (en Premier League). Pozuelo est le deuxième meilleur passeur de l’élite, à l’image de Mahrez. Vukovic est le portier le moins perméable du championnat, comme Schmeichel à l’époque. Des joueurs plus discrets comme Berge ou Malinovskyi viennent compléter l’effectif, comme Kanté et Drinkwater du côté britannique.

Vous l’aurez compris, le but n’est pas de comparer le standing des deux clubs. Ils sont différents, c’est indéniable. Mais sur la pelouse, les bons résultats et la composition du noyau de Genk font inévitablement penser à Leicester en 2015-2016. Bien sûr, rien n’est fini. Il reste six rencontres de saison régulière et les play-offs.

Les Limbourgeois vont-ils tenir le rythme, surtout que contrairement à Leicester à l’époque, ils sont encore qualifiés sur la scène européenne. La fatigue risque de se faire sentir et les concurrents vont pousser derrière. Leicester avait vécu la même chose à l’époque. Ils avaient tenu jusqu’au bout. Ils avaient parachevé leur epopée fantastique. Genk en est-il capable ? Jusqu’ici, la réponse semble positive.

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