Sport et politique : "L'exemple de Wilmots a refroidi tout le monde…"

Dimanche, ce sont les élections communales et provinciales. Ne vous étonnez pas si, dans l’isoloir dimanche, vous retrouvez sur votre bulletin électoral, quelques noms de sportifs connus. Mais quelles sont leurs véritables atouts et compétences en politique ?

Georges Leekens, Jacques Stas, Lois Petit, Gilbert Bodart et Aisling D’Hooghe. Jan Ceulemans, Alex Miskirtchian, Walter Baseggio, Roger Lespagnard, Logan Bailly ou Anne-Sophie Jura. Ils et elles sont judokates, footballeurs, boxeurs, hockeyeuse ou basketteur.

Leur notoriété peut s’avérer très utile local pour un scrutin local. "On reproche souvent aux hommes et femmes politiques d’être tous dans le même moule, d’être issus du même secteur ou des mêmes études, d’être finalement des élus professionnels" explique Jean-Benoit Pilet, Professeur en Sciences Politiques à l’ULB. "Mais tout ce qui permet d’ouvrir la politique à d’autres profils assure une plus grande diversité."

Machines à voix ou gadgets électoraux ? Sans doute. Encore que… "Ce recours à des sportifs, des chanteurs ou des personnalités du monde des médias était important dans les années 2000, mais on en est un peu revenu " poursuit Jean-Benoît Pilet. " L’expérience de Marc Wilmots, élu Sénateur pour le MR, a refroidi tout le monde : Wilmots avait fait énormément de voix de préférence, mais il s’est montré très rapidement inadapté au monde politique."

Le parcours du sportif parle au quotidien des gens. Parti de très bas, arrivé très haut par le travail, des contes de fées utiles pour inspirer un monde politique parfois déconnecté. "Beaucoup de sports sont des lieux qui vous permettent de rencontrer des gens issus de tous les milieux sociaux, culturels ou ethniques. Cela peut être un atout pour quelqu’un qui veut faire de la politique d’être immergé dans des cercles qui ne sont pas fermés sur eux-mêmes."

Sauf que la politique reste un métier et un monde très particulier. Comme Marc Wilmots, les sportifs y ont rarement décollé.

"Certains y ont réussi et agi utilement : feu Claude Criquielion a par exemple été un bon Echevin des Sports. Mais ces exemples se limitent souvent à des communes de taille moyenne. Aux Etats-Unis, Ronald Reagan est venu de sa carrière de comédien pour devenir Président. On n’a aucun exemple de ce type-là venant du sport et ayant atteint les plus hautes sphères de la vie politique" conclut Jean-Benoît Pilet.

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