Rochefort, un club qui revit attend le RWDM

Samedi, dans le cadre du cinquième tour de la Coupe de Belgique, les amateurs namurois de Rochefort (D3 acff) recevront les pros du RWDM (D1B).
Nicolas Lhoist, jeune président maison depuis six mois, descendant d’une des familles les plus riches du pays rêve de rendez-vous semblables sur place dès 2027.

11-0 face à St Léger. 4-2 face à Mormont. 4-1 face à Westhoek et 1-2 à Waltwilder.
La campagne 2020-2021 de l’Union Rochefortoise en Coupe de Belgique n’a, jusqu’ici pas été trop compliquée.
Avec la venue du RWDM samedi à 17h, dans le cadre du dernier tour avant l’entrée en lice des seize derniers autres clubs de la D1A, le parcours des Namurois prend une autre dimension.
Et si les Marcassins créaient l’exploit ?
" Ne nous emballons pas, coupe Nicolas Lhoist, résident… bruxellois, investi depuis deux ans et demi dans le club de Rochefort. Avoir cette affiche est déjà historique.
Bon, tout le stade sera en principe acquis à notre cause puisque les quatre cents places possibles sont déjà entre les mains de sympathisants maison. Tout est parti en quelques heures lundi soir.
Sans les mesures sanitaires, nous aurions dépassé largement le millier d’entrées, surtout avec la présence des supporters bruxellois.
Avec les autorités politiques, la police et les services de secours, mais aussi le club visiteur, nous avons fixé le coup d’envoi en fin d’après midi samedi. De cette façon, le Parc des Roches et ses buvettes seront vidées bien avant minuit.
Plus il est tard, plus les distances et les masques tombent. Le virus ne doit pas être gagnant."

Joueur de foot à Forrières

L’arrivée de Nicolas Lhoist, 36 ans, voici deux bonnes années à Rochefort est le transfert dont on parle le plus sur place.
A l’époque, le club n’était pas très loin de la faillite et jouait ses matches devant quarante à cinquante spectateurs.
Ils sont à présent six fois plus à domicile et le nouveau jeune président ne veut pas seulement donner un autre image du club en modernisant son nom, ses couleurs, le logo et site internet.
" Via des intermédiaires, la famille avait déjà été approchée pour investir dans le football. Nous n’avons jamais donné suite.
Avec mes parents, j’étais abonné au Standard de Liège, mon club de coeur. Longtemps, nous avons été sponsor du volley, à Tellin ou du tennis de table, à Aye. Pourtant, fin 2017, soutenu par mes deux frères, j’ai fait le pas d’aller frapper à la porte de l’Union Rochefortoise,
raconte le descendant d’une des dix familles les plus riches de Belgique (NDLR : Celle-ci est propriétaire du groupe Lhoist, un des plus grands producteurs mondiaux de chaux)
Mes frères et moi avons voulu rendre à Rochefort ce que la région nous a donné.
Nous avons une maison de campagne dans le coin, j’ai été scolarisé à l’âge de six ans à Forrières, à huit kilomètres de Rochefort.
J’ai joué au foot en cadets et en scolaires provinciaux, dans le même village. Ma tante a développé un projet social pour des personnes handicapées, accueillies le week-end dans un château rochefortois.
Et puis, la carrière de calcaire de la Boverie à On-Jemelle est un site de production belge qui tourne depuis 1924."


Académie des jeunes en 2022

Nicolas n’a jamais travaillé pour le groupe familial.
Il s’est construit seul, au départ d’économies d’étudiants pour être à présent le CEO d’entreprises actives dans l’événementiel (team building sportifs, séminaires et horeca), lesquelles donnent du travail à 80 personnes.
A l’Union Rochefortoise, ce ne sont ni ses sociétés ni le groupe qui sont actionnaires.
Le club reste géré en asbl, consolidée par l’arrivée de nouveaux membres actifs.
Les Marcassins viennent de se marier avec les voisins d’Eprave et le projet d’une Académie des jeunes trois étoiles, construite au coeur du zoning de Rochefort (projet d’1,5 million, financé à 75% par Infrasport et à parts égales entre la Commune et la famille Lhoist pour le reste) est sur les rails.
"Elle ne sera pas prête avant 2022 embraye Nicolas Lhoist
Le dossier a pris du retard. Nous visons les deux étoiles au printemps prochain et 400 jeunes au moment de son inauguration.
Deux synthétiques (un grand et un petit), une surface herbeuse, huit vestiaires et une grande buvette sont prévus. Nous avons la concurrence de Ciney et Marloie dans la région, mais nous serons très attractifs aussi."

Dans sept saisons en Nationale 1 !

Le modèle suivi à Rochefort pourrait s’inspirer de ce qui se fait à la RAAL La Louvière, une division plus haut, avec Salvatore Curaba et son équipe.
Le club famennois réfléchit à développer tous les outils de communication possibles. Il doit également attirer des partenaires commerciaux comme, dernièrement la société Thomas & Piron, venue parrainer le projet jeunes.
"A terme, 30% au moins de notre noyau A doit sortir de notre Académie,
conclut Nicolas Lhoist. J’ai choisi de faire confiance à l’ancien professionnel liégeois Jeffrey Rentmeister pour diriger le sportif. Nous sommes liés par un contrat à durée indéterminée.
Jeffrey a choisi Yannick Pauletti, jeune entraîneur à succès de Stockay pour conduire Rochefort dans les deux ans en D2 acff.
Il a recruté l’attaquant Alfred Ouedraogo au Patro Eisden, le défenseur international congolais Mael Lépicier, passé par Mons et Roulers ou des hommes forts de la D2 acff comme Maxime Lambert (Stockay) ou Gilles Bernard (Durbuy).
J’ai parlé de sept saisons pour rejoindre la Nationale 1.
On devra d’ici là penser à élargir le terrain du Parc des Roches et régler l’éclairage pour avoir la licence. Mais chaque chose en son temps."

Samedi, Nicolas Lhoist a invité au Parc sa maman, son épouse, deux de ses trois enfants et ses frères. Il aimerait vraiment leur montrer le genre d’adversaires et le jeu dont il rêve un jour sur place.

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