Raoul Daufresne de La Chevalerie, l'homme qui a mené les Diables Rouges à l'or olympique à Anvers en 1920

Raoul Daufresne de La Chevalerie. Ce nom ne vous dit rien ? C'est normal. Ce Monsieur, devenu Baron, est né à Bruges le 17 mars 1881 (il y a donc exactement 140 ans). Décédé à Uccle le 25 novembre 1967 (à 86 ans), il a été, et est toujours, le seul entraineur à avoir mené l'équipe nationale belge de football a un trophée international majeur lors des Jeux Olympiques d'été d'Anvers en 1920. Cette médaille d'or olympique est à ce jour le seul titre majeur au palmarès de la sélection belge de football.

Cette victoire a donc un peu plus de 100 ans, la finale ayant eu lieu le 2 septembre 1920. Résultat des courses ? Victoire 2-0 contre l'équipe de Tchécoslovaquie. Ce match n'est pas resté dans l'histoire pour le football pratiqué par les 2 équipes (même si la Belgique a fait une très belle première mi-temps à l'image de son tournoi) mais plutôt pour sa polémique autour de l'arbitre. En effet, les Tchécoslovaques ont quitté le terrain dès la première mi-temps après l'expulsion d'un des leurs alors qu'ils perdaient déjà avec 2 buts d'écart. Suite à cet imbroglio, les Diables Rouges seront déclarés vainqueurs de la finale des Jeux Olympiques d'Anvers et recevront la plus belle des médailles pour couronner ce succès.

Lors de cette même édition des Jeux d'été, Raoul Daufresne de La Chevalerie (de son nom complet Raoul Constantin Joseph Ghislain Daufresne de la Chevalerie) gagna aussi une médaille de bronze en tant que joueur avec l'équipe de Belgique de hockey sur gazon. 

On parle là d'un homme qui a porté plusieurs casquettes tout au long de sa carrière. Sportives mais pas seulement. Revenons un peu plus en détail sur cet entraineur, joueur mais aussi militaire (pendant la première guerre mondiale notamment) qui a mené la Belgique sur le toit du monde en ce début septembre 1920.

Joueur, entraineur, président, militaire : Un homme aux multiples casquettes

Le Baron Daufresne de La Chevalerie fut un sportif belge du début du 20e siècle. Grâce à toutes ses différentes activités, il restera un joueur/entraineur/président de club à part dans l'histoire du football belge. Il commença véritablement sa carrière sportive en 1903 au sein du Cercle de Bruges (appelé à l'époque Cercle Sportif Brugeois) en qualité d'attaquant. Il y restera 4 ans, jusqu'en 1907. Lors de cette période, il assurera aussi la présidence du club jusqu'à son départ (entre 1905 et 1907). C'est à ce moment qu'il choisît de rejoindre le club voisin et rival du club brugeois, le Club Bruges (anciennement appelé le Football Club Brugeois). Il y restera le même nombre nombre d'années que lors de son passage au Cercle. Peut-être dans un souci de ne pas énerver les supporters de l'une ou l'autre équipe brugeoise.

Lors ces années d'activité, il marquera 13 petits buts en 98 apparitions sous les couleurs des 2 clubs de Bruges. Ce n'est donc pas pour son nombre de buts, relativement faible pour un attaquant, que l'on retiendra son nom mais bel et bien pour sa capacité à se démultiplier sur et en dehors du terrain.

Pour ce qu'il en est de sa carrière militaire, Raoul Daufresne de La Chevalerie était officier dans l'infanterie lorsque la Grande Guerre éclata. A la fin de la première Guerre Mondiale, il termina avec le grade de capitaine. A la suite de quoi, il quitta l'armée afin de poursuivre ses activités sportives. Et quelles activités ! Il reprit son rôle de joueur dans la sélection nationale belge de hockey sur gazon et surtout il prit en main l'équipe nationale belge de football avec en point d'orgue les fameux Jeux Olympiques de 1920 à Anvers.

Avant d'y revenir, il est important de préciser que sa carrière militaire ne s'arrêta pas là. Il devint Général-Major dans le cadre de réserve. Puis, promu au grade de Lieutenant-Général, il reprit du service en qualité de Commandant en Chef des Forces Terrestres Belges Libres au Royaume-Uni en 1941/42 après avoir été fait prisonnier et avoir réussi à s'échapper pendant la Seconde Guerre Mondiale donc. Pour finir la boucle, il termina sa riche carrière dans l'armée belge en tant qu'attaché militaire en Tchécoslovaquie, un pays qui devait surement lui rappeler de (très) bon souvenir. On pourrait dire que le Baron Daufresne de La Chevalerie avait un certain sens du devoir, c'est pourquoi il fut un entraineur et un militaire important et respecté tant dans le football que dans l'armée belge.

Mais revenons-en à son rôle de sélectionneur de l'équipe nationale belge de football. L'équipe fût la première "génération dorée" de la Belgique dans le monde du football professionnel. Une formation solide dont la force résidait tant sur un collectif bien huilé que sur plusieurs éléments clés. Elle était emmenée par Armand Swartenbroeks, premier Diable Rouge à dépasser les 50 capes, et Oscar Verbeeck en défense. Derrière eux, le gardien emblématique du Racing Club de Bruxelles, Jean De Bie, était déjà une référence à son poste. Enfin, devant la défense, c'est la plaque tournante de l'Union saint-gilloise de l'époque, Émile Hanse (capitaine pour les 2 derniers matchs) qui orientait le jeu de l'équipe et distribuait donc dirigée par Louis Van Hege, buteur prolifique de l'AC Milan à cette période, et Robert Coppée en charge de finir les actions.

Résumé du tournoi, de la finale et de son imbroglio

Après la Première Guerre mondiale, le sport reprend peu à peu ses droits. La Belgique étant le pays organisateur de ces Jeux Olympiques, les Diables Rouges n'ont pas eu à jouer le premier tour de qualification pour la phase finale et ils ont été directement qualifiés pour les quarts contre l'Espagne (il s'agissait de la première rencontre officielle entre les 2 équipes). Le score à la fin de la rencontre ? 3-1 avec un triplé de l'attaquant belge, Robert Coppée.

Pour son deuxième match dans la compétition, la Belgique retrouvait cette fois-ci un adversaire déjà bien connu, les Pays-Bas pour un score encore plus fleuve à la fin de la rencontre. 3-0 pour les Diables Rouges avec 3 buteurs différents (Henri Larnoe, 46e ; Louis Van Hege, 55e ; Mathieu Bragard, 86e). Après ces 2 matchs, globalement bien maitrisés, place à la finale contre la Tchécoslovaquie.

Robert Coppée, attaquant très prolifique lors du tournoi (4 buts en 4 matchs dont 1 lors de la finale donc) mais aussi en Division 1 (91 buts en 116 matchs) ouvrait le score sur penalty après seulement six minutes de jeu. Henri Larnoe marquait le deuxième but en faveur de la Belgique à la demi-heure de jeu. Quelques minutes avant la mi-temps (à la 39e minute pour être précis), le joueur tchécoslovaque Karel Steiner était expulsé pour avoir frappé Robert Coppée, toujours lui, et toute son équipe quittait le terrain pour contester cette décision et demander l'annulation du résultat. Suite à cet incident, la Tchécoslovaquie était finalement disqualifiée et la Belgique devenait championne olympique. 

Il est important de rappeler et de noter que les Tchécoslovaques n'étaient déjà pas satisfaits lors du choix du Britannique John Lewis pour arbitrer le match car il avait été attaqué physiquement par des supporters tchèques lors d'un match à Prague et il risquait, selon eux, de ne pas être objectif lors de la rencontre contre les Belges.

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Les 5 anneaux olympiques devant le bâtiment du CIO à Lausanne © Jean-Baptiste Premat / Hans Lucas
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