Phil Foden et Jude Bellingham : l'Angleterre qui gagne prépare déjà ses lendemains

La Ligue des champions a ce don de faire éclater les talents du football européen aux yeux du monde. Au Signal Iduna Park, mercredi soir, les Anglais se sont frottés les mains. Pas seulement parce que Manchester City s'est qualifié et assurera la surreprésentation de la Premier League en demi-finale. Mais surtout parce que deux cracks british ont une fois de plus éclaboussé la soirée de leur talent. Ils s'appellent Phil (20 ans) et Jude (17).

Phil Foden est l'homme de la qualification de Manchester City face à Dortmund. Dans le traquenard qui attendait les hommes de Pep Guardiola, c'est lui qui a eu le sang-froid d'envoyer les Skyblues vers leur deuxième demi-finale de Ligue des champions. Le but de la victoire à l'aller alors que le partage semblait acquis, le but de la victoire au retour, ce qui lui a valu une longue accolade avec un Pep enamouré. A 20 ans, le Mancunien n'est pas seulement le chouchou du tacticien espagnol qui prévient pourtant : "Phil peut devenir encore dix fois meilleur que ce qu'il est maintenant". Il est aussi le premier produit 100% made in City à éclore en équipe première depuis la reprise du club par le Cheikh Mansour en 2008. De quoi vous asseoir un début de légitimité auprès de la concurrence qui raille toujours les Citizens pour la construction de leur équipe à coups de milliards sans jamais faire germer ses propres pépites. Gaucher précoce, doté d'une science des espaces ravageuse, international depuis 2020 et déjà coté à 70M€ sur les sites de références, il incarne l'avenir d'une sélection anglaise qui ne tarit jamais de talents. La preuve avec son adversaire de mercredi soir.

Jude, make it better

Jude Bellingham a choisi délibérément l'exil. Comme Jadon Sancho avant lui, l'Anglais de Birmingham s'est tourné vers l'Allemagne pour s'aguerrir, conscient que le chemin vers une équipe A en Premier League serait plus sinueux. Encore qu'avec son talent, ça n'est pas certain. Jeté dans le grand bain comme un bébé nageur, le milieu de terrain de 17 ans a été titulaire dès les premières rencontres de Bundesliga. Résultat : alors que sa saison à Dortmund s'achève doucement, il a disputé 39 rencontres et, malgré une inconstance logique dans ses performances, compte déjà plus de la moitié du temps de jeu possible sur l'ensemble de l'exercice. Son but, synonyme d'espoir -finalement déchu-, mercredi soir face à Manchester City, a ébranlé tous les compteurs de statistiques. Il est devenu le deuxième plus jeune joueur à marquer en quart de finale de Ligue des champions depuis Bojan Krkic, en 2008 avec le Barça.

Cette précocité chez les jeunes anglais affole la presse outre-manche. Parfois à tort. Plusieurs joueurs, rapidement portés aux nues après des prestations étincelantes, sont rentrés dans le rang. Jadon Sancho (21 ans) ne présente plus les mêmes statistiques qu'il y a un an malgré une classe manifeste, Tammy Abraham (23 ans) et Callum Hudson-Odoi (20 ans) connaissent une panne de croissance à Chelsea. Logique, à leur âge. Mais après avoir décroché une demi-finale de Coupe du monde en 2018, l'Angleterre semble prête à dérouler le tapis rouge à une nouvelle génération affamée. Les Bukayo Saka (Arsenal, 19 ans), Max Aarons (Norwich, 21 ans) ou Curtis Jones (Liverpool, 21 ans) sont déjà prêts à devenir les prochaines stars de la sélection.

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