Mehdi Bayat candidat à l'UEFA : "Je veux promouvoir le savoir-faire belge"

Mehdi Bayat, président de l'Union Belge. Bientôt au Comex de l'UEFA ?
Mehdi Bayat, président de l'Union Belge. Bientôt au Comex de l'UEFA ? - © BRUNO FAHY - BELGA

Administrateur-délégué du Sporting de Charleroi et président de l'Union belge, Mehdi Bayat souhaite également faire entendre sa voix (et celle de la Belgique) au niveau européen. Raison pour laquelle il s'est porté candidat pour siéger au comité exécutif de l'UEFA. L'élection aura lieu le 20 avril. Entretien.

Mehdi Bayat, pourquoi cette candidature ?

J'en ai parlé avec Peter Bossaert, le CEO de l'Union Belge. On s'est dit que cela faisait quand même 4 ans qu'on a commencé à travailler pour mener des réformes structurelles à la Fédération, fait en sorte que celle-ci soit reconnue pour son savoir-faire. Au niveau international aussi, grâce aux excellents résultats des Diables Rouges qui nous permettent d'occuper la première place au ranking FIFA. Cela fait très longtemps que nous n'avons pas eu de représentant belge au sein du comité exécutif de l'UEFA (ndlr : Michel D'Hooghe occupe un poste équivalent à la FIFA). On s'est donc dit que c'était le bon moment, notamment aussi grâce au réseau que j'ai commencé à tisser au sein de l'UEFA, et de la bonne réputation de notre pays au sein de l'UEFA. On s'est dit que c'était peut-être le bon moment pour aller déposer cette candidature et espérer décrocher une place le 20 avril…

Qu'est-ce qu'un siège au comité exécutif de l'UEFA pourrait apporter à la Belgique ?

Je tiens d'abord à préciser que ce n'est pas un objectif personnel. Ce n'est pas simplement Mehdi Bayat qui veut aller siéger à l'UEFA. On sait bien que je suis déjà bien occupé en Belgique. C'est surtout une volonté de faire sorte que la Belgique soit représentée. Et je souhaite y aller, non pas pour y jouer le donneur de leçon, mais faire en sorte que notre voix soit entendue, que notre savoir-faire soit entendu et reconnu aussi. Je veux réellement essayer de participer aux prises de décision, parce que c'est dans cet organe, sorte de gouvernement du football européen, que les décisions stratégiques se prennent au niveau de l'UEFA. Mon but est de pouvoir être là pour discuter, être au courant, aider, participer et soutenir les réformes qui ont été mises en place par le président Ceferin. Tant du point de vue sportif qu'organisationnel. C'est vraiment là que tout se décide. Je pourrais comparer ce comité exécutif à notre conseil d'administration au niveau belge.

Avec Michel D'Hooghe à la FIFA, Tom Van Damme à l'UCI ou, naguère, Jacques Rogge à la présidence du CIO, la Belgique a toujours réussi a être bien représentée dans les organes qui comptent...

Oui, il y a la fierté de pouvoir représenter un "petit" pays comme la Belgique (en terme de territoire et de population), mais aussi la possibilité de pouvoir partager mon expérience. L'UEFA reste quand même l'instance suprême du football, tant professionnel qu'amateur. J'ai toujours eu une forte proximité avec le monde amateur en Belgique, quoique étant issu moi-même du secteur professionnel. Il est important pour moi aussi de pouvoir faire en sorte que toutes les voix soient entendues, et de pouvoir partager avec les différents représentants des 55 associations membres, qu'elles soient grandes ou petites. 

Il y a 9 candidats pour 8 places. On peut donc estimer que, sur papier, vos chances sont grandes...

La probabilité est bonne sur papier. Maintenant, je vais quand même devoir mener campagne, défendre ma candidature. J'ai rencontré pas mal d'associations étrangères depuis que je suis président de l'Union Belge mais certaines ne me connaissent pas encore bien, et je vais devoir aller à leur rencontre. Je veux y aller avec beaucoup d'humilité. Je n'ai aucune certitude de passer. Il y a 55 pays qui votent, à moi de faire en sorte que plus de la moitié décident de m'accorder leur voix. Je vais aller les rencontrer, leur expliquer mon parcours, ce que j'ai accompli, et ce que je pourrais apporter, au nom de la Belgique évidemment. 

Au mois d'avril, quand la Belgique a décidé de mettre un terme au championnat à cause du covid, l'UEFA a menacé d'exclure nos clubs de toute compétition européenne. Les relations avec Aleksander Ceferin (président de l'UEFA) se sont-elles réchauffées ?

J'ai toujours eu de bonnes relations avec Ceferin. C'est juste quelqu'un qui, un moment, a simplement rappelé à l'ordre la Belgique, nous expliquant qu'il était dommage que nous prenions des décisions sans avoir consulté l'UEFA au préalable. Ensuite, quand il a compris la situation particulière qui était la nôtre à ce moment-là, tout s'est très bien passé. J'entretiens de très bons rapports avec Ceferin, pour lequel j'ai le plus grand respect. Il a mené des réformes importantes, il essaye de se battre, depuis qu'il est là, pour apporter les changements nécessaires pour faire évoluer l'UEFA, la moderniser. Je l'apprécie réellement et je soutiens le travail qu'il a accompli jusqu'à présent. 

 

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