Marc " Ville morte " souffre déjà en Côte d'Ivoire

Marc Wilmots avait sans doute rêvé de meilleur début à la tête de la Côte d’Ivoire.

Avec deux défaites en deux matchs l'ancien sélectionneur des diables rouges se retrouve déjà sous le feu des critiques.

Certains supporters ivoiriens l'ont même rebaptisé Marc "Ville morte". Que reprochent ‘ils exactement à l'ancien mentor des diables? François Zaleski s'est renseigné auprès de fans et spécialistes du foot ivoirien.

Dans les rues d’Abidjan il ne faut pas chercher longtemps pour trouver un supporter mécontent.

''Comment tu fais deux matches en tant qu’entraîneur et tu fais deux défaites? Même pas un nul! Mais tu fous quoi alors?"

Les supporters ivoiriens sont exigeants. Alors 8 buts encaissés en 2 matches, même pour un éléphant, c'est dur à digérer.

Les supporters n'avait d'ailleurs pas hésité à envahir le terrain lors de l'humiliante défaite 5-0 en amical aux Pays-Bas.

La défaite 2-3 contre la Guinée le week-end passé en qualification pour la CAN n'a forcément rien arrangé.

Emmanuel Koffi suit l'équipe nationale ivoirienne pour RFI (Radio France internationale) il égrène la liste des reproches à l'encontre de Marc Wilmots

"Les données sont simples: 2 matches catastrophiques. 8 buts encaissés pour seulement deux buts marqués. Cela ne fait pas plaisir quand on connait le statut de l'équipe ivoirienne constellée de joueurs de talents. Equipe qui a quand-même remporté la CAN en 2015. Ce que les ivoiriens reprochent à Wilmots c'est d'abord la qualité de jeu. Ils estiment que cette qualité de jeu s'est dégradée. Il y a aussi une mauvaise intégration des éléments qui ont rejoint l'équipe ces dernières semaines. Et sans doute aussi une mauvaise gestion de l'effectif: on parle désormais de problème de brassard, de joueurs qui hésitent à venir en équipe nationale par ce qu'ils ne partagent pas tout à fait le langage de l’entraîneur"

Des critiques qu'il faut relativiser... Certains supporters trouvent d'ailleurs des circonstances atténuantes à Marc Wilmots. ''Il faut aussi reconnaître qu'il y a beaucoup d'anciens qui ne sont plus".

Drogba, Dindane, Kopa, Yaya Touré et autre Zokora avaient porté les éléphants au sommet du foot africain. Aujourd'hui ils sont tous partis.

Et contre la Guinée, Marc Wilmots s'est même senti démuni. "On est en fin de saison. J'ai vu une équipe de Côte d'Ivoire qui souffrait. On a quand-même 8 ou 9 absents. Mais je vais le dire: on a perdu une bataille mais on a pas perdu la guerre".

Toujours aussi déterminé que lorsqu'il entraînait les Diables, Marc Wilmots se sait soutenu par ses dirigeants. Voici ce que déclarait le vice-président de la fédération ivoirienne lors de sa prise de fonction il y a un peu moins de 3 mois. ''C'est cela qui est le plus important: donner la possibilité à l’entraîneur de travailler sur le moyen terme. Certes il y a les qualifications mais au-delà, il faut construire une équipe. Il va falloir intégrer des joueurs dans notre équipe nationale et çà il a réussi en Belgique".

Problème, le public ivoirien lui s'impatiente vite. Les supporters les plus mécontents ont même rebaptisé l'ancien coach des diable Marc "Ville morte" : ''Les Ivoiriens ont le sens de l'humour. Lorsque demain les résultats seront meilleurs vous verrez qu'ils porteront Marc Wilmots dans leur cœur''.

Marc Wilmots prend acte et demande du temps avant d'être jugé. ''Je sais que le peuple ivoirien demande beaucoup. Son équipe est en totale reconstruction avec des jeunes joueurs. Je demande un peu de patience mais dans la volonté on doit encore faire plus et donner plus".

Un discours qui trouve écho chez certains supporters "Il ne faut pas le crucifier tout de suite. Je pense qu'après deux matchs on peut toujours lui accorder un peu de temps. On se dit qu'il vient d'arriver mais il faut vraiment qu'il redouble d'effort. Et c'est vraiment décevant...".

Pour d'autres en revanche Marc Wilmots a déjà fait son temps : "L’entraîneur n'a plus sa place. On doit le changer".

La fronde est lancée mais pour Emmanuel Koffi la menace n'est pas encore réelle: ''Je ne pense pas qu'il soit véritablement menacé. La fédération n'a pas l'habitude de se séparer des entraîneurs en cours de contrat et cela m'étonnerait qu'elle choisisse de se séparer de Marc Wilmots".

Une position qui pourrait changer si les Ivoiriens venaient à perdre leur prochain match à enjeu le 28 août au Gabon.

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