Nations League : l'Espagne étrille l'Allemagne 6-0 et va au "Final 4"

Ligue des nations : l’Espagne étrille l’Allemagne 6-0 et va au "Final-4"
Ligue des nations : l’Espagne étrille l’Allemagne 6-0 et va au "Final-4" - © CRISTINA QUICLER - AFP

L'Espagne a infligé à l'Allemagne sa plus sévère défaite de l'après-guerre, 6 à 0, pour rejoindre la France dans le dernier carré de la Ligue des nations, mardi à Séville.

Il faut remonter à un match amical contre l'Autriche en 1931 (6-0) pour trouver trace d'une défaite de l'Allemagne par un tel écart.

Six buts et un ticket vers les demies: dans le stade à huis clos de la Cartuja à Séville, la Roja est sorti de son état apathique de ces dernières semaines (une seule victoire sur les cinq derniers matches, 1-0 contre la Suisse le 10 octobre) pour infliger à l'Allemagne son premier revers depuis plus d'un an (6 septembre 2019 contre les Pays-Bas 4-2, en qualifications pour l'Euro).

Deux têtes sur corners d'Alvaro Morata (17e) et de Rodri (37e), un magnifique triplé du jeune ailier (20 ans) de Manchester City Ferran Torres (33e, 55e, 72e) et une dernière réalisation de Mikel Oyarzabal (89e) ont permis à l'équipe de Luis Enrique, largement rajeunie depuis l'an dernier, d'infliger à l'Allemagne l'une des revers les plus retentissants de son histoire.
 

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Ferran Torres, soirée de rêve

Agressive, entreprenante, la plus belle équipe d'Espagne depuis des années a mis les soucis défensifs de la Mannschaft sous les projecteurs : dans l'axe ou sur les côtés, le rideau Matthias Ginter - Niklas Süle (remplacé par Jonathan Tah à la pause) - Robin Koch - Philipp Max a offert des boulevards au quatuor d'attaquants espagnols Morata, Torres, Koke et Dani Olmo.

Le bilan de la première période est sans conteste : une seule frappe, non cadrée, côté allemand, contre 14 côté ibérique.

Et le quatrième but espagnol rend ce constat encore plus criant : après une récupération et un transition très rapides, les Espagnols se retrouvent à trois contre le seul Max pour conclure. Ferran Torres, seul, a tout le temps d'ajuster Manuel Neuer. Les Allemands ont déjà baissé les bras.

Côté espagnol, Luis Enrique peut sourire : lui qui a fait le pari de profondément remanier et dépoussiérer cette Roja depuis son retour sur le banc à l'été 2019 a vu ses choix porter leurs fruits mardi soir.

Et en tête de gondole, la soirée de rêve de Ferran Torres : le jeune ailier de Manchester City, ancien de Valence, a inscrit un triplé sous le maillot national alors qu'il ne comptait qu'un seul but en six sélections jusqu'alors (le 6 septembre dernier lors de la victoire 4-0 contre l'Ukraine).

 

Ramos et Canales blessés

Seul bémol de la soirée pour l'Espagne : les blessures du milieu de terrain défensif du Betis Séville Sergio Canales, qui a dû quitter la pelouse en grimaçant et en se tenant l'arrière de la cuisse gauche dès la 9e minute (remplacé par Fabian Ruiz).

Et surtout celle du capitaine et défenseur central du Real Madrid Sergio Ramos, qui a cédé sa place à Eric Garcia avant la pause (41e) en boitant légèrement et en se tenant l'arrière de la jambe droite... qui risque de compliquer les affaires du Real Madrid, également diminué par la blessure de Raphaël Varane avec la France contre la Suède au même moment mardi soir.

Avec cette victoire, l'Espagne a fait ressurgir les critiques sur Joachim Löw et sa sélection, et venge quelque peu le Barça, étrillé 8-2 par le Bayern Munich en quart de finale de la dernière Ligue des champions à Lisbonne en août lors du choc hispano-allemand au sommet.

 

Joachim Low ne comprend pas cette défaite 

Joachim Löw, n'a pas d'explication pour "une soirée noire", mais estime n'avoir "aucune raison" de rappeler les champions du monde 2014 qu'il a mis à la retraite internationale en 2019.

"Rien n'a fonctionné: langage corporel, agressivité, engagement dans les duels, on n'a rien vu de tout ça sur le terrain", a-t-il déploré sur la chaîne allemande ARD.

Interrogé sur la possibilité de rappeler Thomas Müller, Jérôme Boateng et Mats Hummels, les trentenaires qui brillent avec leurs club du Bayern et de Dortmund, Löw a semblé inflexible.

"On a dit qu'on faisait confiance à nos joueurs, nous étions sur une bonne voie, même si on a vu ce soir que nous n'étions pas aussi loin que nous l'espérions, et que nous le croyions", a-t-il reconnu.

"Pour le moment, il n'y a aucune raison" de rappeler les anciens, a-t-il assuré.

"A 1-0, nous avons abandonné notre plan de jeu", a-t-il par ailleurs analysé, pour expliquer la débâcle, "nous sommes brutalement sortis du match, nous avons ouvert des espaces (...) il n'y avait ni organisation, ni communication entre joueurs, et ce soir, ça a été mortel".

"Après la pause, nous avons essayé de les presser, pour essayer de marquer et de revenir dans la partie, mais ils étaient simplement plus rapides, plus forts collectivement, plus dynamiques, nous n'avons eu aucun contrôle, gagné aucun duel", a admis le sélectionneur, fortement critiqué depuis septembre.

Elle s'ajoute surtout aux Bleus dans le dernier carré de la Ligue des Nations, qui se disputera les 6-7 octobre 2021 avant la finale du 10 octobre 2021. Et l'on saura mercredi soir si la Belgique et l'Italie, en tête de leurs groupes respectifs (groupes 1 et 2), les rejoindront en demi-finales.

 

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