Le RFC Seraing convoqué mercredi devant l’Union belge pour falsification de tests Covid

Que s’est-il passé au stade du Pairay le 1er février dernier lors des tests COVID à l’avant-veille du match de coupe de Belgique entre Seraing et le Standard ?

Peter Kerremans, ancien gardien de but devenu team manager de l’équipe, aurait été, de son propre aveu, seul à la manœuvre d’une fraude en substituant les identités des trois joueurs du noyau A (Abdel Al Badaoui, Yann Godart et Ablie Jallow) à celles de trois jeunes joueurs. Lesquels, à leur grand étonnement, avaient reçu un document de test positif… alors qu’ils n’avaient pas été contrôlés !

Le but de la falsification de papiers était d’éviter une prolongation de quarantaine d’une semaine pour les trois joueurs positifs du noyau. Tout en espérant un test négatif, trois jours plus tard, avant l’importantissime match face à Lommel pour la deuxième place.

Tout ça… pour rien !

Cette substitution d’identités pourrait même être punie pénalement car il s’agit d’une falsification de documents, avec faux et usage de faux. Mais, au total, cela n’a servi à rien puisque les joueurs n’ont pas joué contre le Standard, ni contre Lommel quatre jours plus tard. Et pour cause, puisque le match contre Lommel a été remis vu le trop grand nombre de cas COVID positifs au sein du club limbourgeois ! Lommel avait déclaré forfait deux heures avant le coup d’envoi, ce qui n’avait pas manqué non plus de surprendre les observateurs alors qu’il aurait pu demander, dès la veille, le report du match, comme le prévoit le protocole.

Peter Kerremans, qui assume pleinement la responsabilité de cette grosse " bêtise " a été remercié illico par le club sérésien. A-t-il agi seul ou pour le compte d’une autre personne du staff ? Ce n’est pas très clair. Et l’enquête devra encore le démontrer. En attendant, les dirigeants du Standard, eux, avaient eu vent d’une possible " magouille " juste avant le coup d’envoi du match de coupe. Ils craignaient, à juste titre, que des joueurs testés positifs puissent être alignés dans cette rencontre. La Pro League et la Fédération avaient aussitôt été averties alors que les dirigeants de Seraing, à les entendre, tombaient des nues en apprenant la nouvelle via leurs homologues et voisins de Sclessin.

Que risque Seraing ?

Le club de Seraing s’est dénoncé de son propre chef à la Fédération. Et une enquête a été ouverte. Le président Mario Franchi, Peter Kerremans et le jeune joueur Yanis Lahrach (un des trois concernés par la substitution de documents) sont convoqués ce mercredi 24 mars devant le Parquet fédéral de l’Union Belge. Cette dernière a également été informée par le club de Westerlo d’une rumeur de fraudes autour de tests à Seraing. Mais sans la moindre preuve et sans porter plainte.

Me Stockart, le conseil du club dans ce dossier, plaidera sans doute l’imprudence de Peter Kerremans et tentera de démontrer qu’il ne s’agissait ni d’une tentative de falsification de match, et encore moins d’une falsification de match, deux infractions lourdement punies par le règlement fédéral. Tout en sachant qu’en droit, " non bis in idem ", c’est-à-dire qu’on ne peut pas être puni deux fois pour la même faute alors que la Pro League a déjà infligé une amende de 5000 euros à Seraing pour non-respect du protocole sanitaire.

Rappelons que Seraing est en course pour les barrages avec le 17e classé de la division 1A et peut encore rêver de rejoindre l’élite, un an après avoir quitté la nationale 1 ! Il possède en effet 5 points d’avance sur Lommel à quatre journées de la fin, loin derrière le champion unioniste.

Le protocole sanitaire a changé

Coïncidence, ou pas, depuis cette affaire, le protocole sanitaire a quelque peu été modifié. La Pro League a changé de laboratoire il y a deux semaines. Et il est demandé depuis le… 5 février (deux jours après le match de coupe !) aux joueurs testés de fournir désormais une pièce d’identité. Ce qui n’était pas le cas auparavant ! Avec donc la porte potentiellement ouverte à des tricheries. Car la personne qui fait passer les tests ne connaît forcément pas les joueurs qu’elle a en face d’elle. Tout cela est tellement surréaliste que cela prêterait presque à sourire s’il ne s’agissait pas d’une question sanitaire. Rappelons que les footballeurs professionnels sont des privilégiés. Ils peuvent continuer à exercer leur métier et subir des tests bihebdomadaires. Un luxe qui, éthiquement, ne peut être contourné par des pratiques illicites.

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