Le Hutois Roland Docquier est décédé, il aura marqué le foot amateur liégeois et namurois…

Huy, Eghezée et Walcourt, mais aussi bien des footballeurs amateurs ont une pensée émue en ce début de semaine pour un coach emblématique des années 80 et 90.

Il faisait partie de ces hommes ayant un nom au sein des séries nationales amateurs du foot francophone. Principalement dans l’arrondissement Huy Waremme, mais aussi dans le Namurois : Roland Docquier n’est plus depuis ce début de semaine.
Il nous a quittés à l’âge de septante ans des suites d’une maladie liée à des soucis cardiaques qui lui auront fait vivre le dernier tiers de son existence plus en retenue.

L’ancien instituteur devenu chef d’école habitait Marchin, à dix bons kilomètres de Huy.
Huy, ou plus précisément l’Union Hutoise à l’époque, c’est là que le solide arrière latéral devenu attaquant fut formé avant de faire les beaux jours de l’équipe A, puis celle de Waremme ou encore Gives.

Meneur d’hommes, au caractère affirmé derrière un vrai sens du contact, Roland avait rapidement embrassé la carrière d’entraîneur, devenant diplômé Uefa A, et sortant même major de sa promotion. Au cours des années 80, Rolando, comme on le surnommait avait pris en mains la destinée de l’Union Hutoise, en promotion, succédant à Roger Henrotay, à l’époque joueur-entraîneur au stade de la Croix Rouge :

" Roland était un bon copain raconte Jules Dethier, le président de l’Union Hutoise lors du premier contrat. Nous avions fréquenté les bancs d’école et les mêmes équipes de jeunes. Notre première partie de saison ensemble n’avait pas été très productive. Comme si Roland avait du mal à faire passer son message à un noyau un peu trop jeune. On a revu les choses à la mi-saison en transférant les anciens " Rouches " Christian Labarbe et Gilbert Govaerts. Helmut Graf était également pressenti pour nous renforcer, mais en dernière minute l’Allemand avait pris la place de Michel Pavic au Standard. Heureusement, Roger Henrotay a repris du service au poste de libero. Et l’Union Hutoise de Roland Docquier s’est sauvée au niveau promotionnaire en fin de saison lors d’un match à Waremme, des voisins qui avaient pourtant une revanche à prendre puisque nous les avions privés du titre douze mois plus tôt. La carrière de coach de Roland était lancée. "

Douze mois plus tard, avec un groupe expérimenté, l’équipe survolait sa série promotionnaire, fêtait le titre et filait donc en D3.
Pour son premier bail, avant la fusion entre Huy Sports et l’Union Hutoise, Roland sera resté quatre saisons sur place, entouré de son fidèle adjoint Alain Dheur.

Il y reviendra au moment du RFC, mais davantage dans un rôle en retrait, laissant le bord du terrain et la confrontation directe avec les acteurs à son adjoint de toujours.

Entretemps, il y a eu l’épisode namurois des séries nationales. D’abord à Hemptinne, un petit patelin de l’entité de Fernelmont hissé en promotion par le mécène Louis Gemine, lui-même rejoint par le copain José Lardot au moment de la fusion avec Eghezée, autre formation promotionnaire. C’était le temps de l’ACHE.

" Roland Docquier, c’était un gagneur, se souvient David Culot, attaquant formé à l’UR Namur et débarqué à Hemptinne pour faire grimper les échelons au club. Il en imposait par sa stature et son verbe. Il savait aussi être très proche de ses joueurs. Il aimait l’ordre et de la tenue dans les rangs. Je me souviens que via un partenaire commercial, il fut un des premiers à nous pousser à mettre le costume et la belle chemise après le match. Il est encore resté la première année de la fusion entre Hemptinne et Eghezée, avant de voir débarquer d’autres mentors comme José Huynen, Matt van Toorn ou Nico Dewalque. Avec Roland, il fallait des repères hutois ou liégeois sur le terrain. L’équipe avait déjà une belle coloration de cette région avec les Mathieu Crauwels, Pascal Croughs, Pol Bataille, Ernaldo Fabri, Marco Bonomi. Je me souviens aussi d’un Frank Valkenborgh qui avait été transféré de Hasselt ou de Turnhout. Roland Docquier avait un joli carnet de contacts. "
 

"Il vivait les matches trop intensément"

Au stade Rubay, tout le monde a encore en mémoire la présence de l’ACHE en D3 nationale sous sa direction voire surtout ce seizième de finale de coupe de Belgique contre le FC Bruges d’Hugo Broos.

Evidemment avec ses succès à Huy, Hemptinne et l’Ache, Roland n’était pas un inconnu. Sa renommée dépassait l’arrondissement Huy-Waremme.

Freddy Blavier, à l’époque président de Walcourt, club promotionnaire des environs des barrages de l’Eau d’Heure avoue avoir assisté à l’un ou l’autre de ses entraînements avant de se décider à l’engager.

"Il est resté une saison complète chez nous en compagnie de l’adjoint Pol Gillet. Mais nous avions hélas dû nous séparer en cours de deuxième saison, explique le dirigeant walcourien. Nous étions minés par des soucis financiers liés à l’après arrêt Bosman. J’avais terminé la saison en question avec le coach hennuyer Guy Fromont. Roland était un connaisseur, un vrai professionnel."

"J’ajouterais également quelqu’un de très impliqué, fait remarquer Vincent André, un de ses joueurs du moment. Il vivait les matches trop intensément. Ce qui n’était pas idéal pour son cœur fragile.

Il connaissait les adversaires par cœur, ses entraînements étaient costauds, on allait presque trop loin dans la résistance. D’ailleurs, on le payait souvent par un mois de janvier avec un passage à vide. Roland savait avoir un visage fermé, presque sévère mais une fois le match terminé, il aimait faire la fête. On rigolait souvent de son wallon hutois… qu’on ne comprenait pas toujours en Entre-Sambre et Meuse. C’était sa marque de fabrique avec les " Ey valet ".

Preuve qu’il ne laissait guère de monde indifférent dans ce petit monde du ballon rond, Roland Docquier avait eu droit à un livre truffé de photos souvenirs d’un collaborateur de presse de sa région pour évoquer sa belle petite carrière.

Ceux qui avaient permis l’histoire en sa compagnie s’étaient ainsi retrouvés pour en parler, avant un match retrouvailles du côté de Huy l’été 2015. Roland semblait alors gérer plutôt bien que mal ses fragilités intérieures.

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